Gaston Mardochée Brunswick dit Montéhus est un chansonnier français né dans le 10e arrondissement de Paris le 9 juillet 1872 et mort dans le 15e arrondissement de Paris le 31 décembre 1952. Il est notamment l'auteur de Gloire au 17e, La Grève des mères, La Butte Rouge et La Jeune Garde.
D'abord socialiste modéré, il évolue en 1906 vers un antimilitarisme radical proche du journal La Guerre Sociale avant de rejoindre l'Union sacrée en 1914. Dans les années 1930, il adhère à la SFIO.
Il est né dans une famille de la bourgeoisie juive parisienne, son père Abraham Brunswick est négociant. Il est l'ainé d'une famille de vingt-deux enfants.
Il commence à chanter en public à 12 ans, en 1884. Il publie sa première chanson, Au camarade du 153e, en 1897. Il adopte alors son pseudonyme, plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme et d'antigermanisme.
Il signe alors des chansons engagées tolérables, il signe cependant en 1904 Du pain et du plomb qui le fait s'engager à la S.A.C.E.M mais c'est surtout sa chanson La grève des mères, en 1905, qui retiendra l'attention du gouvernement pour « incitation à l'avortement ».
La chanson Gloire au 17e, en l'honneur du régiment d'infanterie qui fraternisa avec la foule à Béziers lors de la révolte des vignerons, le fait connaître définitivement en 1907.
En 1913, Max Viterbo le remet en scène à La Sirène.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la chanson est centrale dans la culture populaire. Les livres, chers, sont peu accessibles aux prolétaires. Lorsqu'elle comporte une dimension politique forte, la chanson peut être un véritable outil de propagande. Montéhus a été l'un des chantres de la révolte rouge, avec Jean-Baptiste Clément (1836-1903), auteur de la chanson Le Temps des cerises, Eugène Pottier (1816-1887), auteur de L'Internationale, Jules Jouy (1855-1897), auteur de V'là l'choléra qu'arrive, Les Anarchistes de Chicago, Pierre Dupont (1821-1870), Le chant des ouvriers, Le chant du vote, Gaston Couté (1880-1911) Le gars qu'a mal tourné, etc.
Dans ses chansons au style vif, entraînant, Montéhus s'oppose à la guerre, à l'exploitation capitaliste, à la prostitution, à la misère, à l'hypocrisie religieuse, mais aussi à l'impôt sur le salaire :
Au lieu d'imposer l'travailleur qui enrichit l'gouvernement
Imposez plutôt les noceurs [les capitalistes] qui gaspillent tant d'argent.
Il a également défendu la cause des femmes. La Grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905 et Montéhus condamné pour « incitation à l'avortement ».
En 1907, il rachète un café-concert à Paris, le renomme Le Pilori de Montéhus, et y donne des spectacles engagés.
Engagement dans la franc-maçonnerie
Le 5 mars 1902, Montéhus est initié en franc-maçonnerie à la Loge « L'Union de Belleville » du Grand Orient de France à Paris, puis s'affilie à la Loge « Étoile de la Vallée » à Eaubonne.
Montéhus entretint des relations avec Lénine. Ce dernier d'ailleurs l'évoque dans sa correspondance. Dans une lettre à Lev Kamenev il écrit : « Ah ! si je pouvais encore écouter Montéhus ». Lors de son exil en France (entre 1909 et 1912), Vladimir Ilitch Oulianov donna une série de conférences dans une salle de la Rive Gauche ou à Bobino (le lieu est incertain). À la demande de Lénine, Montéhus chantait en première partie afin d'attirer un public important. Les gens venus pour écouter le « chanteur humanitaire » étaient invités à entendre également l'activiste bolchevique après l'entracte. Les relations entre art et politique ici préfigurent l'agit-prop mis en place en URSS à partir des années 1920 : l'art est au service du discours politique et/ou idéologique.
Un « révolutionnaire cocardier »
Durant la Première Guerre mondiale, Montéhus, comme beaucoup d'autres, change radicalement d'opinions et compose des chansons militaristes et patriotiques. En cela, il est à l'image de la population, qui à de rares exceptions près soutient l'Union sacrée. Montéhus chante alors La Guerre finale, détournement de L'Internationale :