Mohammed ben Rachid Al Maktoum (arabe : محمد بن راشد آل مكتوم), né le 15 juillet 1949 à Dubaï, est un homme d'État émirien, émir de Dubaï, mais aussi vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis. Issu de la famille Al Maktoum qui règne sur l'émirat depuis le début du XIXe siècle, il est le troisième fils du cheikh Rachid ben Saïd Al Maktoum . En tant qu'émir de Dubaï, il a succédé à son frère Maktoum ben Rachid Al Maktoum le 4 janvier 2006 et, dès lors, il a entrepris d'importantes réformes dans le gouvernement, concernant notamment la stratégie du gouvernement fédéral en avril 2007.
Il est à la tête de Godolphin, l'une des deux plus puissantes écuries de chevaux de course au monde. En 2012, il a parcouru la distance de 160 km sur le cheval Madji Du Pont et remporté le Championnat du monde d'endurance équestre de la FEI.
Cependant, sa réputation de cheikh progressiste s'est fortement flétrie, notamment pour ce qui est de son comportement à l'égard des femmes, avec les scandales liés aux vicissitudes subies par la princesse Haya (l'une de ses six épouses), ainsi que par les princesses Shamsa et Latifa (deux de ses filles, enlevées sur ordre de leur père après s'être enfuies l'une en 2000 et l'autre en 2018, et apparemment séquestrées depuis).
D'autre part, sa réussite dans le domaine hippique avait également été sérieusement écornée dès 2013 par les affaires de dopage de ses chevaux.
Enfin, la mise en lumière de son nom dans les Pandora Papers entame son image d'homme politique intègre, du fait des participations qu'il détient dans trois sociétés offshore situées dans des paradis fiscaux.
Mohammed Al Maktoum grandit dans la maison de son grand-père, Saeed ben Maktoum Al Maktoum. Il est le troisième des quatre fils de Rachid ben Saeed Al Maktoum, membres de la famille régnante Al Maktoum et descendants de la dynastie Al-Falasi, dont Mohammed est le leader tribal. Sa mère est Latifa bint Hamdan Al Nahyane, fille de Hamdan ben Zayed ben Khalifa Al Nahyane (en), ancien émir d’Abu Dhabi.
Dès l'âge de quatre ans, il suit un enseignement privé d’arabe et d’études islamiques. En 1955, il commence ses études à l'école Al Ahmadiya. À l'âge de 10 ans, il rejoint l’école Al Shaab et deux ans plus tard, la Dubai Secondary School. Lorsqu’il est enfant, il fréquente le majlis de son grand-père. En 1966, avec son cousin Mohammed ben Khalifa Al Maktoum (en), il fréquente l’école de langue anglaise, la Bell Educational Trust au Royaume-Uni. Il rejoint ensuite la Mons Officer Cadet Training School à Aldershot (qui devient ensuite partie de Sandhurst).
Après avoir suivi une formation militaire, le père de cheikh Mohammed le nomme directeur des Forces de police de Dubaï (en) et le chef de la police et de la Force de défense de Dubaï, qui deviendront ensuite partie de la Union Defence Force.
En janvier 1968, Mohammed Al Maktoum assiste à la première rencontre entre son père, le cheikh Rachid et le cheikh Zayed dans le désert entre Dubaï et Abu Dhabi à Argoub El Sedira. À cette occasion, les deux cheikhs s’accordent pour former une union d'émirats, à la suite de la notification d’intention britannique annonçant la volonté de se retirer des États de la Trêve. Lorsque l'État des Émirats arabes unis est fondé le 2 décembre 1971, Mohammed Al Maktoum devient son premier ministre de la Défense, position qu’il continue de garder à ce jour.
En 1973, Mohammed ben Rachid Al Maktoum participe à des négociations prolongées avec les pirates de l’air, dirigés par Osamu Maruouka, membre de l’Armée rouge japonaise, qui ont pris le vol 404 de la Japan Air Line en otage et qui ont atterri à Dubaï après avoir quitté l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. Mohammed Al Maktoum ne parvient pas à obtenir la libération des otages, mais il a davantage de succès dans le cadre de la négociation successive avec les trois pirates de l’air du vol KLM 861 (en). Ces derniers libèrent les otages et rendent l’avion en échange d’un passage sécurisé. Après plusieurs jours au sol, l'avion s'envole pour la Syrie puis la Libye où les otages seront libérés.
