Ce Jour-là

Minitel

Type de terminal informatique

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Le Minitel (pour « Médium interactif par numérisation d'information téléphonique ») est un type de terminal informatique destiné à la connexion au service français de Vidéotex baptisé Télétel, commercialement exploité en France entre juillet 1980 et le 30 juin 2012. Il est le premier service au monde à donner accès à des services variés préfigurant ceux du futur Internet, et le plus développé en 1990. Il utilise pour cela le réseau français X.25 Transpac qui lui-même préfigure la future infrastructure de transmission d'Internet. Il connaît un succès considérable et reste longtemps en usage, y compris en concurrence d’Internet.

Par métonymie, le mot « Minitel » désigne aussi l'ensemble du service Vidéotex en France ainsi que les éléments de réseau (Télétel, concentrateurs, points d'accès) destinés à rendre ce service, mais ils se terminent réellement dans les années 2000.

Le Minitel est créé par le ministère des Postes et Télécommunications et il est utilisé en France des années 1980 aux années 2000.

Dans un article du Monde paru en septembre 1973 et titré « Une nouvelle révolution industrielle », le directeur général de la CERCI Philippe Sahut d'Izarn considère qu'« On peut définir l'informatique dans la vie de tous les jours comme une diffusion des points d'accès à l'informatique », et que ces derniers prendront la forme de terminaux installés chez les particuliers et reliés en réseau à des ordinateurs plus puissants. Dans ce même numéro, Le Monde estime que le « premier véritable terminal à domicile » « tel qu'il a été décrit par les spécialistes de la prospective », sera un téléphone, dont le cadran serait remplacé par un mini-clavier, pour communiquer avec un ordinateur, dont « certaines entreprises sont déjà équipées » et qui pourrait être expérimenté « d'ici deux ou trois ans » auprès des particuliers.

Le même article relate que l'année 1972 a « marqué un tournant » selon les professionnels français, car « cette fois, le coup d'envoi de la téléinformatique est donné », mais le principal problème est celui des programmes. En France, une expérimentation est prévue à L'Isle-d'Abeau. Plus généralement, une étude du BIPE évalue alors le marché français des terminaux de tout type à 600 millions de francs en 1975, et prévoyait une multiplication de ce nombre par 6 sous les cinq prochaines années.

En 1977, la remise au président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing du rapport sur l'informatisation de la société rédigé par Simon Nora et Alain Minc accélère la prise de conscience par les dirigeants et par l'opinion française d'une révolution technologique, baptisée « télématique » : la connexion à distance de terminaux permet la visualisation de données informatiques stockées dans des ordinateurs, à travers les réseaux de télécommunications.

Les ingénieurs du Centre national d'études des télécommunications (CNET), qui ont depuis la fin des années 1950 développé des systèmes de transmission et de commutation téléphonique, puis dans les années 1960 réalisé des ordinateurs, contribuent dans les années 1970 à former une vision de la télématique du futur. Ils sont soutenus pour cela par les moyens financiers considérables investis dans le plan de rattrapage téléphonique lancé en 1975. Dans ce cadre, le Centre commun d'études de télévision et télécommunications (CCETT) élabore les spécifications du réseau Transpac puis, sous la direction de Bernard Marti, spécifié le Minitel qui utilisera Transpac via des points d'accès spécialisés.

D'après Bernard Marti, c'est à Moscou, lors de la formation des ingénieurs russes à la technologie télétexte Antiope précédemment inventée au CCETT, que ces derniers demandent si cette technologie peut fonctionner via le téléphone. Les ingénieurs du CCETT élaborent alors une simulation de services interactifs (dont l'annuaire téléphonique) qui sera présentée en septembre 1977 à Berlin sous le nom de TITAN (Terminal interactif de télétexte Antiope). La démonstration convainc alors Gérard Théry, directeur de la DGT, de développer ce qui deviendra le réseau Télétel.

En 1978, la France décide de tirer parti de Transpac, son réseau de transmission de données, en lui ajoutant des points d'accès, via le réseau téléphonique, pour des terminaux peu onéreux, les Minitels. Cette décision est rendue publique par Gérard Théry, à l'Intelcom 79 de Dallas (Texas) qui réunit le gratin mondial des télécommunications. Il y annonce avec une certaine emphase le déclin de l'ère du papier[source insuffisante].

