Ce Jour-là

Mort de Quentin Deranque

Homicide d'un militant néonazi français

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La mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, néofasciste, néonazi et catholique traditionaliste âgé de 23 ans, survient le 14 février 2026 à Lyon à la suite d'un traumatisme crânien infligé, deux jours plus tôt, par des militants antifascistes qui le frappent au sol après une rixe.

Le 12 février 2026, le collectif fémonationaliste Némésis tente de perturber le déroulement d'une conférence tenue par l'eurodéputée Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI), à l'Institut d'études politiques de Lyon, en organisant un « happening » à proximité. Un groupe de militants d'ultradroite, dont Quentin Deranque fait partie, se tient aux alentours, en support du collectif. Une « rixe » éclate entre ces derniers et un groupe de militants antifascistes. Peu après, Quentin Deranque, isolé avec deux membres de son groupe, est frappé au sol et reçoit de multiples coups à la tête. Après s'être relevé, confus, il refuse de se rendre à l'hôpital et quitte les lieux. Victime d'un malaise plus d'une heure après les coups reçus, il est pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé. Il meurt deux jours plus tard des suites d'un traumatisme crânien.

Peu de temps après les faits, le collectif Némésis et l'avocat de la famille de Quentin Deranque accusent d'anciens militants du groupe d'extrême gauche la Jeune Garde antifasciste d'avoir tendu un guet-apens à la victime. Cette version génère de vives réactions politiques, ainsi qu'un fort écho médiatique en France, dans le contexte de la campagne des élections municipales de 2026.

À la demande du député Éric Ciotti, une minute de silence est observée à l'Assemblée nationale le 17 février 2026. Cet hommage parlementaire effectué trois jours seulement après le décès de Quentin Deranque est rapidement dénoncé puisque plusieurs enquêtes journalistiques remettent progressivement en cause la présentation initiale des événements et le profil politique de la victime. En réalité, celui-ci est un néonazi et néofasciste engagé, loin de l'image initiale de jeune étudiant catholique et pacifiste dessinée par le collectif Némésis. Plusieurs éléments contredisent également la version de Némésis sur la responsabilité des affrontements entre les deux groupes de militants, le collectif d'extrême droite s'étant plusieurs fois coordonné avec des groupes d'ultradroite lyonnais afin de provoquer des échauffourées avec des militants de gauche.

Durant l'enquête préliminaire, une dizaine de militants proches des mouvements antifascistes sont interpellés pour homicide volontaire et violences aggravées. La plupart d'entre eux sont mis en examen et placés en détention provisoire, parmi lesquels deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, membres de la Jeune Garde. À la suite de cela, LFI fait l'objet de critiques en raison de ses liens avec la Jeune Garde.

Quentin Deranque naît le 13 juillet 2002 à Perpignan d'une mère péruvienne et d'un père français. Sa famille déménage ensuite à Saint-Cyr-sur-le-Rhône. Il est d'abord étudiant en mathématiques puis après trois ans de césure, entame à l'âge de 23 ans un BUT science des données à l'université Lumière-Lyon-II, en alternance à la SNCF. Selon plusieurs proches, il est un grand lecteur de philosophie, d'histoire et de théologie.

Des amis d'extrême droite nationaliste, royalistes et antisémites de la section de Vienne de l'Action française reconnaissent des actions nocturnes de collage d'affiche avec lui. L'Action française revendique l'avoir compté parmi ses militants, avant de se rétracter. Au printemps 2024, il proteste contre l’adoption en première lecture de la loi sur l’euthanasie.

En mai 2025, il cofonde le groupuscule néofasciste « Les Allobroges », basé à Bourgoin-Jallieu. Il participe avec ce collectif, le 10 mai 2025 au rassemblement néofasciste et néonazi du Comité du 9-Mai. L'événement est qualifié par Mediapart, d'« inondée de références au Troisième Reich ». Les Allobroges, qui partagent des positions suprémacistes et opposés à l'immigration, entretiennent des liens avec d'autres groupuscules néofascistes de la région, dont les membres d'Audace Lyon et les Bayards Grenoble, ainsi qu'avec les hooligans des Bourgoin Defenders. Selon StreetPress, l'activité locale du groupuscule reste limitée et se résume principalement à des collages et des tags.

