Le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique est le ministère chargé de la gestion des finances publiques et de la politique économique de l'État français. Par métonymie, le terme « Bercy » est souvent employé pour le désigner depuis son installation en 1988 dans le quartier de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris.
Selon les époques et les gouvernements, Bercy peut être séparé entre deux ministères de plein exercice : d’une part, un ministère chargé du budget (qui est notamment chargé de la gestion des lois de finances et des décisions budgétaires) et, d’autre part, un ministère chargé de l'économie et de la régulation du secteur financier. En outre, du fait de l'ampleur des politiques publiques gérées à Bercy, les ministères de plein exercice sont généralement secondés par des ministères délégués ou des secrétariats d’État, en particulier pour le numérique, l'industrie, le commerce extérieur, le commerce, les petites et moyennes entreprises, l’artisanat ou le tourisme. Rattachés à un même secrétariat général, ces ministères sont désignés comme les « ministères économiques et financiers ».
Les principales directions ministérielles de ce ministère sont la direction du Budget (DB), la direction générale des Finances publiques (DGFiP), la direction générale du Trésor (DG Trésor), la direction générale des Entreprises (DGE), l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI), la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) ou encore l’Inspection générale des finances (IGF).
Ce ministère fait partie des ministères dits régaliens avec les ministères des Armées, de la Justice, de l'Intérieur et de l'Europe et des Affaires étrangères.
Depuis le 5 octobre 2025, Roland Lescure est ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique dans le gouvernement Lecornu I. Il est reconduit dans le gouvernement Lecornu II.
La vocation historique de ce ministère est la gestion des finances publiques, c'est-à-dire le recouvrement des impôts, le suivi de la dépense de l'État. À partir du XIXe siècle, s'ajoutent la préparation du budget et la participation au débat parlementaire des lois de finances ; les fonctions de politique économique voire de politique industrielle se sont ajoutées au XXe siècle.
La fonction de ministre des finances remonte à l'Ancien Régime, sous le nom de surintendant des finances, puis de contrôleur général des finances de 1661 jusqu'à la Révolution. En 1791, les Finances furent divisées en deux administrations différentes, celle des «Contributions et Revenus publics », gérée par un ministre, et celle de la « Trésorerie nationale », gérée par un comité de six membres. Par la suite, la fonction prendra le titre de ministre des finances, auquel seront souvent associées des fonctions connexes à partir du XXe siècle.
L’ensemble des administrations rattachées au ministère de l'Économie et des Finances peuvent être dirigées par deux, trois, voire, entre 2012 et 2014, par quatre ministres de plein exercice. Le nom et les attributions précises du ou des ministres ont été modifiés quasiment à chaque nouveau gouvernement.
Sous le Premier Empire, le ministère des Finances était sis dans l'hôtel de Lionne, rue des Petits-Champs, qui avait été celui du Contrôle général à la fin de l'ancien régime, et le ministère du Trésor dans l'hôtel Tubeuf.
C'est le ministre Joseph de Villèle qui réunit en 1824 tous les services du ministère dans le nouvel hôtel des Finances du Mont-Thabor, un bâtiment initialement prévu pour un hôtel des postes, construit de 1815 à 1824, qui s'étendait à l'emplacement des numéros actuels 234 à 244 de la rue de Rivoli, entre la rue de Castiglione et la rue Cambon.
Cet immeuble détruit en 1871 par un incendie au cours de la Commune a été reconstruit sous une apparence identique mais a changé d'affectation et le ministère a été transféré de l'autre côté de la rue dans l'aile Richelieu du Louvre où étaient installés auparavant sous le Second Empire, les bureaux et les salles de réception du ministre Achille Fould. Le ministère y est resté jusqu'à son transfert à Bercy dans les années 1980.
La fonction de ministre chargé du budget fait partie des attributions fondamentales de ce ministère. Cette fonction a été occupée par un ministre de plein exercice (« ministre du budget ») dans les gouvernements Bérégovoy (1992-1993) et Balladur (1993-1995), et également sous un nom différent dans les gouvernements Fillon I, II et III (2007-2012), et Valls I et II (2014-2016) (« ministère des Finances et Comptes publics »).
La fonction de ministre chargé du budget est souvent liée voire synonyme de celle de ministre chargé des finances, hormis le cas particulier de la période 2007-2012 pendant laquelle des dénominations inhabituelles ont été retenues : coexistence d'un ministre « chargé du budget et des comptes publics » (Éric Woerth, François Baroin puis Valérie Pécresse) et d'un ministre « chargé des finances » (Christine Lagarde puis François Baroin).
La fonction de ministre chargé de l'économie est apparue dans les années 1930, sous le nom de « ministre de l'Économie nationale ». En 1946, pour la première fois, est prévue de manière explicite une fonction de ministre ayant pour attribution à la fois la gestion des finances publiques et la mise en œuvre de la politique économique de la France, sous l’intitulé de ministère de l’Économie nationale et des Finances.
La fonction de ministre chargé de l’industrie est apparue dans certains gouvernements de la Cinquième République, le plus souvent associé à un autre portefeuille (« Commerce et Industrie » (1886), « Économie nationale, Commerce et Industrie » (1930), « Développement industriel et scientifique », « Industrie et Recherche », « Industrie, Commerce et Artisanat » (1974), « Industrie, Commerce extérieur, Aménagement du territoire », « Industrie, Postes et Télécommunications, Commerce extérieur », « Économie, des Finances et de l’Industrie »). Dans les gouvernements Pompidou, Couve de Murville, Barre III, Mauroy I et Mauroy II, un ministre de plein exercice est chargé exclusivement de l’Industrie. Entre 2012 et 2014 dans le gouvernement Ayrault II, l'intitulé de « ministre du Redressement productif », regroupant l'industrie et l'économie, est attribué à Arnaud Montebourg. L’industrie a été rattaché au ministère de l'économie pour la première fois dans le gouvernement Jospin (1997-2002), puis dans tous les gouvernements jusqu’en 2012, à la courte exception du gouvernement Fillon I.
De nombreux autres portefeuilles ont fait partie ou font encore partie du ministère comme le commerce extérieur, apparu dans les années 1960, qui lui fut régulièrement rattaché jusqu'en 2012, comme le numérique dans les attributions du ministère depuis 2010, comme la fonction publique entre 2007 et 2012 ou comme les apparitions brèves de ministres ou secrétaires d'État chargés de l'économie sociale et solidaire, de la consommation, du commerce, de l'Artisanat, des Professions libérales ou des PME.
Entre 2007 et 2010, le suivi de la politique de l'emploi, historiquement rattaché au ministère chargé du travail ou des affaires sociales, est regroupé avec l'économie et les finances, et est confié à Christine Lagarde dans les gouvernements Fillon I et II.
Dans le gouvernement Chirac II (1986-1988), le ministère se nommait « ministère de l'Économie, des Finances et de la Privatisation ».