Michel de Grosourdy de Saint-Pierre (Blois, 12 février 1916 – Saint-Pierre-du-Val (Eure), 19 juin 1987), est un écrivain et journaliste français, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, puis engagé politiquement en faveur d'options catholiques traditionalistes et conservatrices.
Michel de Grosourdy de Saint-Pierre est issu d'une famille de la noblesse de Normandie. Il est le fils de Louis de Grosourdy de Saint-Pierre et d'Antoinette de Pechpeyrou Comminges de Guitaut. Il porte le titre de marquis dans la Noblesse pontificale.
Il est élève au collège Saint-Jean-de-Béthune à Versailles. Bachelier en philosophie, il étudie à la Faculté des lettres de Paris où il obtient une licence de lettres classiques. Il abandonne ensuite ses études pour devenir manœuvre aux ateliers métallurgiques des Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire en 1934. Il s’engage ensuite dans la Marine en tant que matelot de pont.
Il s'affirme progressivement comme écrivain, de nouvelles, de romans et d'essais. Il est en parallèle agent d'une maison d'import-export, brièvement, journaliste, dans des périodiques catholiques, et directeur de collections, aux éditions de la Table ronde où il assure aussi les fonctions d'agent littéraire, de conseiller et aussi d'administrateur, et aux éditions France-Empire.
Il obtient un premier prix littéraire en 1951, décerné par la Société des gens de lettres, pour son roman La Mer à boire. Son premier roman à succès, Les Aristocrates, est publié en 1954. Il peint avec finesse la vie d'une certaine noblesse française, tiraillée entre tradition et modernité, sens du devoir et aspiration à la liberté. Il reçoit en 1955 pour ce livre le grand prix du roman décerné par l'Académie française. Il sera adapté à l'écran par Denys de La Patellière. En 1961, il écrit par la suite, "Les Nouveaux Aristocrates", porté à l'écran par Francis Rigaud.
En 1959, il adapte son roman Les écrivains pour le théâtre ; la pièce est jouée au théâtre des Mathurins.
Romancier prolifique, Michel de Saint-Pierre est un fidèle ami d'Henry de Montherlant, à qui il est apparenté, et de Jean de La Varende avec lesquels il entretient une correspondance soutenue. Ses œuvres, écrites dans un style vigoureux, empreint d'une vaste culture et de douce ironie, touchent aussi par la foi de leurs personnages, aux prises avec un monde qui semble perdre le sens de ses racines et de Dieu.
En 1975, dans Je reviendrai sur les ailes de l'aigle, il dénonce toute forme d'antisémitisme.
En 1977, il décrit, à travers le portrait de Monsieur de Charette, l'épopée des guerres de Vendée.
Léopold Sédar Senghor le cite en janvier 1983 parmi les écrivains normands représentant la « normanité », dont l'écriture pleine de ferveur est empreinte de spleen.
Ses œuvres comme Les Aristocrates, Les Nouveaux Aristocrates, Les Écrivains, La Mer à Boire, Le Milliardaire ou L'Accusée ont été adaptées à la télévision et au cinéma. Marquées par leur époque, celles-ci sont depuis relativement délaissées, peu d'entre elles ayant été rééditées depuis sa mort, survenue en 1987.
Il combat au début de la Seconde Guerre mondiale dans les forces navales, puis entre dans la Résistance. Il est décoré de la croix de guerre, de la médaille de la résistance avec rosette, de la croix du combattant volontaire et de la médaille militaire.
Il est élu après la Libération conseiller municipal du 16e arrondissement de Paris.
Royaliste, il est chargé en 1947 de la direction, avec Jean Loisy et Pierre Longone, du Bulletin d'information des comités monarchistes, du comte de Paris Henri d'Orléans. Il collabore ensuite activement au Courrier français, de 1948 à 1950, puis, durant les années 1950, à La Nation française de Pierre Boutang et Michel Vivier.
C'est un partisan de l'Algérie française : il cosigne en 1960 le manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon, affirme la même année avec d'autres écrivains son engagement de « lutter par tous les moyens pour le maintien dans la République de l'Algérie, terre pleinement française » et appelle à voter non au référendum sur l'autodétermination en Algérie de janvier 1961.
Dans une conférence donnée en 1964 pour un dîner-débat du Centre d'études politiques et civiques, il affirme que « l’affaire algérienne » était « une honte et une infamie » et fait l’apologie des « 1 200 à 1 800 détenus politiques de l’Algérie française, embastillés pour crime d’amour et de fidélité ». Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, il milite pour l'amnistie des partisans de l'Algérie française emprisonnés ; il publie ainsi en 1963 Plaidoyer pour l'amnistie et figure au comité de patronage du pèlerinage de Chartres « pour la réconciliation des Français » du 29 septembre 1963 organisé par le colonel Rémy. En 1967, il prend part à un meeting réclamant « l'amnistie totale et la réhabilitation totale », aux côtés de Jean-Louis Tixier-Vignancour.
Antigaulliste, il est candidat aux élections municipales de 1965 à Paris sous les auspices de Tixier-Vignancour, classé à l’extrême droite, mais sa liste ne franchit pas le premier tour. Il apporte publiquement son soutien à ce dernier lors de l’élection présidentielle de 1965, participant à ses meetings. Il appelle à voter pour le candidat de gauche, François Mitterrand, contre de Gaulle au second tour. Il prend ensuite la parole en 1967 dans un meeting de l'Alliance républicaine pour les libertés et le progrès, présidée par Tixier-Vignancour et collabore à son périodique, Alliance.
Depuis 1965, il est maire-adjoint de la commune de Saint-Pierre-du-Val (Eure), où se trouve son château.