Audace Lyon — issu des collectifs dissous du Bastion social (2017-2019), puis de Lyon populaire (2019-2025) —, de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, salue sur Instagram, « [leur] camarade Quentin, bien connu de [ses] militants », puis confirme à l'AFP la participation du jeune homme « à de nombreux entraînements sportifs » de boxe et de footing. Le Monde indique que le groupe, créé pour « défendre les intérêts des Français d’ascendance européenne », fait selon ses propres termes de l’entraînement à l'« autodéfense blanche » un pilier de son engagement, afin de « défendre » le terrain lyonnais face aux antifascistes. Deranque participe aussi jusqu'à la semaine précédant sa mort aux entraînements « aux techniques de combat » d'Audace Lyon.

Mediapart lie plusieurs de ses amis avec l'extrême droite radicale. L'un de ses colocataires est impliqué dans une expédition punitive menée par le Bastion social en 2018, et l'un de ses meilleurs amis, Vincent Claudin, est un militant néofasciste tendance nazie, lecteur d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, ancien de Lyon populaire et assistant parlementaire de la députée Rassemblement national (RN) Lisette Pollet. L'avocat de la famille souligne que Quentin Deranque n'a jamais été mis en cause pour des faits de violences et que son casier judiciaire est vierge. Cependant, sa mère s'inquiète à plusieurs reprises auprès de lui de ses fréquentations, ce qui le recentre sur ses activités paroissiales plutôt que militantes.

Quentin Deranque est un militant identitaire nationaliste d'extrême droite de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, proche des mouvements néofascistes.

Il est décrit par ses proches comme « de droite, tendance nationaliste et illibérale, il aimait son peuple et sa civilisation mais épousait en même temps la modernité ». Le journaliste Sébastien Bourdon, spécialiste de la mouvance d'extrême droite, estime que son parcours illustre une tendance à l'« interfaf », soit la circulation des jeunes militants entre différentes familles de l'ultradroite malgré leurs divergences idéologiques. Selon Le Monde, c'est « un étudiant traditionaliste au croisement des chapelles de l’extrême droite radicale » et un « catholique intégral attiré par "l'autodéfense" » qui « incarne la nouvelle jeunesse d’extrême droite ».

Mediapart identifie plusieurs des comptes utilisés par Quentin Deranque sur le réseau social X, avec lesquels il publie entre 2023 et 2026 de très nombreux messages racistes, antisémites, négationnistes et néonazis, glorifiant le fascisme, dont il se revendique, s'affichant en nostalgique du nazisme, dont il appelle au retour, et adoptant un positionnement suprémaciste blanc. Il s'affirme aussi en faveur de « la violence politique ». Il déclare notamment « on veut le fascisme », « je soutiens Adolf », « on se passerait bien des médecins arabes », « mort totale des nègres », le RN a été fondé par des SS « et c’est très bien », Simone Veil, une « salope meurtrière ». Quentin Deranque affirme que Mein Kampf est un ouvrage « à faire lire à tous les lycéens » et « se vante d’adhérer à l’essentiel des préjugés antijuifs listés par une étude du CRIF sur l’antisémitisme ». Un proche de Quentin Deranque confirme que ce dernier est bien l'auteur de ces messages.

Converti au catholicisme intransigeant, il est un fidèle de plusieurs églises catholiques traditionalistes dont la fraternité Saint-Pierre où la messe est dite en latin et est engagé dans la vie paroissiale. Il est décrit comme un missionnaire et fidèle des conférences du Cercle Saint-Alexandre, où des religieux forment à la théologie de jeunes croyants lyonnais. Il est un habitué du pèlerinage de Chartres, évènement qui rassemble tous les ans de nombreux catholiques traditionalistes.

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