Ce Jour-là

Mouvement du 20 Février

Mouvement de contestation marocain

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Le mouvement du 20 février (tamazight : ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ ⵏ 20 ⵙⵉⵏⵢⵓⵔ amussu n 20 sinyur) ; arabe : حركة 20 فبراير) est un mouvement de contestation apparu au Maroc le 20 février 2011, à la suite de la vague de protestations et de révolutions dans d'autres pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient connue sous le nom de « Printemps arabe ».

À l'instar de la Tunisie ou de l'Égypte, les manifestants demandent plus de libertés et de démocratie, l'égalité sociale, la fin de la corruption ainsi qu'un plus grand respect des droits de l'homme.

Les partis politiques marocains, affaiblis ou créés de toutes pièces par le pouvoir (RNI, PAM), se révèlent totalement incapables d'absorber les demandes de la population. Le mouvement se caractérise par de nombreuses manifestations avec comme revendications des réformes politiques. Au contact d'une police particulièrement brutale, quelques émeutes éclatent dans des zones pauvres.

Les manifestants contestent également la forme monarchique du pays, critiquent la monarchie absolue et demandent une monarchie parlementaire. Le mouvement est vite pris en compte par le pouvoir, qui réécrit la Constitution en faveur d'une plus grande séparation du monarque et du gouvernement, et la fait plébisciter le 1er juillet de la même année.

Le face-à-face entre ce dernier et l’État marocain semble avoir débouché sur un jeu à somme nulle. Ainsi, le mouvement du 20 Février a réussi à élargir l’espace public avec quelques réformes politiques concédées par la monarchie marocaine. Mais le pouvoir a réussi à éliminer complètement ce mouvement du champ social et politique marocain.

Au Maroc, le roi Mohammed VI avait promis, lors de son accession au trône en 1999, une série de réformes démocratisant la monarchie. Il avait également entrepris une évolution du statut des femmes et un débat sur les années de plomb. Cependant, le processus de démocratisation du régime demeurait bloqué selon les manifestants. Ceux-ci, encouragés par la vague contestataire du début 2011, lancent sur les réseaux sociaux plusieurs appels à manifester, le premier le 30 janvier. Les appels à manifester, se renouvelèrent ensuite, désignant le 20 février 2011 comme étant la « journée de la dignité ».

Cet appel à manifester est soutenu par le mouvement islamiste Al Adl Wal Ihsane et plusieurs associations de droits humains notamment l'AMDH. Le mouvement a également été soutenu dès le départ par le Parti socialiste unifié et le Parti Annahj Addimocrati. Quant aux autres partis politiques marocains, comme le Parti de la justice et du développement, principal parti islamique de l'opposition, ils ont appelé à ne pas participer à ces manifestations craignant des « débordements ».

Comme dans les autres révolutions arabes, Internet et les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la mobilisation populaire et l'information (Facebook représenterait ainsi plus de 3 millions de comptes au Maroc).

Les revendications majeures du mouvement font appel à des réformes constitutionnelles. Il s'agit d'un ensemble de revendications de réformes politiques et sociales qui remettent en cause le fonctionnement du régime, pour la première fois depuis la succession du roi Mohammed VI au trône. Selon les manifestants, il s'agit de « revendications politiques et non pas une demande de changement du régime monarchique, c'est un appel à des réformes constitutionnelles ».

Lors d'une conférence de presse le 17 février au siège de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat, l'une des membres actifs du mouvement du 20 Février, Tahani Madmad, étudiante de 19 ans, a énuméré les principales revendications du mouvement. Ces revendications sont apparues de façon plus détaillée sur le communiqué national du mouvement daté du 13 mars ; elles concernent :

l'adoption d'une Assemblée constituante élue chargée de rédiger une nouvelle constitution qui sera soumise à un référendum populaire ;

l'abandon du contenu de l’article 19 de la Constitution précédente datant de 1996 ainsi que « les notions de la sacralité qui constituent le début de la tyrannie » ;

la reconnaissance du tamazight comme langue officielle ;

l'écartement immédiat des centres de décision de « tous les responsables impliqués dans les crimes contre le peuple et les personnes impliquées dans le pillage des richesses du pays et de la prédation économique via monopoles, privilèges et trafic d'influence et leur jugement et celui des anciens responsables sur lesquels pèsent les mêmes charges » ;

l'ouverture d'une enquête sur « les arrestations arbitraires et les procès expéditifs », notamment ceux reconnus coupables en vertu de la loi sur le terrorisme et ceux qui ont été arrêtés en marge des événements du 20 février ;

la « rupture avec la logique de répression face au droit des manifestations pacifiques » ;

l'abolition de la Charte nationale d'éducation et de la formation et du programme d'urgence ;

l'abolition des lois adoptées « pour légitimer les excès de la sécurité pour servir des agendas étrangers », notamment la loi sur le terrorisme ;

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