Morice Benin est un chanteur, auteur-compositeur-interprète français, né à Casablanca au Maroc le 21 juillet 1947 et mort à Die (Drôme) le 19 janvier 2021.
Moïse Ben-Haïm naît à Casablanca en 1947.
En 1976, sur la première version de l'album C'était en 1976, la forme Môrice Benin apparaît. Ce n'est qu'en 1980, avec l'album Passage, que l'accent circonflexe disparaît définitivement et que le nom Morice Benin se stabilise[source insuffisante].
Il écrit ses premières chansons à l'âge de quatorze ans, mais le choc « originel » remonte à Jacques Brel, découvert au Théâtre municipal de Casablanca en 1962, et qui incarnera sa ferveur à pousser la voix lui aussi, à considérer la chanson comme un art majeur. Vinrent ensuite tous les autres « pères spirituels » : Georges Brassens, Félix Leclerc, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud, et surtout Léo Ferré, lequel accompagnera plus tard toute une partie de sa génération.
À l'été 1965, Maurice débarque à Marseille pour les vacances... et n'utilisera jamais son billet de retour. Il « monte » à Paris pour tenter sa chance, sans un sou en poche mais avec beaucoup de motivation.
Afin de « frotter » ses premières chansons à quelques oreilles averties, il écume les cabarets « rive gauche » de l'époque : Chez Georges, L'Écluse, La Contrescarpe, Le Port Salut, où il côtoie Les Enfants Terribles, Jean Vasca, et quelques autres.
Il croise alors la route du parolier-éditeur Jacques Demarny, en 1966. Celui-ci, séduit par la fougue et l'authenticité du personnage, l'introduit chez Barclay où il enregistre son premier 45 tours, Rage de Dents, en 1967. Jacques Demarny restera longtemps l'ami de cœur, le « parrain » dans la profession.
En 1968, Maurice (qui ne s'appelait pas encore Morice) commence à se sentir trop étriqué dans le rôle de « postulant idole ». Ses idées reçues sur le monde du spectacle et sur la société en général se fracassent sous le coup de cette grande prise de conscience qu'est ce mois de mai 68 qui met toute la société en débat et en mouvement.
Il flirte avec l'écologie - mouvement très embryonnaire à l'époque - et se solidarise avec un certain nombre de « causes », dénonce son contrat chez Barclay et prend acte en fuyant Paris.
Au début des années 1970, il retourne « à la source » et va chanter partout : MJC, foyers de jeunes travailleurs, foyers ruraux, mille-clubs, et même certains "villages-vacances" qui, regorgeant d'animateurs "passerelles", permettent d'écouter ses chansons existentielles et poético-libertaires. Les chansons de Maurice Benin portent alors le témoignage de cette époque rebelle.
L'artiste se distingue d'abord en chantant en 1973 sur le plateau du Larzac, devant des dizaines de milliers de pacifistes, pour protester contre l'extension d'un camp militaire, puis dans les manifestations écologistes contre la centrale nucléaire de Malville en 1977. Il devient un des chantres de la génération contestataire avec Bernard Lavilliers ou Maxime Le Forestier. Vient alors, au rythme de 150 concerts par an en France, au Québec, en Allemagne, Belgique ou Suisse, son inscription dans un certain paysage culturel au gré de ce long cheminement.
Son disque Je vis a un succès estimable, sans doute à la suite de l'impact de « Larzac 74 », avec 100 000 exemplaires vendus sans médiatisation : un record pour un disque auto-distribué, quasiment vendu sous le manteau. Les albums Peut-être, Il faudrait toujours pénétrer, C'était en 1976 et Tu vois ce que je veux dire sont de la même veine, à l'image de ce dernier album auquel participe Gérard Prévost, du groupe Triangle.
Vivant à l'époque dans une grange de montagne aménagée, en Ariège, à Seix, et entouré d'amis bergers, ses thèmes favoris sont, toujours avec un esprit critique acerbe, le bonheur du vivre autrement de la marginalité, l'écologie, la dénonciation de l'impérialisme et du show business, la relation amoureuse et les rapports femmes-hommes.
En 1976, Jacques Vassal lui consacre un paragraphe dans Français, si vous chantiez, son histoire de la chanson publiée chez Albin Michel (collection Rock & Folk).
Quand arrivent les années 1980, c'est avec une forte exigence dans la rigueur de l'écriture, l'environnement musical et le rapport aux autres qu'il assume sa spécificité et sa ligne de conduite, plutôt que l'étiquette d'un "professionnalisme" qui ne lui fait pas défaut pour autant. Passage de plusieurs semaines au théâtre de la Gaîté-Montparnasse et à la fête de l'Humanité.
En 1982, il fait tour à tour l'Olympia et le Printemps de Bourges, sort son septième disque : Apocalypse. Premières grandes émissions avec Jean-Louis Foulquier, José Artur et Claude Villers.
En 1983, il rencontre le pianiste-arrangeur Michel Goubin, qui devient pour sept ans davantage qu'un accompagnateur : un alter-ego musical. D'autres musiciens rejoignent le duo : le bassiste Serge Salibur et la violoncelliste Dominique Brunier. Un nouveau disque, Sémaphore. Morice chante trois semaines à la Comédie de Paris.
Début 84, nouveau disque : Aimer sans issue, salué "coup de cœur" par les disquaires, puis enregistrements publics au festival SIGMA de Bordeaux. Tournées au Québec, en Allemagne et au Maroc.