Michel Moskovtchenko est un artiste peintre français, sculpteur, dessinateur et graveur né à Tarare (Rhône) le 6 janvier 1935 et mort à Apt (Vaucluse) le 21 mars 2025.
D'ascendance russe par son père, médecin ayant émigré en 1920, et française par sa mère, pianiste et peintre diplômée du Springfield College (Massachusetts), Michel Moskovtchenko, s'il naît à Tarare, connaît jusqu'en 1947 à Violay (Loire) « une enfance heureuse, entouré de livres d'art et de musique », dans une campagne déjà montagneuse. Dès l'école primaire, la méthode Freinet lui permet de graver ses premières linogravures illustrant le journal de l'école. Après des études au Collège moderne et technique de Tarare (de 1947 à novembre 1953), auxquelles il préfère les cours de dessin que donne le soir Eugène Riboulet, il exerce un premier métier de dessinateur dans l'atelier de dessin de soieries des Établissements G. Corsin, petite rue des Feuillants à Lyon, suivant simultanément les cours d'apprentissage et les cours du soir de Louis Charrat et Pierre Pelloux à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, puis les cours de modèle vivant que donne Antoine Chartres au Petit Collège (école d'art municipale de Lyon), en ayant alors pour amis les peintres Jacques Lescoulié et Robert Massina, le comédien Armand Meffre, Alain Crombecque, futur directeur du festival d'Avignon, ou le photographe Rajak Ohanian.
Moskovtchenko, entre 1954 et 1956, se rend aux Pays-Bas, en Allemagne et Scandinavie où il se consacre particulièrement à l'étude des maîtres de la gravure dans les musées, en 1957 en Grèce puis, en 1960, s'installe dans le Lubéron, dans une bastide proche du village de Roussillon, y travaillant dans un premier temps essentiellement le dessin pour s'intéresser ensuite également à la gravure, en particulier à l'eau-forte qu'il commence à travailler en 1961 avec le peintre et graveur allemand Hans Hermann Steffens installé dans le village voisin de Gordes (c'est en 1968 qu'« avec les pierres des champs voisins » Moskovtchenko construira et installera un atelier de taille douce d'où il sortira « ces grandes planches au dessin rude qui s'apparentent aux productions des anciens maîtres des Pays-Bas »). Sa première exposition personnelle se tient à Lyon en 1961. C'est en 1962, aux Rencontres internationales de Lure créées à Lurs par Maximilien Vox que, par un ami commun, le peintre d'Oppède Justin Grégoire (1917-1981), Moskovtchenko fait la connaissance de Jean Giono. C'est toutefois à Henri Bosco, vivant dans le village voisin de Lourmarin, qu'il reviendra en 1966 de composer le texte accompagnant les gravures sur cuivre de Moskovtchenko pour l'Album du Lubéron.
Michel Moskovtchenko effectue encore plusieurs voyages très marquants, en particulier la Sicile en 1967, l'Espagne et le Portugal en 1968, la Tunisie, l'Algérie, le Maroc, puis la Suède en 1973, Venise, puis l'Écosse en 1982, le parcours du Hoggar en 1983 (Tamanrasset, Djanet, l'Assekrem), inspirateur d'une grande toile et d'une suite de gravures intitulées Hoggar et présentées à la FIAC de 1983. Dans cette même période, il fréquente Jean-Pierre Le Boul'ch (leur première rencontre se situe en 1968 à la Galerie Le Lutrin, à Lyon, dont ils sont alors tous deux artistes permanents) qui le fait s'intéresser à l'usage du cutter, des caches et de la bombe aérosol pour ses aquatintes, il crée et anime un atelier de taille-douce en la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon en 1974, à la Maison de la culture de Grenoble en 1975, au Musée des beaux-arts de Lyon et au Centre Georges-Pompidou à Paris en 1978. À partir de 1998, il partage sa vie avec la sculptrice Colette Fizanne (1948-2024).
Pour la fascination du trait, des arbres, des racines, des pierres, des grands murs austères, des forêts et des falaises arides qui sous-tend son œuvre, on parle à son propos de « géologie artistique ». Jan de Maere situe pour sa part Michel Moskovtchenko, avec Ivan Theimer, parmi les chefs de file en France du mouvement de la Nouvelle subjectivité lancé en 1975 par Jean Clair. Pour Philippe Brunel, « les motifs de Moskovtchenko éclairent finalement son état d'esprit. Les arbres présentent avec un tronc noueux le spectacle étouffant de leurs branches sèches et emmêlées, ondulantes comme des lianes, ou parfois acérées comme des épines. Le même aspect tourmenté, la même complexité, la même violence se trouvent dans ses paysages tracés rugueusement, presque rageusement, de collines de pierres et de végétations rares. Rien de tranquille, de reposant, rien de romantique non plus dans ces paysages durs, inhospitaliers. Le spectateur n'est pas loin cependant du sublime, quand on le conçoit comme le sentiment de petitesse et de finitude que l'homme éprouve devant le spectacle de la nature hors-norme ».
Il vit à Lyon à partir de 1953 et à partir de 1960 à Roussillon, dans le Vaucluse.
Paysages et arbres autour de Tarare, 1949-1953.
Les Voyages, les musées, la Grand-Place de Bruxelles, 1956-1958.
Les Bateaux : Le Pirée, Schéveningue, 1956-1958.
Les Hameaux en ruine en Provence, 1965-1969.
Les Hurdes en Espagne, 1965-1969.
Les Cèdres dans l'Atlas, 1974-1980.
Le Cirque de Mourèze, 1974-1980.
Les Muriers (techniques mixtes), 1974-1980.
Carrières à Carrare (Italie), 1982-1986.
Carrières à Lacoste (Vaucluse), 1982-1986.
Venise (techniques au sable), 1982-1986.
Hoggar (grands formats), 1986.