Ce Jour-là

Monique Vézina

Administratrice et femme politique québécoise

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Monique Vézina est une femme politique, militante et gestionnaire canadienne née le 13 juillet 1935 à Rimouski et morte le 15 décembre 2024. Des années 1960 aux années 2000, elle a œuvré dans les domaines communautaire, coopératif et politique.

Élue députée à la Chambre des communes du Canada sous la bannière progressiste-conservatrice avec Brian Mulroney en 1984, Monique Vézina est nommée à la tête de plusieurs ministères dans les années 1980 et au début des années 1990. Elle quitte la vie politique fédérale en 1993.

À la veille du référendum de 1995, elle se tourne vers le mouvement souverainiste. Elle préside la Commission nationale sur l'avenir du Québec et la Commission des aînées et aînés sur l'avenir du Québec mises en place par le gouvernement du Parti Québécois, avant de faire campagne au sein de la coalition des Partenaires pour la souveraineté. Par la suite, elle devient présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (1996-1998) et, à ce titre, accède à la présidence de la Conférence des peuples de langue française. En 1999, elle accepte la présidence du Bureau québécois de l'Année internationale des personnes âgées. Dans les années qui suivent, elle s'engage dans de nombreuses causes sociales ou culturelles.

Monique Vézina naît le 13 juillet 1935 à Rimouski dans le Bas-Saint-Laurent. Fille d'André-Albert Vézina et d'Éliane Lévesque, elle est la deuxième d'une famille de 12 enfants .

Après l'incendie qui ravage la ville de Rimouski au printemps 1950, Monique Vézina s'empresse de terminer ses études à l'école commerciale pour devenir secrétaire et ainsi contribuer aux finances familiales . La jeune fille trouve notamment du travail à la Banque Royale. Bien que la grande majorité de la clientèle locale soit francophone, Monique Vézina doit travailler presque exclusivement en anglais. Elle confie a posteriori que « [c]ette expérience a sûrement renforcé [s]a fibre nationaliste ».

Le 26 octobre 1957, âgée de 22 ans, la jeune femme épouse Jean-Yves Parent, un futur conseiller municipal. Le couple aura quatre enfants.

Dans les décennies qui suivent son mariage, Monique Vézina se consacre corps et âme à l'éducation de ses enfants ainsi qu'au bien-être des femmes de sa région natale . Au début des années 1960, en plein baby-boom, elle participe à la mise sur pied de cours prénataux facilement accessibles, fait la promotion de l'allaitement maternel et organise des services de garde à domicile. Elle participe également à des comités d'école et se joint à des groupes d'action féminine. Elle devient ainsi membre de la Confédération des organismes familiaux du Québec (COFAQ) ainsi que des Dames Hélène-de-Champlain, une association vouée à la promotion des lettres québécoises (et dont elle sera d'ailleurs la présidente nationale). En 1964, les Dames Hélène-de-Champlain fondent le Salon du livre de Rimouski, le premier événement du genre au Québec . « La plus grosse barrière à lever, c’était de reconnaître la capacité d’une femme à penser avec justesse et avec gros bon sens », dit-elle à propos de cette période de sa vie. « Partout, même lorsque je faisais de l’animation auprès des femmes, j’avais à faire la preuve qu’une femme pouvait avoir une responsabilité en dehors de la maison ».

Cette fructueuse expérience associative, doublée de la ferme conviction que les femmes devaient prendre leur place dans l'espace public, mènera Monique Vézina au mouvement coopératif Desjardins dans les années 1970. Elle explique d'ailleurs son engagement dans Desjardins par son adhésion aux valeurs du fondateur du mouvement:

« Je suis une fille de Desjardins [...] Les valeurs préconisées par Alphonse Desjardins me rejoignent beaucoup. Pour changer les choses qui ne nous conviennent pas, il faut identifier ses besoins et mettre en place les solutions appropriées. Nous devons aussi développer des forces collectives ».

Monique Vézina entre chez Desjardins en 1975 comme membre du conseil d'administration de l'Union régionale du Bas-Saint-Laurent. L'année suivante, elle est élue présidente de la Fédération des caisses du Bas-Saint-Laurent; elle devient alors la première femme à accéder à un poste de cette importance au sein du Mouvement Desjardins. Puis, en février 1977, elle se joint au conseil d'administration et au comité exécutif de la Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins. Elle occupe ses fonctions jusqu'en 1984 . Entre 1981 et 1984, elle est également présidente de la Fondation Girardin-Vaillancourt (l'actuelle Fondation Desjardins) et du conseil d'administration de l'Institut coopératif Desjardins (devenu le Centre de formation Desjardins).

Ces années d'expérience au sein du Mouvement Desjardins sont marquantes pour Monique Vézina. Elle apprend à faire sa place dans un milieu toujours dominé par les hommes: « Ce fut une expérience enrichissante, exigeante et difficile. Le milieu de la finance, il ne faut pas se le cacher, est un monde conservateur. J'étais la première femme à siéger au conseil et, en plus, j'arrivais fortement identifiée au créneau social. J'étais cependant déterminée à percer dans ce monde d'hommes. Quand on est la seule femme à une table décisionnelle, on se rend vite compte que notre opinion, surtout si elle va à l'encontre de la majorité, n'a pas le même poids que celle des hommes. »

En plus de s'illustrer au sein du Mouvement Desjardins, Monique Vézina se fait rapidement un nom comme administratrice auprès d'organismes publics tels que la Régie de l'assurance automobile du Québec (aujourd'hui Société de l'assurance automobile du Québec) et le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) qui conseille le ministre de l'Éducation sur toute question relative à l'éducation.

Le passage à la politique fédérale

Députée de Rimouski-Témiscouata

Comme d'autres nationalistes québécois, Monique Vézina accepte de se lancer en politique fédérale à l'invitation du chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, Brian Mulroney. Elle est élue députée de la circonscription de Rimouski-Témiscouata aux élections de 1984. Elle sera ensuite réélue en 1988.

Au cours de sa carrière politique, Monique Vézina dirige plusieurs ministères. Dès 1984, elle est nommée ministre des Relations extérieures et du Développement international. Au lendemain du rapatriement constitutionnel de 1982, les tensions linguistiques sont vives au Québec et au Canada anglais. Afin de tenter de réconcilier les deux solitudes, le premier ministre Mulroney lui confie également le dossier de la Francophonie. Elle occupera ces deux postes pendant deux ans.

À titre de ministre responsable de la Francophonie, Monique Vézina assume le travail de liaison qui mène à la tenue du premier Sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie à Versailles (1986) et du deuxième Sommet, à Québec (1987) .

En 1986, à la suite d'un remaniement, Monique Vézina est nommée receveur général, ministre de l'Approvisionnements et des Services, puis, en 1987, ministre des Transports. Réélue par une majorité de 13 000 voix aux élections fédérales de 1988, elle est ensuite nommée ministre d'État à l'Emploi et à l'Immigration et, en 1993, ministre d'État au Troisième Âge.

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