Ce Jour-là

Michelle Bachelet

Femme d'État chilienne

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Michelle Bachelet ([miˈtʃel βatʃeˈlet]), née le 29 septembre 1951 à Santiago, est une femme d'État chilienne. Elle a été présidente de la république du Chili du 11 mars 2006 au 11 mars 2010 et du 11 mars 2014 au 11 mars 2018.

Membre du Parti socialiste du Chili, elle est ministre de la Santé, puis de la Défense dans les gouvernements de Ricardo Lagos.

Elle est présidente de la république du Chili, une première fois, de 2006 à 2010. Elle est la première femme à occuper ce poste. À ce titre, elle est présidente de l'Union des Nations sud-américaines de 2008 à 2009 et est à la tête de l'ONU Femmes de 2010 à 2013. Elle est à nouveau présidente de la république du Chili de 2014 à 2018, mais son second mandat est marqué par une dégradation de la situation économique et par son faible niveau de popularité.

Elle a été Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de 2018 à 2022.

Verónica Michelle Bachelet Jeria, dite Michelle Bachelet, dont le prénom a été choisi en hommage à Michèle Morgan, est la fille du général de l'armée de l'air Alberto Bachelet d'ascendance française (vignerons de Bourgogne à Chassagne-Montrachet en Côte-d'Or, d'où émigra en 1869 son arrière-arrière-grand-père, le vigneron Louis-Joseph Bachelet), et de l'anthropologue Ángela Jeria. Son père est entré en franc-maçonnerie sur l'insistance de son grand-père maternel, pacifiste et lui-même maçon.

Durant le gouvernement du président Salvador Allende, le général Bachelet est nommé à la tête du Bureau de distribution de produits alimentaires. Après le coup d'État du 11 septembre 1973, accusé de trahison, il est détenu et torturé par la dictature du général Pinochet. En mars 1974, il meurt d'un arrêt cardiaque – en raison probablement des mauvais traitements subis durant son emprisonnement – en présence de son compagnon d'infortune le général Sergio Poblete, tandis que sa femme et sa fille sont également incarcérées et torturées dans le centre de détention de la Villa Grimaldi à Santiago.

Après avoir été réfugiée politique, Michelle Bachelet a élevé seule ses trois enfants.

Après avoir fréquenté un lycée pour jeunes filles dans lequel elle obtient le baccalauréat en 1969, Michelle Bachelet fait des études de médecine à la faculté de l'université du Chili. En 1975, après avoir été libérées par le régime militaire, Michelle et sa mère se réfugient en Australie, où vit son frère depuis 1969. Puis, elle part étudier l'allemand à l'université de Leipzig et poursuit ses études médicales à l'université Humboldt de Berlin.

Elle revient s'installer au Chili en 1979, pour y achever ses études en 1982 avec l'obtention d'un diplôme de chirurgien. De 1983 à 1986, elle s'est spécialisée dans la pédiatrie et la santé publique dans les services de l'hôpital pour enfants Roberto del Río.

C'est à cette époque que Michelle Bachelet s'engage en politique, militant pour le rétablissement de la démocratie, tout en participant à des ONG d'aide aux enfants des personnes torturées et disparues : de 1986 à 1990, elle dirige l'une de ces organisations, la PIDEE (Protección a la Infancia Dañada por los Estados de Emergencia).

Elle adhère au Parti socialiste dans les années 1970 dont elle devient membre du comité central en 1995 et, de 1998 à 2000, fut également membre du bureau politique. En 1996, sous les couleurs socialistes, elle se présente aux élections municipales à Las Condes, dans la banlieue de Santiago, mais n'y obtient que 2,35 % des suffrages.

Après la restauration d'un régime démocratique en 1990, Michelle Bachelet travaille pour le ministère de la Santé et comme conseillère pour l'Organisation panaméricaine de la santé, l'Organisation mondiale de la santé et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ).

De 1994 à juillet 1997, elle exerce les fonctions de conseillère au cabinet du secrétaire d'État à la Santé. Intéressée par les relations entre le monde civil et l'armée, elle entreprend des études de stratégie militaire à l'Académie nationale des études politiques et stratégiques (Anepe) au Chili, obtenant la première place de sa promotion, ce qui lui permet de continuer des études aux États-Unis, au collège interaméricain de défense, tout en bénéficiant d'une bourse présidentielle. En 1998, elle revient au Chili pour travailler comme conseillère auprès du ministre de la Défense, et est encore diplômée, après avoir suivi un cursus de science militaire auprès de l'Académie de guerre de l'armée chilienne.

Le 11 mars 2000, elle est nommée ministre de la Santé par le président Ricardo Lagos, puis, le 7 janvier 2002, ministre de la Défense, devenant la première femme à occuper ce poste en Amérique latine.

Campagne présidentielle de 2005

Au cours de l'année 2004, constatant sa brusque hausse de popularité dans les sondages d'opinion, et avec les encouragements implicites du président Lagos, Michelle Bachelet décide de se présenter à l'élection présidentielle devant se tenir le 11 décembre 2005, et démissionne du gouvernement afin de préparer sa campagne. Une élection primaire aurait normalement dû se tenir au sein de la Concertation afin de désigner le candidat unique des quatre formations coalisées. Toutefois, sa seule rivale potentielle, la démocrate-chrétienne Soledad Alvear, ancienne ministre dans les deux derniers gouvernements de la Concertation, se retire de la course en raison d'un manque de soutien au sein de son propre parti et de sa faible cote de popularité dans les sondages.

Les principaux rivaux de Michelle Bachelet, pour le premier tour de l'élection présidentielle du 11 décembre 2005, sont, à droite, Joaquín Lavín, soutenu par l'Union démocrate indépendante (UDI, Unión Demócrata Independiente) et, au centre-droit, Sebastián Piñera, soutenu par Rénovation nationale (RN). Joaquín Lavin avait déjà été candidat à l'élection présidentielle de 1999, obtenant 47,52 % des voix au premier tour, et 48,69 % au second tour, face à Ricardo Lagos. Au soir du premier tour, Michelle Bachelet arrive en tête avec 45,96 % des voix devant le candidat de Rénovation nationale, Sebastian Piñera (25,41 %), celui de l'UDI Joaquín Lavín (23,23 %) et celui de l'extrême-gauche, Tomás Hirsch (5,40 %).

Le 15 janvier 2006, Michelle Bachelet remporte la présidentielle par 53,5 % des voix contre 46,5 % à son adversaire de droite Sebastián Piñera. C'est une victoire historique car c'est la première fois en Amérique du Sud qu'une femme est élue présidente au suffrage universel direct.

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