La mythologie égyptienne démontre un fort lien de cette civilisation avec la nature, les dieux sont mi-animaux comme Hathor (déesse à corps de vache) et Thot (dieu à tête d'ibis). De plus, ils représentent leur réalité géographique (Seth pour le désert), cosmique (la course du soleil), etc.
Les Égyptiens de l'Antiquité ont cherché à interpréter tous les phénomènes qu'ils pouvaient observer à travers le prisme de croyances séculaires. La notion de cycle y est essentielle : le cycle circadien ((re)naissance du Soleil le matin et disparition le soir (Khépri - Rê - Atoum)), le cycle annuel avec l'inondation du Nil qui pouvait être source de joie comme de peine (en cas de trop faible ou trop forte crue), et le cycle de la vie avec les naissances qui succèdent aux morts (bien que les Égyptiens ne crussent pas en une réincarnation terrestre, mais en l'immortalité de l'âme).
« Les Égyptiens sont aussi les premiers à avoir utilisé des noms particuliers pour désigner les douze dieux [...], les premiers à leur avoir consacré des autels, des statues et des temples, et à sculpter des animaux dans la pierre »
En réalité, le panthéon égyptien ne se limite pas à douze dieux. Il s'avère beaucoup plus vaste, relativement complexe, et il évolue au cours des trois millénaires séparant la Ire dynastie et la mort de Cléopâtre. Un culte est ainsi rendu à plusieurs centaines de dieux, souvent des divinités locales.
Les sources disponibles vont des hymnes solennels aux récits. En l'absence d'une version canonique unique pour chaque mythe, les Égyptiens adaptaient les vastes traditions mythologiques aux divers usages de leurs écrits. La plupart des Égyptiens étaient illettrés et possédaient donc probablement une riche tradition orale qui transmettait les mythes par le biais de récits oraux. Susanne Bickel suggère que l'existence de cette tradition explique en partie pourquoi de nombreux textes relatifs aux mythes sont peu détaillés : les mythes étaient déjà connus de tous les Égyptiens. Très peu de traces de cette tradition orale ont subsisté, et notre connaissance moderne des mythes égyptiens repose sur des sources écrites et iconographiques. Seule une petite partie de ces sources a survécu jusqu'à nos jours, et une grande partie des informations mythologiques autrefois consignées par écrit a disparu. Ces informations ne sont pas aussi abondantes à toutes les époques, si bien que les croyances des Égyptiens à certaines périodes de leur histoire sont moins bien comprises que celles des périodes mieux documentées.
De nombreuses divinités apparaissent dans l'art de la période prédynastique (env. 3100-2686 av. J.-C.), mais ces sources, peu lisibles, ne nous apprennent que peu de choses sur leurs actions. L'usage de l'écriture se généralise durant l'Ancien Empire, période qui voit apparaître la première source majeure de la mythologie égyptienne : les Textes des pyramides. Ces textes sont un recueil de plusieurs centaines d'incantations inscrites à l'intérieur des pyramides égyptiennes à partir du XXIVe siècle av. J.-C. Premiers textes funéraires de l'Égypte antique, ils visaient à assurer le passage des rois inhumés dans l'au-delà. De nombreuses incantations font allusion à des mythes liés à l'au-delà, notamment aux mythes de la création de l'Égypte antique et au mythe d'Osiris. Nombre de ces textes sont probablement bien plus anciens que leurs premières copies écrites connues et fournissent ainsi des indices précieux sur les débuts de la croyance religieuse égyptienne.
Durant la Première Période intermédiaire (env. 2181-2055 av. J.-C.), les Textes des pyramides évoluèrent pour devenir les Textes des sarcophages, qui contenaient des éléments similaires et étaient accessibles aux personnes non-royales. Les textes funéraires ultérieurs, tels que le Livre des Morts du Nouvel Empire et les Livres de la Respiration de la Basse Époque (664-323 av. J.-C.) et des périodes suivantes, découlèrent de ces recueils antérieurs. Le Nouvel Empire vit également l'émergence d'un autre type de texte funéraire, contenant des descriptions détaillées et cohérentes du voyage nocturne du dieu Soleil. Les textes de ce type comprennent l'Amdouat, le Livre des portes et le Livre des cavernes.
