Mohammed Dib (en arabe : محمّد ديب) né le 21 juillet 1920 à Tlemcen et mort le 2 mai 2003 à La Celle-Saint-Cloud, est un écrivain algérien d'expression française, auteur de romans, de nouvelles, de poésie, de théâtre et de contes pour enfants.
Mohammed Dib naît le 21 juillet 1920 dans une famille de la petite bourgeoisie tlemcénienne. Son père, comme l'écrivain plus tard, a exercé plusieurs métiers : commerçant, menuisier-ébéniste, courtier dans l'immobilier. Son grand-père et son grand-oncle paternels furent au début du siècle des maîtres de la musique arabo-andalouse de la ville, à la tête de leur propre orchestre.
Selon le choix paternel, il fait ses études dans les écoles françaises, sans fréquenter l'école coranique.
En 1930, son père décède alors que ses affaires ont périclité, laissant sa famille dans une situation précaire. Sans être autobiographiques, les premiers romans de l'écrivain porteront l'empreinte de cette période difficile. Il poursuit malgré tout sa scolarité jusqu’au baccalauréat. C'est à cette époque qu'il commence à écrire, mais aussi à peindre.
Au sortir du lycée, en 1938, Mohammed Dib occupe un poste d'instituteur pendant une année au lieu-dit Zoudj Beghal, situé dans une région aride à la frontière algéro-marocaine. Il reviendra sur cette expérience dans un chapitre de Simorgh, « Incertaine enfance ».
En 1940, il est requis civil au Génie militaire à Tlemcen puis, en 1942, interprète-rédacteur français-anglais au Service Prêt-Bail à Alger. De retour à Tlemcen en 1944, Mohammed Dib exerce, jusqu'en 1947, différents métiers : comptable, dessinateur et fabricant de tapis, précepteur.
Il publie en 1946 — sous le nom de Diabi — un premier poème, « Été », dans la revue Lettres, fondée à Genève pendant Seconde Guerre mondiale par Pierre Jean Jouve, puis en 1947, le poème « Véga » dans la revue Forge dirigée à Alger par Emmanuel Roblès.
Il participe en 1948 aux Rencontres de Sidi Madani, organisées près de Blida par les Mouvements de Jeunesse et d'Éducation populaire. Il y fait la connaissance notamment d'Albert Camus, de Louis Guilloux, de Brice Parain, de Jean Cayrol (qui publiera ses premières œuvres au Seuil), de Jean Sénac, avec lesquels il se liera d'amitié. Il a déjà écrit sous forme de nouvelles la plupart des textes qui lui serviront à élaborer ses premiers romans. Il effectue cette même année son premier voyage en France métropolitaine.
De 1950 à 1952, Mohammed Dib vit à Alger et travaille comme journaliste à Alger républicain, journal proche du Parti communiste algérien. Il fait des reportages sur les mouvements sociaux en Algérie, écrit des articles engagés sur les conditions de vie des Algériens sous domination coloniale, et des chroniques culturelles. Il a pour collègue Kateb Yacine. Dans le même temps, il publie des poèmes et des nouvelles dans les revues de ses amis Jean Sénac et Emmanuel Roblès.
Il se marie à Alger en 1951 avec Colette Bellissant, la fille de son ami Roger Bellissant, un instituteur progressiste de Tlemcen.
Après avoir quitté en 1952 Alger républicain, Mohammed Dib fait un nouveau séjour en France alors que paraît aux Éditions du Seuil La Grande Maison, premier volet de sa trilogie Algérie. Malgré l'accueil réservé de la presse coloniale, ce premier roman est soutenu par la presse française, notamment par Louis Aragon et André Malraux. Les deux autres volets, L'Incendie et Le Métier à tisser, paraissent respectivement en 1954, année du déclenchement de la guerre, et en 1957. Les trois romans témoignent de la misère des villes et des campagnes sous la colonisation française, des grèves des ouvriers agricoles, des revendications nationalistes naissantes.
Il publie en 1956 son premier recueil de nouvelles, Au Café, chez Gallimard, puis en 1959, Baba Fekrane, un album de contes pour enfants, aux éditions La Farandole.
Jusqu'à son départ d'Algérie en 1959, Mohammed Dib est employé dans la correspondance et la comptabilité commerciale. Arrivé en France, il se fixe à Mougins, dans les Alpes-Maritimes, près de ses beaux-parents désormais retraités. Il effectue plusieurs voyages en Europe de l'Est.
En 1961, paraît son premier recueil de poésie, Ombre gardienne, préfacé par Aragon qui le soutient depuis les premiers romans, et avec lequel il a gardé des liens amicaux, publiant régulièrement dans Les Lettres françaises que dirige le célèbre poète français.
Parution des romans Qui se souvient de la mer (1962) puis Cours sur la rive sauvage (1964), qui marquent un tournant de son écriture vers le fantastique et l'allégorique.
Mohammed Dib s'installe en région parisienne, à Meudon en 1964, puis à La Celle-Saint-Cloud en 1967. Son second recueil de nouvelles, Le Talisman, paraît en 1966.
Un nouveau cycle romanesque voit le jour avec La Danse du roi (1968), Dieu en Barbarie (1970) et Le Maître de chasse (1973) qui explorent le devenir de la société algérienne post-indépendance, avec les désillusions qui déjà apparaissent. En 1970, sort au Seuil son deuxième recueil de poésie, Formulaires.
En 1974, la télévision algérienne adapte les deux premiers romans de la trilogie « Algérie » en feuilleton de douze épisodes sous le titre « El Harik » (l'incendie), interprété en arabe dialectal, avec Chafia Boudraa dans le rôle de Aïni, et Biyouna dans l’un de ses premiers rôles.