Ce Jour-là

Michel VIII Paléologue

Empereur byzantin de 1261 à 1282

Anúncio

Michel VIII Paléologue (en grec médiéval : Μιχαήλ Ηʹ Παλαιολόγος / Mikhaél VIII Palaiológos) (en grec médiéval : Μιχαὴλ Δούκας Ἄγγελος Κομνηνὸς Παλαιολόγος / Mikhaḗl Doúkās Ángelos Komnēnós Palaiológos ; 1224-11 décembre 1282) est un empereur byzantin du XIIIe siècle qui règne entre 1261 et 1282.

Michel VIII est empereur de Nicée de 1258 à 1261 associé à Jean IV Lascaris, puis empereur byzantin de 1261 à 1282. Il usurpe le trône de Nicée aux dépens du souverain légitime Jean IV Lascaris. Son passage au pouvoir est souvent considéré comme le dernier grand règne de l'Empire byzantin. Il reprend Constantinople et rénove la cité impériale. Ensuite, grâce à une diplomatie habile, il évite une croisade contre l'Empire. Il utilise d’ailleurs bien plus la diplomatie pour régler ses différends que la manière forte à l'image des Vêpres siciliennes, dont il est un acteur important, mais auxquelles il ne participe pas directement.

À l'intérieur de l'Empire, Michel VIII rénove certes Constantinople, mais commet plusieurs erreurs, par exemple en supprimant les colons militaires sur la frontière asiatique de l'empire pour épargner aux finances byzantines exsangues une dépense supplémentaire. De plus, son alliance avec Gênes, en octroyant à la cité italienne de grands privilèges commerciaux dans l'Empire byzantin, empêche le relèvement économique de ce dernier et participe ainsi à sa future chute. Après sa prise de pouvoir, l'empereur fait également imprudemment aveugler Jean IV Lascaris, que beaucoup considéraient comme l'héritier légitime du pouvoir impérial, à l'image du patriarche Arsène Autorianos. Celui-ci excommunie l'empereur, qui le dépose à son tour en 1265 : Michel VIII provoque par là le schisme Arsénite, en contribuant par le renvoi du patriarche à créer une grave crise religieuse qui se prolonge après la mort des deux protagonistes.

Origine familiales et formation

Michel VIII est le fils du général Andronic Paléologue et de Théodora Ange Paléologue. Issu d’une famille illustre, descendante des Comnène, Ange et Doukas, Michel fait partie de l’aristocratie byzantine et est éduqué à la cour de Jean III Doukas Vatatzès.

Brillant général, il est cependant emprisonné en 1253 dans une prison de Nicée par l’empereur byzantin Jean III Doukas Vatatzès qui l’accuse de conspiration. Il s'agit en réalité d'un malentendu et l'année suivante, Jean le libère et le nomme Grand Connétable (il est le subordonnant de tous les marchands italiens présents sur le territoire de l'Empire). La même année, Michel devient gouverneur de Thessalonique puis stratège de Bithynie. À cette occasion il se marie avec Théodora Vatatzès la petite nièce de l'empereur. La mort de Jean III et l'avènement de son fils Théodore II Lascaris le 3 novembre 1254 marque un changement dans la vie de Michel : le nouvel empereur, plus érudit que soldat, a peu confiance en lui. En 1256, c'est Michel VIII Paléologue qui mène la guerre face à Michel II Doukas. Néanmoins, il est de nouveau accusé de conspiration par l'empereur et il s'enfuit chez le sultan seldjoukide de Roum qui le met à la tête de ses soldats combattant les Mongols.

En 1258, Michel est pardonné par l'empereur Théodore II. Il revient à Nicée où il reçoit le commandement militaire des unités nicéennes en Europe. Il prend donc une nouvelle fois part aux combats contre les Épirotes qu'il repousse jusqu'à Dyrrachium avant de perdre l'avantage. Il est contraint de battre en retraite. Cet échec est mal perçu par l'empereur qui l'emprisonne malgré l'opposition d'une partie de l'aristocratie.

Le 18 août 1258, à la mort de Théodore II, Georges Muzalon assure la régence. Jean IV Lascaris, fils du défunt empereur, est encore trop jeune. Cependant, le régent, se sachant impopulaire, tente de nommer une autre personne à ce titre mais la noblesse de l'Empire le confirme dans ses fonctions. Neuf jours plus tard, alors qu'à Magnésie sont célébrées les funérailles de l'empereur défunt, des mercenaires Francs entrent dans l'église et tuent Georges Muzalon et ses frères. Georges Acropolite rend responsables de ce forfait les nobles tombés en disgrâce lors du règne précédent. Mais il paraît bien plus probable que le véritable instigateur de cette opération soit Michel Paléologue. En effet, il semble qu'il soit le chef des mercenaires et il apparaît clairement que c'est peu après la mort du régent qu’il commence à devenir un personnage important dans la politique de l'empire de Nicée. Peu après le meurtre du régent, Michel est libéré et les hauts dignitaires de l'État se voient dans l'obligation de nommer un nouveau régent. C'est Michel qui remporte le suffrage et se voit conférer le titre de mégaduc. Le nouveau régent obtient en plus de l'assemblée la possibilité d'utiliser à sa guise les ressources de l'Empire. Continuant son ascension, Michel Paléologue est également élevé au rang de despote, le titre le plus élevé de la hiérarchie byzantine. Possédant autant de pouvoir qu'un empereur, il tient cependant à en prendre les attributs et arrive à convaincre le patriarche Arsène Autorianos (tuteur du jeune Jean IV) de le couronner empereur avec le jeune basileus pour préserver le trône du fils de Théodore II.

