Le musée des Beaux-Arts de Dijon est l'un des plus importants et l'un des plus anciens musées de France. Situé au cœur de la ville, il occupe l'ancien palais ducal, siège au XVe siècle de l’État bourguignon. Lorsque le duché est rattaché au royaume de France, le palais devient le logis du roi, puis se transforme au XVIIe siècle en palais des États de Bourgogne, sur un projet de Jules Hardouin-Mansart.
À partir de 2006, le musée fait l'objet d'une rénovation totale et d'un agrandissement. Dans un premier temps, les travaux se concentrent sur une seule tranche dont le parcours rénové « Moyen Âge - Renaissance » est inauguré le 7 septembre 2013.
Quatre ans plus tard, le musée entièrement rénové avec 1 500 œuvres sur 50 salles est inauguré le 17 mai 2019 en présence du ministre de la Culture Franck Riester, de l'ancien président de la République François Hollande et du maire François Rebsamen.
La fréquentation s'envole avec 230 000 visiteurs comptabilisés à la fin octobre pour atteindre 315 000 à la fin de l'année 2019. Après une forte baisse due au COVID, le nombre rebondit en 2023 avec 290 458 visiteurs.
Le palais des ducs de Bourgogne
Le musée des Beaux-Arts a été fondé par décret des États de Bourgogne, le 30 novembre 1787, mais le projet remontait à 1783, à la décision de construire l'aile orientale du palais. Il fallait faciliter l’enseignement des élèves de l'école de dessin en rassemblant des œuvres qui pouvaient servir de modèle.
Cette école originale, gratuite et ouverte à tous, fut créée par François Devosge, le 24 mars 1767. Le musée est placé sous la protection des États de Bourgogne, et abritait ses collections dans le salon Condé, conçu comme une galerie des batailles à la gloire du grand Condé, et la salle des statues ou « salle des antiques » où se trouvaient des copies d'antiques en plâtre et en marbre.
Le musée du département de la Côte-d'Or
François Devosge est conforté par les révolutionnaires et se retrouve chargé de veiller à la conservation des « monuments des arts » en 14 pluviôse, an II puis en tant que directeur de l'école, il présidera à la nomination des premiers directeurs du musée jusqu'à sa mort en 1811.
L'ouverture du musée du département de la Côte-d'Or à un véritable public fut décidée le 15 ventôse an VII, (5 mars 1799). Le jour de son inauguration, il ouvre ses portes à une foule immense de citoyens, le 20 thermidor (7 août 1799). Le musée ouvre alors chaque décadis de midi à quatorze heures en hiver, de quatorze heures à seize heures en été. En 1804 il recevait le fonds de livre des saisies révolutionnaires dans le cabinet des estampes, en 1863 les livres et gravures furent envoyées à la bibliothèque municipale.
Le musée sous l'occupation allemande
Au moment du conflit de la Seconde Guerre mondiale, l'essentiel de la gestion du musée des Beaux-Arts était entre les mains de Pierre Quarré (1909-1980), jeune conservateur qui avait commencé sa carrière au département des sculptures du Louvre avec Paul Vitry. Il fallait d'une part évacuer les chefs-d’œuvre du musée, et d'autre part préserver les œuvres des intérêts allemands comme des lois du gouvernement de Vichy.
Cette évacuation permit à Pierre Quarré de rénover profondément le musée et de lui donner une cohérence muséographique.
L'évacuation des chefs-d’œuvre pendant la guerre de 1939-1945
Dès 1936, la direction des musées de France avait demandé aux musées de préparer des plans d'évacuation en cas de conflit. Et lorsque le préfet de la Côte-d'Or donna l'ordre d'évacuation, le 26 août 1939, le musée ferma et le premier convoi partit le jour même.
Dix voyages furent nécessaires pour mettre à l'abri au château de Châteauneuf-en-Auxois 912 œuvres les plus importantes ainsi que les documents les plus précieux de la bibliothèque municipale et des archives départementales de Dijon.
Une nouvelle évacuation eut lieu en 1943 vers le château de Fontaine-Française. Les œuvres intransportables comme les tombeaux des ducs ou Hébé et l'aigle de Jupiter (1852-1857) de François Rude furent protégées par des sacs de sable maintenus par des charpentes, et d'autres descendues dans les caves.
La destruction des statues publiques par Vichy, 1941-1944