Les temples égyptiens, dont les vestiges datent principalement du Nouvel Empire et des périodes ultérieures, constituent une autre source importante de mythes. Nombre d'entre eux possédaient un « per-ânkh », ou bibliothèque, abritant des papyrus destinés aux rituels et à d'autres usages. Certains de ces papyrus contiennent des hymnes qui, en louant un dieu pour ses actions, font souvent référence aux mythes qui les définissent. D'autres papyrus de temple décrivent des rituels, dont beaucoup s'inspirent en partie de la mythologie. Des fragments épars de ces collections de papyrus nous sont parvenus. Il est possible que ces collections aient inclus des récits plus systématiques de mythes, mais aucun texte de ce type n'a été retrouvé. Des textes et illustrations mythologiques, semblables à ceux des papyrus de temple, apparaissent également dans la décoration des édifices religieux. Les temples richement décorés et bien conservés des périodes ptolémaïques et romaines (305 av. J.-C. – 380 apr. J.-C.) constituent une source particulièrement riche de mythes.
Les Égyptiens pratiquaient également des rituels à des fins personnelles, comme la protection contre la maladie ou la guérison. Ces rituels sont souvent qualifiés de « magiques » plutôt que religieux, mais on pensait qu'ils fonctionnaient selon les mêmes principes que les cérémonies des temples, évoquant des événements mythiques comme fondement du rituel.
L'information provenant de sources religieuses est limitée par un système de restrictions traditionnelles quant à ce qu'elles pouvaient décrire et représenter. Le meurtre du dieu Osiris, par exemple, n'est jamais explicitement décrit dans les écrits égyptiens. Les Égyptiens croyaient que les mots et les images pouvaient influencer la réalité ; ils évitaient donc le risque de rendre réels de tels événements tragiques. Les conventions de l'art égyptien étaient également peu adaptées à la représentation de récits complets ; la plupart des œuvres d'art liées aux mythes se composent donc de scènes individuelles éparses.
Des références aux mythes apparaissent également dans la littérature égyptienne non religieuse, dès le Moyen Empire. Nombre d'entre elles ne sont que de simples allusions à des motifs mythiques, mais plusieurs récits s'appuient entièrement sur des narrations mythiques. Ces représentations plus directes du mythe sont particulièrement fréquentes aux périodes tardive et gréco-romaine, où, selon des chercheurs comme Heike Sternberg, les mythes égyptiens atteignirent leur apogée.
Les attitudes envers le mythe dans les textes égyptiens non religieux sont très diverses. Certaines histoires s'apparentent aux récits des textes magiques, tandis que d'autres sont plus clairement conçues comme des divertissements et comportent même des épisodes humoristiques.
Une dernière source de mythes égyptiens réside dans les écrits d'auteurs grecs et romains antiques tels qu'Hérodote et Diodore de Sicile, qui ont décrit la religion égyptienne durant les derniers siècles de son existence. Parmi ces auteurs, Plutarque occupe une place de premier plan ; son ouvrage Œuvres morales (« De Iside et Osiride ») contient, entre autres, le plus long récit antique du mythe d’Osiris. La connaissance qu’avaient ces auteurs de la religion égyptienne était limitée, car ils étaient exclus de nombreuses pratiques religieuses, et leurs propos sur les croyances égyptiennes sont influencés par leurs préjugés sur la culture égyptienne.
Il est difficile de retracer l'évolution de la mythologie égyptienne. Les égyptologues doivent formuler des hypothèses sur ses premières phases à partir de sources écrites bien plus tardives. L'une des influences majeures sur la mythologie est l'environnement naturel des Égyptiens. Chaque jour, le Soleil se levait et se couchait, éclairant le pays et régulant les activités humaines ; chaque année, la crue du Nil renouvelait la fertilité des sols et permettait une agriculture très productive, pilier de la civilisation égyptienne. Ainsi, les Égyptiens considéraient l'eau et le Soleil comme des symboles de vie et percevaient le temps comme une succession de cycles naturels. Cet ordre établi était constamment menacé de perturbation : des crues exceptionnellement faibles entraînaient la famine, et des crues importantes détruisaient les récoltes et les bâtiments. La vallée du Nil, autrefois hospitalière, était entourée d’un désert aride, peuplé de peuples que les Égyptiens considéraient comme des ennemis de l’ordre établi. Pour ces raisons, les Égyptiens percevaient leur terre comme un havre de stabilité isolé, ou « maât », cerné et menacé par le chaos. Ces thèmes – l'ordre, le chaos et le renouveau – apparaissent fréquemment dans la pensée religieuse égyptienne.