Le 1er décembre 1258, Michel devient officiellement le nouvel empereur à Nicée sous le nom de Michel VIII Paléologue et le 1er janvier de l'année suivante se fait couronner empereur conjointement avec sa femme et Jean IV Lascaris dans la cathédrale de Nicée par le patriarche Arsène Autorianos. Cependant, Jean IV Lascaris est relégué dans un château du Bosphore. Le patriarche, comprenant qu'il a été trompé, décide de se retirer dans un monastère. Il est remplacé contre l'avis des hauts dignitaires ecclésiastiques par le métropolite d'Éphèse, Nicéphore II de Constantinople.

Lutte contre les Francs et le despotat d'Épire

Dès son avènement, Michel VIII doit lutter contre les États francs. L'Empire latin de Constantinople après avoir perdu la Thrace, une grande partie de la Macédoine et Thessalonique n'est plus une menace de taille. Michel VIII signe la paix avec Baudouin II de Courtenay. Toutefois, il doit très vite lutter contre un ennemi plus coriace : le despote d'Épire Michel II Doukas qui reprend la Macédoine jusqu'au Vardar et forme une coalition composée de Manfred Ier de Sicile ainsi que de Guillaume II de Villehardouin. Michel VIII agit promptement et envoie son frère, le sébastokrator Jean Paléologue, en Grèce avec une armée. De là, ce dernier réussit à vaincre l'armée du despote à Édessa. Continuant sa progression, le frère de l'empereur prend Ohrid. Désireux de prendre sa revanche, Michel II rassemble son armée avec celle de Guillaume de Villehardouin et des chevaliers siciliens de Manfred. Cependant ces derniers sont une nouvelle fois battus à la bataille de Pélagonia et Guillaume II de Villehardouin, le prince d'Achaïe, est capturé. À la suite de cela, Jean Paléologue occupe Arta, la capitale du despote, et mène une expédition en Grèce jusqu'à Thèbes. Le despote récupère cependant rapidement une grande partie du territoire perdu et fait prisonnier le général byzantin Alexis Strategopoulos. Ce dernier fut délivré au terme d'un accord entre Michel VIII et Michel II.

Ces événements permettent à Michel VIII Paléologue de pacifier ses possessions en Europe. Pour pouvoir reprendre Constantinople, il signe un traité avec les Mongols qui lui permet de consolider ses positions en Asie, abandonnant de fait son ancien allié, le sultan d'Iconium. Le basileus signe de même un traité avec l'empereur de Trébizonde Manuel Ier pour s'assurer le soutien de la plupart des forces helléniques.

Constantinople : le rêve des empereurs de Nicée

Depuis la prise de Constantinople par les croisés et plus particulièrement les Francs et les Latins et la création de l'empire de Nicée en 1204, le but des empereurs byzantins est clairement de remettre la main sur l'ancienne capitale. Nicée ne constitue qu'un refuge, une relâche pour l'Empire byzantin blessé mais pas mort. Tous les prédécesseurs de Michel ont tenté de récupérer Constantinople ou du moins de s'en rapprocher peu à peu. Au début, les empereurs latins ont résisté, ces derniers voulant se servir de Constantinople comme d'un poste avancé pour une future croisade contre les Seldjoukides et à plus grande échelle contre les musulmans ainsi que de se rapprocher de pratiquants du rite grec pour peu à peu, de gré ou de force, leur faire admettre le rite latin. De leur côté, les Vénitiens veulent acquérir des terres pour enrichir leur commerce. Mais l'empire latin de Constantinople ne peut jamais remplir sa mission du fait notamment de l'absence de renforts, des divisions des principaux chefs francs ainsi que de l'hostilité des habitants. Le premier touché fut l'Empire latin, qui, à la veille de la conquête byzantine est ruiné, dénué de troupes, dépossédé des terres de 1204 et abandonné de ses alliés à l'exception notable de Venise. Pour Michel VIII, la reconquête de Constantinople est un objectif fondamental car elle représenterait un élément déterminant pour la légitimité de son pouvoir encore fragile. En revanche, au sein même de l'empire de Nicée, l'aristocratie est plus partagée car elle perçoit la reprise de la ville comme coûteuse et risquant de déplacer le centre de gravité de l'Empire vers l'Occident, l'exposant alors à de nouvelles menaces.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Michel VIII Paléologue | World in Stories