Microsoft Corporation (/ˈmaɪkɹəˌsɔft ˌkɔɹpəˈɹeɪʃən/ ) est une multinationale informatique et micro-informatique américaine, fondée le 4 avril 1975 par Bill Gates et Paul Allen. La firme fait partie des géants du Web, appelés GAFAM (avec Google, Apple, Facebook et Amazon), ainsi que des principales capitalisations boursières du NASDAQ, aux côtés d'Apple et d'Amazon. En 2026, son chiffre d'affaires s'élevait à 331,8 milliards USD pour un bénéfice net de 133,7 milliards USD. Elle est dirigée, depuis le 4 février 2014, par Satya Nadella qui succède à Steve Ballmer et Bill Gates en qualité de directeur général. En 2020, l'entreprise emploie 148 000 personnes dans 120 pays.
Son activité principale consiste à développer et vendre des systèmes d'exploitation, des logiciels et des produits matériels dérivés. Les meilleures ventes historiques sont portées par les systèmes d'exploitation MS-DOS puis Microsoft Windows, et la suite bureautique Microsoft Office, qui alimentent à présent une politique de diversification. Windows a atteint une position dominante sur les ordinateurs personnels, avec 90 % de parts de marché dans le monde des PC Desktop (ZDNET, juin 2019, cumul Windows 7, Windows 10). Microsoft est présent dans l'informatique en nuage (Microsoft Azure), les sites Web (moteur de recherche Microsoft Bing, réseau social LinkedIn, messagerie électronique Outlook.com), les consoles de jeu vidéo (Xbox) et les tablettes PC (Microsoft Surface).
La vigoureuse stratégie commerciale menée par Microsoft lui a valu des déboires judiciaires, notamment aux États-Unis et dans l'Union européenne. Cette stratégie s'est notamment appuyée sur le principe d'Embrace, extend and extinguish, l'abus de position dominante de Microsoft Windows, et la vente liée.
Microsoft est présent dans les pays suivants : Irlande, Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Autriche, France, Suisse, Italie, Finlande, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Turquie, Émirats arabes unis et la Pologne offrant une grande variété de produits et de services. Microsoft est également présent dans d'autres pays, où ils réalisent des fonctions de support, comme : Australie, Argentine, Brésil, et la république de l'Inde.
Création et début de l'entreprise
La société est née en avril 1975 sous le nom original de Micro-Soft, à Albuquerque, dans le Nouveau-Mexique, du besoin de deux étudiants américains, Bill Gates et Paul Allen, de formaliser la vente de l'interpréteur de langage informatique BASIC : Altair BASIC adapté par eux deux et Monte Davidoff (ou qu’ils avaient acheté à partir d’un freeware), pour ce qui est considéré comme le premier ordinateur personnel américain, l'Altair 8800, de la société MITS, avec le premier langage de programmation pour micro-ordinateur de l'histoire de l'informatique. La marque Microsoft (Le trait d'union disparaîtra quelques années plus tard) fut déposée le 26 novembre 1976.
À l'origine, la société avait été fondée pour développer et vendre des programmes informatiques BASIC pour l'Altair 8800, puis elle est devenue un des sous-traitants d'IBM. Pour de nombreux historiens, la décision d'IBM de confier en 1979 le soin d'écrire le système d'exploitation de ses micro-ordinateurs à un éditeur de logiciels aussi peu expérimenté que Microsoft, vient de la « peur des juges » ressentie par IBM après de longues années de conflit judiciaire lors des procès anti-monopole contre IBM des années 1960 et 1970.
Microsoft a par la suite réussi à dominer le marché du système d'exploitation de l'ordinateur personnel avec MS-DOS au milieu des années 1980. Elle a pu ensuite s'affranchir d'IBM. L'introduction en bourse de la société, et l'envolée du prix des actions qui s'ensuivit, ont fait quatre milliardaires et environ 12 000 millionnaires parmi les employés de Microsoft.
Au cours de son histoire, la société a été critiquée pour abus de position dominante, parfois devant la justice américaine et européenne, ou pour des copies, ces dernières critiques s'étant atténuées après la paix Apple-Microsoft de 1997.