Le 3 janvier 1995, le frère aîné de Mohammed, Maktoum ben Rachid Al Maktoum, signe deux décrets qui le nomment prince héritier de Dubaï. Mohammed Al Maktoum, au moment de sa nomination comme prince héritier, est également ministre de la Défense, poste qu'il occupe depuis le 9 décembre 1971, après avoir été chef des forces de police de Dubaï.
En 2001, Mohammed Al Maktoum ordonne l'arrestation d'Obaid Saqr ben Busit, chef des douanes de Dubaï et président de l'Association mondiale des douanes. Il montre ainsi sa volonté de poursuivre une politique de tolérance zéro à l'égard de la corruption au sein du gouvernement. Busit et deux collaborateurs, ainsi que trois autres employés, avaient fait l'objet d'une enquête pour corruption durant deux ans. Ces arrestations de haut profil provoquent un choc généralisé et sont suivies par une série d'arrestations d'agents publics plus tard dans le mois. Au total, quatorze fonctionnaires, dont six officiers de haut rang, sont arrêtés et inculpés d’infractions liées à la corruption. Fait inhabituel, les fonctionnaires sont publiquement « dénoncés et humiliés ». En 2008, les enquêteurs découvrent des cas de corruption au sein de la société immobilière de Deyaar (en), de propriété du gouvernement. Mohammed Al Maktoum dote l'équipe d'enquête de "pouvoirs de contrôle sans précédent", qui conduisent à au moins quatre arrestations. Le PDG de la société est reconnu coupable d'avoir gagné 20 millions de dirhams en abusant de ses pouvoirs. Il est condamné à une peine de 10 ans de prison.
Mohammed Al Maktoum effectue régulièrement des visites surprises dans les bureaux ministériels pour en vérifier le travail. En 2016, après avoir trouvé les bureaux du département foncier de Dubaï vides, Mohammed Al Maktoum met à la retraite les directeurs exécutifs absents, qui étaient tous auparavant employés par la municipalité de Dubaï.
Après environ une décennie de règne de facto, Mohammed Al Maktoum devient le souverain de Dubaï le 4 janvier 2006 à la mort de Maktoum ben Rachid Al Maktoum. Le lendemain, le Conseil national fédéral le choisit comme nouveau vice-président des Émirats arabes unis. Le 11 février, le Conseil approuve la nomination de Mohammed Al Maktoum au poste de premier ministre, sur proposition du président des Émirats arabes unis Khalifa ben Zayed Al Nahyane.
En mai 2019, Mohammed Al Maktoum annonce la « carte d'or » ou visa de résidence permanente. Sous réserve de critères supplémentaires, les investisseurs et les professionnels des secteurs de la santé, de l'ingénierie, de la science et de l'art sont éligibles au visa de résidence permanente. Le programme de visa de résidence permanente devrait générer des investissements étrangers, encourager l'esprit d'entreprise et attirer des ingénieurs, des scientifiques et des étudiants d'envergure. 6800 investisseurs, dont les investissements totaux dépassent 100 milliards de dirhams, constituent le premier lot de bénéficiaires de la «carte d'or».
Mohammed ben Rachid Al Maktoum est impliqué dans la création et la croissance rapide d'un certain nombre d'entreprises et d'actifs économiques clés à Dubaï. Un certain nombre de ces entreprises sont détenues par Dubai World et Dubai Holding.
Dubai World est lancé le 2 juillet 2006, en tant que société de portefeuille consolidant un certain nombre d'actifs, notamment ceux de la société de logistique DP World, du promoteur immobilier Nakheel Properties et de la société d'investissement Istithmar World. Avec plus de 50 000 employés dans plus de 100 villes à travers le monde, le groupe investit dans l'immobilier, dans la logistique et dans d'autres domaines commerciaux aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.
Dubai Holding est présent dans l'hôtellerie, les parcs commerciaux, l’immobilier et les télécommunications, à travers quatre unités opérationnelles : Jumeirah Group, TECOM Investments, Dubai Properties Group et Emirates International Telecommunications. Les unités opérationnelles du groupe d'investissement de la société comprennent Dubai Group et Dubai International Capital.