Mohamed Al-Fayed (en arabe : محمد الفايد), né le 27 janvier 1929 à Alexandrie et mort le 30 août 2023 à Londres, est un homme d'affaires égyptien installé au Royaume-Uni. Il a été, entre autres, propriétaire de l'hôtel Ritz à Paris, du magasin de luxe Harrods et du club de football de Fulham à Londres.
Fils aîné d'un modeste instituteur, Mohamed Al-Fayed occupe de nombreux emplois, vendant successivement du Coca-Cola dans les rues d'Alexandrie puis des machines à coudre.
En 1954, il se marie à Samira Khashoggi, sœur de l'homme d'affaires saoudien Adnan Khashoggi, qu'il avait rencontrée sur une plage d'Alexandrie. Ensemble ils auront un fils, Dodi Al-Fayed, né en 1955. Le mariage durera deux ans. Adnan Khashoggi l'emploie dans son affaire d'importation en Arabie saoudite et après s'être largement établi dans les cercles d'influences des Émirats arabes unis, Haïti et Londres, Fayed retourne en Égypte et y fonde sa propre compagnie maritime avant de devenir le conseiller financier de l'un des hommes les plus riches au monde, le sultan de Brunei, en 1966.
En 1974, il arrive en Grande-Bretagne et ajoute le « Al- (en) » à son nom (il sera surnommé « The Phoney Pharaoh », « Le pharaon bidon », par le journal Private Eye). Al-Fayed rejoint brièvement (neuf mois) le conseil d'administration du conglomérat minier Lonrho en 1975.
Époque Harrods et scandales financiers
En 1979, Mohamed Al-Fayed achète l'hôtel Ritz, un établissement de luxe parisien, avec son frère Ali pour 30 millions de dollars.
En 1985, il se remarie avec l'ancienne mannequin finlandaise Heini Wathén, avec laquelle il a quatre enfants : Jasmine, Karim, Camilla et Omar.
Cette même année, les deux frères rachètent la compagnie House of Fraser, incluant le fameux magasin londonien Harrods, pour 615 millions de £. L'affaire est faite sous le nez de Tiny Rowland, un homme d'affaires londonien alors à la tête de Lonrho. Rowland cherchait alors à acheter Harrods et envoya les Fayed devant le Department of Trade and Industry. L'enquête qui s'ensuivra, impliquant une des pires affaires d'inimitiés dans l'histoire du monde des affaires en Angleterre, s'achève en 1990 par un rapport déclarant que les frères Fayed avaient menti à propos de leurs curriculums et de leurs ressources financières. La querelle avec Rowland se poursuivra quand ce dernier les accusera d'avoir volé des millions en bijoux de son coffre-fort situé à Harrods. Al-Fayed règle le conflit après la mort de Rowland en versant de l'argent à sa veuve. Fayed, arrêté durant le litige, poursuit la Metropolitan Police en justice en 2002 ; il perd le procès.
En 1994, House of Fraser est mis en bourse ; Fayed reste propriétaire d'Harrods.
Pendant des années, il tente, sans succès, d'accéder à la citoyenneté britannique. Malgré le fait qu'il ait quatre enfants britanniques et qu'il paye des millions de livres d'impôt en Angleterre, les ministres chargés des affaires intérieures, travaillistes comme conservateurs, rejettent successivement, à plusieurs reprises, la candidature au motif qu'il a mauvaise réputation. Jouent aussi les accusations qu'il formule à l'encontre de la famille royale après la mort de son fils. Il porte l'affaire en justice, sans succès. Dans un effort pour améliorer son image, il offre des millions de livres à des œuvres de charité, tels que le Great Ormond Street Hospital, un hôpital pour enfants.
En octobre 1994, Mohamed Al-Fayed est impliqué dans un scandale politique, le « Cash for questions scandal (en) ». Il révèle à un journaliste du Guardian avoir payé deux membres conservateurs du Parlement, Neil Hamilton et Tim Smith, pour poser des questions pour son compte au Parlement, ce que certains observateurs voient comme un « coup monté » établi dans le but d'incriminer les ministres d'un gouvernement qui l'a « maltraité ». Les deux « M.P. » démissionnent du parlement [réf. nécessaire].
Il rend également public le fait que Jonathan Aitken, alors ministre de la Défense, a séjourné gratuitement à Paris au Ritz en même temps qu'un groupe de marchands d'armes saoudiens. Cette révélation réduit à néant une affaire de diffamation d'Aitken contre le quotidien britannique The Guardian et a pour résultat la condamnation pour parjure d'Aitken à dix-huit mois de prison.
Mort tragique de son fils et de Diana
Le fils de Mohamed Al-Fayed, Dodi Al-Fayed, alors compagnon de la princesse Diana qui a divorcé exactement un an plus tôt, trouve la mort avec celle-ci dans un accident de voiture à Paris le 31 août 1997.
À partir de février 1998, Mohamed Al-Fayed émet des allégations sur le fait que les morts n'étaient pas accidentelles mais plutôt le résultat d'une conspiration impliquant la reine Élisabeth II et le prince Philip, ainsi que le MI6. Fayed suggère que des membres de la famille royale, dont le prince Charles, ne supportaient pas la relation très médiatisée de Diana et de Dodi. Il évoque, de plus, la possibilité que la princesse ait été enceinte d’un enfant de Dodi (elle était déjà la mère du prince William et du prince Harry, tous deux prétendants au trône britannique), bien que leur relation n'ait commencé que peu de temps avant leur mort. Il dit qu'ils avaient l'intention d'annoncer publiquement leurs fiançailles le 1er septembre, soit le lendemain du drame.
En 1998, il aide à la fondation de The New School at West Heath en hommage à la défunte princesse Diana, contribuant d'environ 3 millions de livre sterling, par l'intermédiaire de sa propre fondation de charité, l'Al-Fayed Charitable Foundation.
En décembre 2000, Mohamed Al-Fayed retire de lui-même tous les Royal Warrants attribués historiquement au magasin Harrods. Aucun des membres de la famille royale britannique émetteurs de ces mandats n'a fait d'achat dans le grand magasin depuis la mort de Diana.
En 2003, Mohamed Al-Fayed déménage du Surrey au Royaume-Uni en Suisse, alléguant une infraction dans l'accord avec le département britannique chargé de la perception des taxes. En janvier 2005, un journal de Genève démontre qu'il déménage à nouveau à Monaco pour tirer profit d'un climat fiscal plus favorable. Mohamed Al-Fayed pense à présent prendre le passeport émirien et arrête de postuler à la citoyenneté britannique.