Michel Winock, né le 19 mars 1937 dans le 14e arrondissement de Paris, est un historien français spécialiste de l’histoire de la République française ainsi que des mouvements intellectuels et politiques.
Ses travaux l'ont conduit en particulier à traiter les thèmes du socialisme, de l'antisémitisme, du nationalisme et des mouvements d'extrême droite en France. Il est professeur des universités en histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris, où il a enseigné, entre autres, l'histoire des idées politiques.
Il est notamment l’auteur du Siècle des intellectuels (1997), pour lequel il a reçu le prix Médicis essai en 1997, des Voix de la liberté (2001), salué par l'Académie française, et de Madame de Staël, prix Goncourt de la biographie 2010. Il a dirigé avec Jacques Julliard le Dictionnaire des intellectuels français.
Michel Winock est le dernier enfant, parmi cinq frères et sœurs. Son père, Gaston Winock, est receveur d'autobus originaire de Saint-Omer et meurt de la tuberculose en 1945 ; sa mère, Jeanne Dussaule, tient un commerce d'épicerie-fruiterie.
Il grandit à Arcueil dans la « banlieue rouge », décrite dans son livre de mémoires Jeanne et les siens. Après des études au lycée Lakanal, il passe son baccalauréat littéraire et s'inscrit en hypokhâgne. Il suit les cours par correspondance tout en travaillant d'abord dans la maison d'import-export Compagnie du Niger français, filiale de Lever, puis comme répétiteur.
Il passe sa propédeutique à la Sorbonne.
Il suit des études d'histoire à la Sorbonne et milite à l'UNEF contre la guerre d'Algérie. Il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1961.
Son mémoire, dirigé par Louis Girard, soutenu en 1960 à la Sorbonne, porte sur « Les types sociaux de la Monarchie de Juillet dans l'œuvre de Flaubert ».
En 1987, il soutient sa thèse d'État, intitulée « Crises et idées de crise en France, 1871-1968 », préparée sous la direction de René Rémond, à l'Institut d'études politiques de Paris.
Michel Winock a commencé sa carrière dans l'enseignement secondaire au lycée Joffre de Montpellier puis au lycée Hoche de Versailles et au lycée Lakanal de Sceaux. La création de l'université de Vincennes au lendemain de la réforme Edgar Faure (1968) lui ouvre les portes de l'enseignement supérieur.
Il est nommé à l'Institut d'études politiques de Paris en 1979. Il y commence son parcours comme maître-assistant, puis maître de conférences extérieures, et enfin professeur.
Michel Winock mène par ailleurs une carrière dans l'édition : membre de la revue Esprit à partir de 1962, il devient conseiller puis directeur littéraire aux Éditions du Seuil. Il y crée les collections L'Univers historique (avec Jacques Julliard) et Points histoire (en 1971). Il contribue ainsi à ce qui peut être considéré comme un âge d'or de l'édition historique en France.
Un an après son départ d'Esprit, il fonde, avec Michel Chodkiewicz, en 1978 la revue L'Histoire avec pour ambition de rendre accessibles au grand public les meilleurs travaux de la recherche historique (sur le modèle de la revue La Recherche, de la même maison d'édition), dans un esprit pluraliste.
Il fut l'un des initiateurs de la pétition Liberté pour l'histoire.
Il rédige une chronique mensuelle pour le quotidien Sud Ouest depuis 2010.
Michel Winock, après ses études sur l'histoire politique et idéologique des Français (titre de sa thèse : Crises et idées de crise en France : 1871-1968), s'est lancé dans la biographie : après Clemenceau (prix Aujourd'hui), il a publié en 2010 Madame de Staël (grand prix Gobert de l'Académie française) puis Flaubert en 2013.
Il fait son entrée dans la collection Quarto de Gallimard en 2022, avec la publication d'un recueil intitulé Gouverner la France.
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