Ce Jour-là

Musée de la Révolution française

Musée à Vizille, en Isère, en France

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Le musée de la Révolution française est un musée situé à Vizille en France et géré par le département de l'Isère. Inauguré le 13 juillet 1984 dans la perspective des commémorations du bicentenaire de la Révolution, il est hébergé dans le château où s'est tenue la réunion des états généraux du Dauphiné le 21 juillet 1788 et reste le seul musée entièrement consacré à la période de la Révolution française.

Parmi ses pièces les plus célèbres figurent La République française de Jean-Baptiste Wicar, première représentation connue de la République française, Le peintre David dessinant Marie-Antoinette conduite au supplice de Van den Bussche, ou encore Capet lève toi ! d'Émile Mascré.

Le musée mène une politique active d'acquisition de nouvelles œuvres, notamment d'artistes anglais, et organise des colloques internationaux autour du thème de la Révolution française, ainsi qu'une exposition temporaire chaque année. Intégré au domaine de Vizille, qui possède une longue histoire de conservation artistique, il abrite également un centre de documentation sur la période révolutionnaire française qui, au fil des acquisitions, lui a conféré une renommée internationale.

Situé à 15 km au sud de Grenoble, sur la route Napoléon, le château de Vizille ou château Lesdiguières est l'ancienne demeure des ducs de Lesdiguières. Cependant, un texte de 1339 décrit le site comme étant déjà occupé par un château dont le propriétaire est le dauphin Humbert II. Mis en ruine deux siècles plus tard, durant les guerres de religion en Dauphiné, l'ensemble est acheté au roi de France le 8 juin 1593 par le vainqueur de ces affrontements, François de Bonne de Lesdiguières.

Premier membre d'une dynastie, Lesdiguières, rase les ruines du château médiéval et lance en 1599 la construction de son château qu'il achèvera en 1619. Il y invitera Louis XIII le 3 décembre 1622 alors que le monarque vient de lui attribuer la plus haute distinction du royaume, connétable de France. Par la suite, l'édifice appartient aux ducs de Villeroy à partir de 1716, puis à la famille Perier du 5 juin 1780 au 23 décembre 1895, avant de devenir la résidence d'été des présidents de la République de 1924 à 1972. Le dernier d'entre eux à y séjourner a été Charles de Gaulle en 1960. En 1973, l'État français cède le château et son domaine au conseil général de l'Isère, à charge pour l'institution de lui trouver une affectation culturelle prestigieuse.

Grâce à l'accord du propriétaire des lieux, Claude Perier, c'est en effet dans la salle du jeu de paume de ce château que s'est tenue le 21 juillet 1788, sous la présidence du comte de Morges, la réunion des états généraux du Dauphiné après la tumultueuse journée des Tuiles du 7 juin à Grenoble. Cette assemblée de Vizille ou assemblée des Trois ordres du Dauphiné, manifestation politique dans l'amorce des bouleversements de 1789, va alors sceller le destin du château. Seize jours auparavant, Louis XVI avait pris la décision de convoquer les États généraux du royaume par peur d'une propagation de l'esprit de révolte et le 8 août, il en fixait la date au 5 mai 1789. Dès le 27 décembre un conseil d'état du roi donne les directives de convocation, faisant de cette assemblée de Vizille les prémices de la Révolution française pour les historiens.

Par la suite, d'autres personnages vont ponctuer l'histoire du château comme le 5 juillet 1799 où le pape Pie VI vient y passer une nuit à l'invitation du propriétaire Claude Perier, le 7 mars 1815 où Napoléon fait une brève halte devant le château lors de son retour de l'île d'Elbe.