Ce premier contrat de Microsoft représenta le véritable tour de force de Bill Gates, étant peut-être même plus important pour cette société que le rôle que jouera ensuite MS-DOS : contrairement à ce qui se faisait à l'époque, où les constructeurs achetaient aux éditeurs leurs logiciels avec tous les droits, Bill Gates et Paul Allen demandèrent de recevoir chacun trois mille dollars pour leur Altair BASIC tout en restant propriétaires, et ne concédèrent qu'une licence à MITS, qui devait leur reverser trente-cinq dollars par exemplaire distribué. À titre indicatif le prix de vente de l'Altair 8800 étant de 397 dollars, la licence de Microsoft en représentait donc 8,8 %. C'est ainsi que le BASIC de Microsoft se retrouva dans deux micro-ordinateurs populaires introduits en 1977 : le PET de Commodore et le TRS-80 de Tandy.
Au cours de cette période, l'informatique évolue et dépend moins des « grands systèmes IBM », les constructeurs proposant une informatique plus décentralisée. En 1980, IBM s'apprêtant à lancer l'IBM PC, a demandé son BASIC (dont une version en mémoire ROM) à Microsoft. IBM a, par ailleurs, demandé à la société Digital Research, dirigée par Gary Kildall, de lui fournir une version de son système d'exploitation CP/M.
L'histoire du contrat manqué par Gary Kildall est très controversée. La version avancée par de nombreuses personnes, dont Tim Paterson, qui sera bientôt amené à travailler pour Microsoft, et la moins contestée, affirme que Kildall et son ancienne épouse, Dorothy McEwen, auraient refusé de signer un accord de confidentialité. De plus, ils ont refusé de modifier CP/M-86, ont demandé une redevance plus élevée, et surtout, le CP/M 86 étant totalement exempt de bugs, n'ont pas autorisé IBM à en modifier le codage.
IBM se tourna alors vers Microsoft, et voulut sous-traiter CP/M pour l'IBM PC. Le contrat avec Microsoft ne le permettant pas, celui-ci dépensa 25 000 $ en décembre 1980 pour une licence non exclusive pour un système d'exploitation, disponible à un stade expérimental, clone de CP/M, le QDOS (« Quick and Dirty Operating System », littéralement « système d’exploitation vite et mal fait »). En mai 1981, Microsoft engagea Tim Paterson pour porter QDOS sur l'IBM PC. En juillet 1981, Microsoft acheta tous les droits sur 86-DOS pour cinq mille dollars. IBM vit ainsi sauvé son projet d'IBM PC, mais au prix, qu'elle ignora, de la perte de sa position dominante : cet accord va permettre de réaliser des clones, et surtout, à IBM d'empocher des redevances sur le MS-DOS pour les correctifs qu'elle y a apportés (débogage). IBM avait détenu jusqu'à 66 % du marché des mainframes propriétaires ; sa part du marché des PC ne dépassa jamais un maximum de 21 %, atteint vers 1983, puis a décliné pour placer ce constructeur derrière Dell et Compaq (aujourd'hui intégrée par Hewlett-Packard), situation devenue marginale, inimaginable en 1981.
Microsoft vendit donc à IBM des licences pour ce système d'exploitation tiers, le 86-DOS, écrit par Tim Paterson de Seattle Computer Products pour le microprocesseur Intel 8086 (le Intel 8088 qui équipa le Compatible PC est compatible avec le Intel 8086, et juste un peu moins rapide que ce dernier, et possède le même langage machine). Le MS-DOS devint ainsi l'un des trois systèmes d'exploitation disponibles pour l'IBM PC, avec CP/M 86 (Gary Kildall mis face à une concurrence a fini par se laisser convaincre) et PC/IX, une version d'UNIX ne possédant pas de mode de protection mémoire. Microsoft a acheté pour 50 000 dollars le logiciel qui va ériger son empire, même si elle a dû en compléter le développement pour répondre au cahier des charges d'IBM. Celui-ci fut édité sous le nom d'IBM PC-DOS 1.0 lors de l'introduction des IBM PC sur les marchés anglophones, le 12 août 1981. Étant plus léger, moins cher et rendu plus disponible que ses deux concurrents, il devint rapidement le système d'exploitation installé d'office sur les IBM PC, puis plus tard des Compatible PC.