Ce Jour-là

Michel Simon

Acteur suisse de théâtre et de cinéma

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Michel Simon est un acteur suisse, né le 9 avril 1895 à Genève (Suisse) et mort le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne). Considéré comme un acteur « caméléon » à la voix tonitruante, il a joué dans 145 films, dont La Passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer, L’Atalante de Jean Vigo, La Chienne et Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir, Drôle de drame et Le Quai des brumes de Marcel Carné, La Beauté du diable de René Clair, La Poison de Sacha Guitry, Le Vieil Homme et l'Enfant de Claude Berri, et dans 150 pièces de théâtre. Il a reçu de nombreux prix et des hommages de plusieurs personnalités du cinéma, en particulier celui de Charlie Chaplin le désignant comme « le plus grand acteur du monde ».

François Joseph Simon, dit Michel Simon naît à Genève au no 27 de la Grand-Rue en 1895, la même année que le cinématographe, ce qui lui fait dire qu'« un malheur n'arrive jamais seul ».

Ses parents Joseph et Véronique sont charcutiers. Ils avaient à la fois la clientèle riche et protestante de la Grand-Rue et également celle catholique du quartier italien de Genève.

Il confie : « J’ai vécu une enfance assez étrange dans la Grand-Rue où Jean-Jacques Rousseau est né, lui au no 40 et moi au 27. Il est devenu pour moi un intime. J’ai passé mon enfance là où il avait mis ses premiers pas. Il s’est enfui de Genève à 16 ans et moi à 17 ans. Rousseau m’a profondément imprégné ».

La personnalité de Michel Simon se dessine dès l’enfance : il a un esprit d’une vivacité peu commune. Il est épris de liberté individuelle avec un amour éperdu de toute forme de vie et il est doté d'un sens de l’observation extrêmement aigu. Il se détourne rapidement de ses études qui s'avèrent catastrophiques au collège de Genève et il se cantonne à la dernière place dans la classe. Son professeur, John Copponex, lui dit : « Simon, vous êtes un cancre, mais vous irez loin. Votre avenir est sur les planches ». Après avoir quitté le collège Calvin, il travaille dans la boucherie familiale et aux abattoirs de la ville de Genève, puis il effectue un apprentissage de photogravure à Carouge (une commune du canton de Genève). Le jeune Michel rêve de devenir aviateur et il a une grande passion : la littérature. Cette adoration l’amène à dévorer tous les livres qui lui tombent sous la main et, peu à peu, il nourrit une fascination pour la complexité de l’être humain. À 17 ans, il part s'installer à Paris.

Michel Simon se marie le 22 juillet 1916, à 21 ans, avec la musicienne Yvonne Nadège Ryter (1916 à 1919). Malgré son mariage, il continue de fréquenter des prostituées, ce qui aura pour conséquence la séparation du couple. En 1917, ils ont un fils Michel, dit François Simon, également acteur au théâtre et au cinéma. Il est le grand-père de deux filles, Martine Simon et de la réalisatrice Maya Simon.

On lui connaît de nombreuses liaisons, notamment avec sa maîtresse d'apprentissage. La relation la plus longue est partagée avec Lucienne Bogaert, sa partenaire dans le film Vautrin. À l'âge de 68 ans, il partage sa vie avec Denise Dax, qu'il a connue au théâtre dans une comédie de Jacques Deval, Charmante soirée. Il a également une grande histoire d’amour avec Margarethe Krieger (de) (1936-2010), une artiste peintre allemande qui a réalisé de nombreux portraits de Michel Simon. Il a eu également une liaison avec Josy Goillandeau. La Canadienne Jeanne Carré l’accompagne lors de ses dernières années. Sa dernière conquête est Karen Nielsen qui tient un petit rôle dans son dernier film L'Ibis rouge de Jean-Pierre Mocky en janvier 1975.

Il réside alternativement dans sa vieille maison de La Ciotat et dans sa propriété de Noisy-le-Grand avec pour tous compagnons, quatre guenons et un perroquet. À La Ciotat dont il était tombé amoureux, il achète une bastide dans laquelle il installe une salle de cinéma. Rachetée par la ville en 1991, elle est devenue un musée hommage au grand acteur grâce aux efforts de L'Association des Amis de Michel Simon.