Utilisé comme manufacture, le château subit un terrible incendie dans la nuit du 9 au 10 novembre 1825 attisé par de violentes rafales de vent et qui se propage même à une partie de la ville contraignant son propriétaire Augustin Perier à rebâtir certaines maisons de Vizille. C'est à cette occasion que commence la construction d'une route plus commode vers Grenoble passant par Jarrie, le long de la Romanche et donnant ainsi du travail aux habitants sinistrés. La reconstruction est d'autant plus rapide qu'en 1828, un évènement important se déroule dans le château puisque Adolphe, le fils d'Augustin Perier, épouse Nathalie de La Fayette, fille de Georges Washington de La Fayette et petite-fille du marquis de La Fayette. Ce dernier, absent de la cérémonie, ne viendra que quelques mois plus tard, le 19 août 1829, où il est reçu dans ce lieu comme un hôte prestigieux à l'occasion d'une visite à sa petite-fille Nathalie. Adolphe Perier, à la mort de son père en décembre 1833, poursuivra la restauration du château. En 1862, à la faveur d'une succession à la suite de la faillite d'Adolphe, l'administration des Beaux-Arts classe le château Lesdiguières aux monuments historiques et Henry Fontenilliat, beau-père d'Auguste Casimir-Perier, en devient le nouveau propriétaire. Deux ans plus tard, Henri Fontenilliat meurt et sa fille Camille, l'épouse d'Auguste, en devient la propriétaire.

Mais les leçons de l'incendie de 1825 ne sont pas retenues et le 17 février 1865, un deuxième incendie modifie l'aspect extérieur du château puisque toute une aile en forme de « L », abritant notamment la salle historique du jeu de paume et la grande galerie des batailles édifiée en 1615 par Lesdiguières est détruite et ne sera jamais reconstruite. L'activité de la manufacture d'impression est alors définitivement arrêtée. En 1872, Auguste Casimir-Perier et son épouse Camille, reçoivent des personnalités comme Philippe d'Orléans, comte de Paris, puis Adolphe Thiers en 1874. Lors du centenaire de l'Assemblée de Vizille, le président de la République Sadi Carnot vient inaugurer le 21 juillet 1888 une statue de La Liberté, dite aussi Marianne, devant l'entrée du château Lesdiguières. Sculpté par l'artiste Henri Ding, le piédestal de sa Marianne est gravé de quelques phrases issues de l'Assemblée de Vizille et des noms des représentants des trois ordres du Dauphiné.

Dans les années 1920, le château est déjà un lieu de visite privilégié pour les personnes de passage à Grenoble puisque le 19 août 1922, Paul Léon, membre de l’Institut de France et directeur général des Beaux-Arts vient visiter les lieux en compagnie du maire Paul Mistral et d'Andry-Farcy, conservateur du musée de Grenoble. L'idée d'installer un musée dans le château Lesdiguières n'est pas nouvelle puisque avant même le vote de la loi du 30 avril 1924 approuvant l'acquisition du domaine par l'État, Le Petit dauphinois dans son édition du 18 avril y voit une bonne affaire financière même avec la création d'un musée de la Révolution française. Le 24 novembre suivant, deux mois après la signature d'achat par l'État, La Dépêche dauphinoise titre sur un musée dauphinois au château de Vizille. L'idée est reprise quelques années plus tard par ce journal dans son édition du 6 mars 1932 avec cette fois un musée de la Révolution française, mais l'édifice, devenu résidence des présidents de la République, ne se visite qu'en l'absence du président. Cependant, avec l'inauguration en juillet 1932 de la route Napoléon toute proche, une salle est consacrée à l'histoire du château.

Mais sans réelle volonté politique, il faut attendre l'élection présidentielle de François Mitterrand en 1981, et le contexte de la loi de décentralisation (dite loi Defferre) du 2 mars 1982 pour avoir un facteur déterminant dans la création d'un musée de la Révolution française loin de la capitale française. C'est dans sa séance du 10 juin 1983 que le conseil général de l'Isère crée le musée de la Révolution française dans le château de Vizille, d'après le rapport du président de la Commission des affaires culturelles, Alfred Gryelec, également maire de Vizille. Avec Yann Pavie nommé par le conseil général pour la préfiguration et la création du musée, deux personnes contribuent particulièrement dans la mise en œuvre d'un tel musée, Vital Chomel, alors directeur des archives départementales de l'Isère et l'historien Robert Chagny, commissaire de la première exposition temporaire. D'autres participeront activement à la collecte des premières œuvres comme Jacqueline Mongellaz de 1984 à 1990 ou encore Alain Chevalier à partir de 1988. Les premières salles du musée sont aménagées au début de l'année 1984 et le premier directeur du musée de 1984 à 1996 est l'historien d'art Philippe Bordes. C'est Alain Chevalier qui lui succède à la direction du musée en 1996 et qui va diriger l'établissement jusqu'à son départ à la retraite en 2024.

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