La monarchie (du grec mono « seul », arkhe « pouvoir » : « pouvoir d'un seul ») est un régime politique où l'unité du pouvoir est symbolisée par une seule personne, appelée « monarque » et n'est pas nécessairement une royauté. Elle peut être héréditaire ou élective (comme les rois gaulois ou encore les doges dans la république de Venise). Selon la définition de Montesquieu, une monarchie se définit par le gouvernement absolu d'un seul, mais ce pouvoir est limité par des lois.
Types de monarchies selon le régime politique
La monarchie est dite constitutionnelle lorsque les pouvoirs du monarque sont définis et encadrés par une Constitution écrite qui fixe les règles fondamentales de l’État et organise la séparation des pouvoirs. Le Roi y conserve un rôle politique et institutionnel effectif : il règne et gouverne, c’est-à-dire qu’il exerce, directement ou concurremment avec d’autres organes de l’État, des compétences réelles en matière de gouvernement, conformément aux dispositions constitutionnelles. (exemples: Maroc, Jordanie, Thaïlande, Monaco)
Il est souvent admis, lorsque l'État est menacé par une guerre étrangère ou civile, qu'une loi martiale lui donne provisoirement tous les pouvoirs : la monarchie devient alors, au sens antique, une dictature (comme l'exerçaient les consuls ou les généraux romains en cas de graves problèmes).
La monarchie est dite « parlementaire » lorsque le chef du gouvernement, nommé par le monarque selon les règles constitutionnelles, est politiquement responsable devant le Parlement. Dans ce type de régime, le monarque conserve sa qualité de chef de l’État, mais son rôle dans la conduite effective de la politique nationale est limité. Il règne sans gouverner : il incarne l’État, assure la continuité des institutions et exerce principalement des fonctions de représentation, d’arbitrage et de garantie du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, tandis que le gouvernement, responsable devant le Parlement, assure la direction effective de la politique de la nation. (exemples : Japon, Royaume-Uni, Espagne, Belgique, Suède, Norvège).
La monarchie est absolue lorsque le monarque détient tous les pouvoirs. Certains parlent alors de régime despotique. Toutefois, le monarque est généralement limité dans les faits par un ensemble de traditions et de coutumes, plus ou moins codifiées, comme les lois fondamentales du royaume de France, tandis qu'un despote ou un tyran n'est limité par aucun pouvoir supérieur.
C'est ainsi que Louis XIV s'est vu refuser par le Parlement de Paris l'enregistrement du traité d'Utrecht sur la partie où le roi renonçait au trône de France pour son petit-fils Philippe (qui devient roi d'Espagne) et sa descendance. Le Parlement de Paris a rappelé au « Roi-Soleil » que personne, même lui, ne peut disposer de la dévolution de la couronne qui se fait indépendamment de lui selon un ordre prévu par les lois fondamentales du royaume (loi salique de primogéniture masculine pour la France).
Le monarque absolu, à la différence du monarque constitutionnel, représente au sens propre du mot la « monarchie » en ce sens que tout le pouvoir repose sur un seul être : le roi ou la reine, qui regroupe les trois pouvoirs de l'État (législatif, exécutif et judiciaire). S'il dirige le royaume lui-même avec ses ministres et « en ses conseils », il rend la justice par le biais de tribunaux et de cours (c'est la justice « distributive », chaque sentence étant écrite « de par le roi » ou « de par la reine ») et édicte tous les textes législatifs que l'assemblée des trois ordres (clergé, noblesse et tiers état) préconise quand le roi les regroupe lors des états généraux. Mais à bien regarder, cela perdure encore aujourd'hui puisqu'une loi ne peut être applicable qu'une fois que le décret d'application a été signé par le pouvoir exécutif.
Types de monarchies selon le titre du souverain
Royaume (comme de nos jours en Jordanie ou au Maroc)
Monarchie de droit divin et monarchie élective
Dans la monarchie de droit divin, le pouvoir est légitimé par un lien spirituel qu'entretiendrait le tenant du pouvoir avec la ou les divinités.
Chez les anciens Germains, le pouvoir royal était d'essence divine à travers le rattachement de la dynastie régnante à Woden ou Wotan (Odin). Le royaume de France était également une monarchie de droit divin.
Actuellement, il existe encore de nombreuses monarchies de droit divin dont le Royaume-Uni, où le roi est également chef de l’Église anglicane.
Au Maroc, encore actuellement, la dynastie alaouite est dite descendante du prophète de l'islam Mahomet ce qui lui octroie une certaine « noblesse religieuse » et une certaine légitimité dans un pays majoritairement musulman. Par ailleurs, la dynastie est passée du titre du sultan au titre de roi au cours du XXe siècle.
Dans la République polono-lituanienne et dans le Saint-Empire romain germanique, et encore actuellement en Malaisie, au Vatican, en Eswatini, dans les Émirats arabes unis, le chef d'État est un monarque désigné par ses pairs au cours d'une élection ou par consensus.
Le roi et l'Église au Moyen Âge
À ce lien païen, se substitua à l'époque chrétienne la vision du roi comme un intermédiaire entre Dieu et ses sujets, entre le ciel et la terre. Se fondant sur une lecture de la Patristique (saint Augustin dans la Cité de Dieu), la monarchie trouvait sa justification dans le fait que, de la même manière qu'un seul régnait dans les cieux, il était juste qu'un seul ne régnât sur terre.