Ce Jour-là

Michel Rocard

Homme d'État français

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Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie et mort le 2 juillet 2016 à Paris, est un homme d'État français. Il est Premier ministre du 10 mai 1988 au 15 mai 1991.

Haut fonctionnaire, militant socialiste dès 1949, il prend en 1967 la tête du Parti socialiste unifié (PSU), qu'il représente à l'élection présidentielle de 1969, où il recueille 3,6 % des voix. Élu député des Yvelines, il rejoint en 1974 le Parti socialiste (PS), au sein duquel il incarne une « deuxième gauche », réformiste et anticommuniste : il fait ainsi figure de principal rival du dirigeant du parti, François Mitterrand.

Bien que favori des sondages pour porter la candidature du PS à l'élection présidentielle de 1981, il choisit finalement de ne pas se présenter. Après l'élection de François Mitterrand et la nomination de Pierre Mauroy à Matignon, il devient ministre d'État, ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire. Nommé ministre de l'Agriculture, maintenu dans ses fonctions sous Laurent Fabius, il démissionne du gouvernement en 1985 en raison de désaccords avec l'exécutif.

À la suite de la réélection de François Mitterrand en 1988, il est nommé Premier ministre. Sans majorité absolue après les élections législatives anticipées, il forme un gouvernement d'ouverture et recourt à l'article 49.3 de la Constitution à vingt-huit reprises – un record –, notamment pour les lois de finances (dont celle instituant la CSG) et une réforme de l'audiovisuel. Il fait voter le RMI et conclut les accords de Matignon. Après trois années en fonction, il est poussé à la démission par François Mitterrand, avec qui ses relations restent tendues.

Toujours populaire, il devient premier secrétaire du Parti socialiste après la défaite historique de la gauche aux législatives de 1993. Mais son incapacité à rassembler et l'échec aux élections européennes de 1994 l’amènent à quitter la tête du parti et à renoncer définitivement à ses ambitions présidentielles. Brièvement sénateur, il reste député européen jusqu'en 2009 et termine sa vie en tant qu'ambassadeur des pôles.

Michel Rocard est issu d'une famille protestante de la moyenne bourgeoisie. Sa mère Renée Favre est une ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles convertie au protestantisme tandis que son père Yves Rocard est un résistant, professeur et chercheur en physique, considéré comme l'un des pères de la bombe atomique française, qui se disait cependant agnostique. Il est également apparenté à l'actrice Pascale Rocard, sa petite-cousine.

Marié à Vebron (Lozère) en 1954 avec la sociologue Geneviève Poujol, le couple a deux enfants, Sylvie (éducatrice) et Francis. Ils se séparent en 1968.

Remarié en 1972 avec Michèle Legendre (1941-2010), docteur en psychologie, le couple a deux enfants, Loïc et Olivier. Le 20 avril 2002, il épouse Sylvie Pélissier, conseillère en communication.

Michel Rocard passe par le scoutisme unioniste où il entre comme « louveteau », avant d'être « éclaireur ». Il exerce des responsabilités trois ans comme chef de troupe adjoint et trois ans comme chef de troupe (ayant d'ailleurs Lionel Jospin comme éclaireur). Il porte alors le totem (surnom scout) d'« hamster érudit ».

Après avoir été à l'école primaire avec Claude Chabrol, il est élève à l’École alsacienne puis au lycée Louis-le-Grand, et obtient son baccalauréat scientifique mention assez bien en 1946, grâce à ses bonnes notes dans les matières littéraires. Inscrit en hypotaupe (Math Sup), il comprend qu'il n'a pas en sciences les mêmes dons que son père qui le destine pourtant à une carrière scientifique comme la sienne. Il décide de se détourner de cette voie, ce qui provoque un conflit familial : son père, souhaitant qu'il entre à Polytechnique, lui coupe les vivres dans un premier temps.

Il entre, en 1947, à l'Institut d'études politiques de Paris où il rencontre notamment Jacques Andréani, Jacques Chirac, Robert Pandraud. Son père l'envoie les deux étés de 1946 et 1947 en Angleterre, ce qui lui permet de devenir bilingue. Il effectue une première année de licence de droit.

Pour subvenir à ses frais d'études, son père le fait engager pendant deux ans comme tourneur-fraiseur dans son laboratoire de physique de l'École normale supérieure, où il a pour contremaître un militant politique et syndical qui l'initie à l'histoire de la gauche. C'est avant tout pour militer en faveur de l'Europe qu'il adhère en 1949 aux Étudiants socialistes SFIO, où il essaie en vain d'attirer le jeune Jacques Chirac. Il rencontre Victor Fay en 1953 et tire un grand enseignement de cet intellectuel militant. Michel Rocard déclare plus tard : « [il] venait nous faire des séminaires d'éducation marxiste. Nous nous réunissions depuis octobre 1955 une fois par semaine entre une quinzaine de participants. Nous nous rendions à son domicile… La pédagogie de Fay était rude mais d'une efficacité terrible… Ma rencontre avec Victor Fay est une des clés de mon orientation ».

Michel Rocard décide, durant sa scolarité à Sciences Po, de préparer le concours de l'École nationale d'administration afin de devenir haut fonctionnaire. Diplômé en 1952 au 51e rang, il intègre la classe préparatoire aux concours de la haute fonction publique de l'établissement. Après avoir été admissible à l'ENA en 1952 et 1953, il est admis en 1954. Il entre à l'ENA en 1956, classé 9e, au sein de la promotion 18-Juin. Il y étudie notamment aux côtés de Jacques de Larosière et de Michel Gentot. Il fait son stage préfectoral à la préfecture de l'Yonne et obtient la troisième meilleure note de stage de sa promotion, et sort classé 10e ou 13e en 1958.

Michel Rocard est aussi pilote de planeur.

Entrée au PSU et guerre d'Algérie

Alors que se déclare la guerre d'Algérie, il rejoint les socialistes en rupture avec Guy Mollet à propos de la politique algérienne. C'est par refus des guerres coloniales qu'il décide d'entrer en politique. Il qualifie d’« assassin » le ministre de la Justice d’alors, François Mitterrand, qui n'est pas favorable, dans 80 % des cas, aux demandes de grâce de condamnés à mort algériens.

Il adhère au Parti socialiste autonome (PSA) dès sa création par Édouard Depreux et Alain Savary. Il écrit : « Pendant plus d'un siècle, la France a prétendu mener en Algérie la politique dite de l'assimilation, qui seule justifiait l'intégration de l'Algérie dans le territoire de la République. En fait, cette politique fut proclamée et jamais appliquée […] L'égalité des devoirs existait, et notamment l'impôt du sang, mais point d'égalité des droits ». Il relève « une mentalité proche de la ségrégation raciale qui interdisait aux musulmans, sauf exception, l'accès aux fonctions de responsabilités, même mineures, dans leur propre pays ».

Il rédige pour la SFIO un rapport dénonçant les camps de regroupement dans lesquels seraient « parqués » deux millions de paysans, soit la moitié de la population algérienne rurale. Envoyé sur place en 1958 comme inspecteur des finances, il aurait découvert que des milliers de personnes étaient menacées de famine dans l'ignorance de la population et l'indifférence apparente des autorités civiles et militaires[source insuffisante]. Accueilli à Alger par son ami le sous-lieutenant Jacques Bugnicourt, il le met au courant que l'armée française procéderait, dans le plus grand secret, à des déplacements massifs de population[source insuffisante], afin d'empêcher le FLN de s'enraciner sur place, de le priver de son ravitaillement et permettre à l'aviation le bombardement au napalm[réf. nécessaire].

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