Ce Jour-là

Mikhaïl Boulgakov

Médecin et écrivain soviétique d'origine ukrainienne

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Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (en russe : Михаил Афанасьевич Булгаков), né le 3 mai 1891 (15 mai dans le calendrier grégorien) à Kiev et mort le 10 mars 1940 à Moscou, était un écrivain et médecin russe puis soviétique.

Mikhaïl Boulgakov travailla d'abord comme médecin durant la Première Guerre mondiale, la Révolution russe et la guerre civile russe. À partir de 1920, il abandonna cette profession pour se consacrer au journalisme et à la littérature, où il fut confronté, tout au long de sa carrière, aux difficultés liées à la censure soviétique.

Mort à 48 ans, il a écrit pour le théâtre et l'opéra, mais est surtout connu pour des œuvres de fiction comme les romans La Garde blanche, paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière, achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962 et de manière intégrale en 1989), ou la nouvelle Cœur de chien achevée en 1925, mais publiée en URSS en 1987.

Son œuvre la plus connue est Le Maître et Marguerite, roman réécrit à plusieurs reprises et retravaillé entre 1928 et 1940, puis publié en URSS dans son intégralité pour la première fois en 1973. Il y mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte qu’ils se confondent, ainsi que les époques et les lieux : Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature stalinienne.

Mikhaïl Boulgakov est le fils aîné d'Afanassi Ivanovitch Boulgakov, d'origine russe, fils d'un prêtre d'Orel et lui-même maître de conférences en histoire des religions occidentales à l'Académie de Kiev, et de Varvara Mikhaïlovna, également d'origine russe, née Pokrovskaïa, fille d'un archiprêtre de Karatchev (à l'époque dans le gouvernement d'Orel, actuellement dans l'oblast de Briansk), qui fut enseignante avant son mariage. La grand-mère maternelle de Boulgakov est née Tourbine. Naissent ensuite quatre sœurs : Vera en 1892, Nadejda en 1893, Varvara en 1895 et Elena en 1902, et deux frères : Nikolaï en 1898 et Ivan (Vania) en 1900.

En 1901, Mikhaïl entre au lycée Alexandrovski de Kiev. La même année, les Boulgakov font bâtir une datcha à Boutcha, à 30 kilomètres de Kiev, où ils se réunissent l'été et organisent des spectacles d'amateurs familiaux et amicaux. La famille aime et pratique la musique. Mikhaïl apprend le piano. À Kiev, après six déménagements, les Boulgakov s'installent, en 1906, dans un appartement loué au 13, descente Saint-André (qui sera le cadre du roman La Garde blanche). Au début de l'année 1907, Afanassi Boulgakov se voit conférer par l'académie ecclésiastique le titre de docteur, le grade de professeur et une retraite correspondant à trente ans de service (alors qu'il n'en a accompli que vingt-deux). Mais souffrant de graves complications d'une hypertension artérielle et devenu aveugle, il meurt en 1907 des suites d'une insuffisance rénale causée par une néphroangiosclérose.

À l'été 1908, Boulgakov fait la connaissance de celle qui sera sa première épouse, Tatiana (Tassia) Lappa, fille du directeur des douanes de Saratov. En juin 1909, il termine ses études secondaires, qui ont été très honorables malgré un penchant marqué pour les mystifications et les surnoms. Il s'inscrit à la rentrée à la faculté de médecine de l'université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev, où il obtiendra son diplôme de médecin en 1916.

À cette époque, ses opinions sont monarchistes et libérales. Le centre de sa vie est le cercle familial, élargi à de nombreux cousins et camarades. Il a déjà une passion pour le théâtre et l'opéra et fréquente assidûment l'opéra de Kiev et le théâtre Solovtsov. En 1913, Boulgakov épouse Tatiana Lappa. L'année suivante, en vacances chez sa belle-famille à Saratov quand éclate la guerre, il travaille durant tout l'été à l'hôpital de secours fondé dans la ville pour accueillir les blessés. En avril 1916, il est reçu avec mention aux examens terminaux, anticipés en raison de la guerre et s'enrôle immédiatement comme médecin volontaire dans la Croix-Rouge.