Le projet d'ensemble « Annuaire électronique et Minitel » (1979-1985) est supervisé par Jean-Paul Maury, directeur du projet. Le nom « Minitel » est trouvé par Roger Tallon, designer du TGV Atlantique et d'un prototype de terminal Télétex « VTX 120 » pour la Compagnie générale de constructions téléphoniques, qui ne sera pas retenu. D'après Bernard Marti, le nom « Minitel » serait l'acronyme de « Médium interactif par numérisation d'information téléphonique ».

À l'étranger, dans une ambiance d'émulation internationale, les ingénieurs américains, anglais ou allemands accompagnent les recherches des ingénieurs du Centre national d'études des télécommunications. Ainsi en Europe d'autres systèmes sont étudiés, tous fondés sur la norme Vidéotex : Prestel (en), le Ceefax, le Bildschirmtext.

En septembre 1973, Le Monde rapportait que le Japon comptait en 1972 plus de 130 000 postes à clavier répartis entre Tokyo et Osaka, dont 60 % permettant d'accéder au réseau mis au point par le ministère des télécommunications pour consulter une bibliothèque d'une centaine de programmes scientifiques, mais que la concurrence des calculettes, déjà « baptisées bien souvent micro-ordinateurs » limite le nombre de consultations à 8 000 appels par jour en moyenne. Le Japon veut alors investir 3 milliards de yens dans un réseau de transmission par câble coaxial reliant 300 familles-test à un centre de télévision et d'informatique pour faire du télé-shopping, suivre des cours, lire leur journal, « réserver des places ou régler des factures ».

Aux États-Unis est élaboré le système NAPLPS. Conçu comme vecteur de vente à domicile, il met l'accent sur un affichage en couleurs de qualité photographique. Mais la déception est sévère en raison du coût des composants et du faible débit des lignes de l'époque — surtout aux États-Unis : l'affichage de certaines pages pouvait prendre une durée de six minutes. Le mélange de texte et graphiques, qui ne posait pas de problème avec les caractères semigraphiques élémentaires du Minitel, n'était pas possible sans faire monter le coût de réalisation du terminal à des valeurs prohibitives en mémoire vive et en mémoire morte[réf. nécessaire].

En France, la phase d'expérimentation de Télétel et du Minitel commence en 1980 à travers plusieurs opérations sur le terrain.

Alors qu'il est prévu de fabriquer 30 millions de Minitels, Valéry Giscard d’Estaing, devant le lobby de la presse qui voit un concurrent dans cette nouvelle technologie, se ravise et décide de lancer des expérimentations.

En juillet 1980, à Saint-Malo, les 55 premiers utilisateurs de l'annuaire électronique sont équipés (20 entreprises et 35 particuliers). L'expérience de Saint-Malo s'achève en décembre 1982.

Parallèlement, en 1981, 4 000 Minitels sont distribués en Ille-et-Vilaine. Il s'agit de tester ce nouveau service chargé de remplacer l'annuaire papier. Il doit aussi alors alléger le service traditionnel des renseignements, passablement saturé devant la croissance du parc téléphonique fin des années 1970. Il se justifie aussi par l'efficacité d'un service de renseignements recouvrant l'ensemble des abonnés au téléphone en forte croissance. Les publications des annuaires papier, constamment dépassées, créent une forte demande sur les renseignements téléphoniques alors assurés par des fonctionnaires des PTT.

Afin de désamorcer tout contentieux éventuel avec la presse quotidienne nationale et régionale face aux inquiétudes déontologiques, économiques et juridiques l'Administration des PTT organise une autre expérience incluant d'autres services (petites annonces, informations, messageries) qui se déroule à Vélizy. À l'automne 1980, 2 500 foyers volontaires de Versailles, Vélizy-Villacoublay, Jouy-en-Josas, Buc, Bièvres et Les Loges-en-Josas reçoivent un terminal Vidéotex. Du côté des services, près de 200 fournisseurs participent à l'expérience, se donnant ainsi l'occasion de tester ce nouveau moyen de communication auprès du public. Les services remportant la plus large adhésion sont les annuaires téléphoniques pages blanches et pages jaunes (services gratuits), la presse, la vente par correspondance, la SNCF, les banques ainsi que la messagerie.

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