Il a vécu également longtemps à Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis, c'était son jardin secret. Il a souvent promené dans des lieux publics sa guenon nommée Zaza, qu'il costumait. Le domaine de cinq hectares, acheté en 1934, a été détruit en 1980 par des promoteurs. Ce domaine appartenait jusqu'en 1893 à Théophile Poilpot. Bien que Michel Simon prétendît que sa maison avait appartenu à Alphonse Allais, ce dernier n'a en fait jamais été en mesure d'acquérir une telle demeure. Un espace culturel municipal porte son nom, il est situé à l'esplanade Nelson-Mandela.

Michel Simon a eu toute sa vie une grande passion pour le sexe. Dans les années 1970, il s’affiche encore volontiers aux bras de prostituées qu’il présente comme ses « amies ». Il a toujours été un fervent amateur de prostituées et de travestis et lorsqu'elles étaient encore ouvertes, avant 1948, il avait ses entrées dans des maisons closes comme le One-Two-Two ou le Sphinx.

Dans son livre L’album pornographique de Michel Simon, l'écrivain Alexandre Dupouy raconte : « Michel Simon se sentait laid, si laid qu’avec les filles, au moins, ça pouvait passer. Il était très complexé et puis, à cette époque, il faut quand même tenir compte du contexte : les femmes libres et affranchies, elles se vendaient ».

Amateur notoire de pornographie, Michel Simon possède une collection de plus de 100 000 objets en relation avec le sexe : des photos, des éditions originales du marquis de Sade, des godemichets et des automates surprenants. C'est l'une des plus grandes collections au monde dans ce domaine, son fils François Simon l'a dispersée lors de nombreuses ventes, après la mort de son père.

Au premier trimestre de 1975 la santé de Michel Simon se dégrade rapidement. Il ne s'alimente plus et il perd vingt kilos en un mois. Il envisage de tourner pour Bertrand Blier dans Les Valseuses. Il meurt le 30 mai 1975 d'une embolie pulmonaire à l'hôpital Saint-Camille de Bry-sur-Marne, à l'âge de 80 ans.

Selon ses dernières volontés, il repose au cimetière du Grand-Lancy dans sa ville natale de Genève, auprès de ses parents. Sur le frontispice du monument ornant la tombe familiale, cette locution latine : Non omnis moriar (Je ne mourrai pas entièrement).

Ses débuts dans le monde du spectacle à Paris sont modestes. Il réside à l'hôtel Renaissance, rue Saint-Martin puis à Montmartre. Il exerce divers petits métiers, donne des leçons de boxe et vend des briquets de contrebande à la sauvette, puis il est successivement boxeur, camelot, danseur, clown et acrobate dans un numéro de danseurs, les Ribert's and Simon's. Finalement il est photographe de théâtre. Michel Simon est également réputé pour dévorer tous les livres qui lui tombent sous la main avec une prédilection pour les écrits de Georges Courteline.

Mobilisé en Suisse dans l'infanterie lors de la Première Guerre mondiale, Michel Simon est un soldat suisse indiscipliné ; il passe le plus clair de son temps aux arrêts et à l'ombre des cachots. Rapidement, sa santé s'en ressent et il doit être hospitalisé dans un sanatorium à Leysin pour soigner une tuberculose. Il y restera 4 ans.

À Genève en 1915, au cours d'une permission militaire, il voit Georges Pitoëff faire ses débuts d'acteur, en langue française, au théâtre de la Comédie de Genève dans Hedda Gabler d'Henrik Ibsen. C'est un déclic et il décide de devenir acteur à son tour mais ce n'est qu'en octobre 1920 que Pitoëff découvre ses dons de comédien. Il l'engage dans sa troupe à la salle communale de Plainpalais de Genève et il lui confie le rôle du greffier de Mesure pour mesure de William Shakespeare. Michel Simon pratique par ailleurs en même temps son premier métier de photographe avec un certain talent.

En 1922, il suit la troupe des Pitoëff qui s'établit à Paris au théâtre de la comédie des Champs-Élysées. Michel Simon quitte les Pitoëff l'année suivante pour devenir un acteur de boulevard ; il joue des vaudevilles de Tristan Bernard, d'Yves Mirande et de Marcel Achard. Ce dernier le présente à Charles Dullin, en compagnie duquel Michel Simon joue la pièce de Marcel Achard, Je ne vous aime pas avec Valentine Tessier. Il se produit également dans des comédies musicales comme Le Bonheur, mesdames et Les Joies du Capitole, écrites par Albert Willemetz.

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