En septembre 1916, il est convoqué à Moscou, où on lui signifie son affectation, en qualité de réserviste de la défense territoriale de 2e classe dans un hôpital civil du gouvernement de Smolensk, au village de Nikolskoïé, à quarante verstes du chef-lieu de district de Sytchiovka (expérience qui lui inspirera les Carnets d'un jeune médecin). Accablé de travail et de responsabilités très lourdes pour un jeune médecin isolé, il s'acquitte avec conscience de sa tâche. Par ailleurs, il devient morphinomane, à la suite d'une allergie au sérum antidiphtérique dont il a été soulagé par des injections de morphine. Au printemps 1917, il bénéficie de deux congés, l'un qu'il passe à Saratov, où il apprend les premiers événements de la révolution de Février à Petrograd, l'autre à Kiev.

À l'automne, il est muté à hôpital de Viazma, où il est moins pris par son travail et commence à écrire plusieurs récits, dont aucun n'a été conservé : Maladie (première version de Morphine), inspiré de sa morphinomanie, Le Dragon vert, Carnets d'un jeune médecin (titre qui deviendra celui d'un ensemble de récits achevés en 1925-1926), Première floraison. En décembre, alors que les bolcheviks, arrivés au pouvoir à l'occasion de la révolution d'Octobre, ont été chassés de Kiev (Nikolaï Boulgakov a participé, comme junker, à la résistance de la ville) et que la Rada, assemblée nationaliste ukrainienne, proclame la République populaire ukrainienne, Boulgakov est à Moscou, occupé par des démarches pour se faire libérer du service militaire, sans résultat. De retour à Viazma, il attend jusqu'au 22 février 1918 pour être libéré de ses obligations militaires et rentre à Kiev par Moscou.

Installé avec sa femme, ses frères et ses sœurs au 13, descente Saint-André, il ouvre un cabinet médical de vénérologie. Sa mère, remariée avec le docteur Voskressenski, habite au 56 de la même rue. Au printemps 1918, avec l'aide de sa femme et de son beau-père, Boulgakov parvient enfin à se libérer complètement de sa morphinomanie. À Kiev, il est témoin de l'évolution de la situation, entre le gouvernement du hetman Pavlo Skoropadsky, créature de l'occupant allemand, les nationalistes ukrainiens, dirigés par Symon Petlioura, l'Armée des volontaires (future Armée blanche), organisée en octobre 1918 par le général Anton Ivanovitch Dénikine pour arrêter l'avance des bolcheviks, et le corps expéditionnaire franco-britannique envoyé en novembre en mer Noire. Kiev, à l'époque, sert de centre de ralliement de tous les réfugiés du nord fuyant le gouvernement communiste.

Ces événements, et plus particulièrement la prise de Kiev par les troupes de Simon Petlioura, constituent la toile de fond de La Garde blanche et des Jours des Tourbine. Mobilisé par le Directoire d'Ukraine, dont les Français se sont institués protecteurs, en s'entendant avec les généraux monarchistes Dénikine et Krasnov, Boulgakov assiste à des scènes sanglantes, notamment des crimes antisémites, et à l'évacuation de Kiev par Petlioura, menacé d'encerclement par les bolcheviks, le 5 février 1919, événements dont on trouve la trace dans La Garde blanche, Les Aventures extraordinaires du docteur N. et La Nuit du 2 au 3. Il parvient à s'échapper de l'armée en déroute de Petlioura au bout de deux jours, dans la nuit du 2 au 3 février 1919.

Le 1er septembre, sous la double pression des nationalistes ukrainiens et d'un corps de l'Armée des Volontaires russe anticommunistes, les bolcheviks évacuent Kiev. Ivan et Nikolaï Boulgakov s'engagent dans l'armée de Dénikine. Boulgakov est hanté par les dangers que ses frères courent dans le Sud, hantise qui lui inspirera La Couronne rouge. Lui-même est réquisitionné par l'Armée blanche en tant que médecin, fin septembre ou début octobre, et rejoint Vladikavkaz. Le 13 novembre 1919, il publie dans Grozny, journal soutenant Dénikine, un article violemment antibolchévique, très pessimiste, intitulé « Perspectives d'avenir », qu'il signe « M. B. ».

En 1920, installé à Vladikavkaz, Boulgakov décide d'abandonner la médecine pour se consacrer à l'écriture. Il publie plusieurs récits (Au café le 5 janvier, un récit sous-titré « Tribut d'admiration » le 6 ou le 7 février) et collabore à un éphémère journal blanc.

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