Ce Jour-là

Michel Klein (vétérinaire)

Vétérinaire français et défenseur de la cause animale

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Michel Klein, né le 19 avril 1921 à Sighet (royaume de Roumanie) et mort le 19 octobre 2024 à Rueil-Malmaison, est un vétérinaire français.

Il est essentiellement connu pour son activité vétérinaire sur les animaux de zoo, ainsi que pour ses émissions télévisées de sensibilisation en faveur de la cause animale dans le monde.

Michel Klein est né en Roumanie. Dans son livre Ces Bêtes qui m’ont fait Homme, paru en 1976, Michel Klein relate sa tranche de vie aventurière dans Toulouse occupée, au sein de la Résistance, alors qu'il est jeune étudiant à l'École vétérinaire de Toulouse. Vila Rachline, ami de sa famille et frère de Lazare Rachline, dit Lucien, l'associe, en avril 1941, à ses activités de résistant dans le réseau toulousain PRUNUS, l'un des réseaux dirigés par Maurice James Buckmaster de l'Intelligence Service, patron du SOE initié par Winston Churchill en juillet 1940, au cours de la débâcle.

Font partie du réseau PRUNUS, le directeur de l'école vétérinaire, Marcel Petit (1888-1986), et le secrétaire général de l'École, Paul Dupin. Le réseau PRUNUS est dirigé par Maurice Pertschuk (1921-1945) dit Eugène ou Gérard selon le secteur sur lequel il opère. Le 12 avril 1943, en soirée, des arrestations, au 22 rue des Pyrénées à Toulouse, dont celle du jeune chef de réseau, Maurice Pertschuk, puis, le 15 avril, à Fonsorbes, de son radio Marcus Bloom, signifieront la fin tragique du réseau PRUNUS. Pertschuk, déporté à Buchenwald, sera exécuté par pendaison le 29 mars 1945, treize jours avant la libération du camp, ainsi que Bloom à Mauthausen le 6 septembre 1944. Le mardi 13 avril 1943, en matinée, la Gestapo arrête Marcel Petit et Paul Dupin à l'École vétérinaire. Ils sont déportés eux aussi à Buchenwald, puis à Dora pour Marcel Petit. Ils reviennent en France en mai 1945. Dupin, malade, que Michel Klein est allé accueillir à Thionville pour le ramener à Toulouse, décèdera en juillet 1945. Michel Klein échappa de peu à l'arrestation au sein de l'École. Dans son livre Contrainte par corps, Marcel Petit relate que dans l'interrogatoire avec les tortures qu'il dut subir, on voulut lui faire croire que Michel Klein avait aussi été arrêté : « si Klein était arrêté, ça se saurait et on me l'aurait déjà montré » écrit-il. Vila Rachline poursuivra le combat mais il sera arrêté et fusillé à Lyon, le jour même du débarquement, le 6 juin 1944.

Michel Klein rapporte dans son livre comment il a vécu ces évènements dramatiques. Au-delà, il y a sa cache dans une métairie « perdue au fond de l'Auvergne » puis la fuite à nouveau, la traversée des Pyrénées et le refuge en Espagne sous un pseudonyme anglais, sans possibilité de rejoindre le théâtre des combats.

Avec une écriture galopante, presque sur le ton de l'anecdote, c'est la vérité, c'est la vie du jeune étudiant résistant qui défile, engagé dans l'action et qui semble se jouer des évènements et des difficultés, porté par un moral optimiste et combatif, comme on peut juger dans les extraits de son livre Ces bêtes qui m'ont fait homme. Ils livrent le fond de sa personnalité. Ils donnent aussi tout son sens au propos d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie qui qualifiait la Résistance de « grand jeu enfantin et mortel ».

Une famille juive dans l'enfer de la Shoah

Alors qu'il est en Espagne, il apprend la déportation de ses parents et de sa sœur Hélène à Auschwitz depuis la Roumanie. Ses parents y disparaîtront, sa sœur Hélène est placée dans des camps de travail d'où elle s'évade cinq fois. Après la chute des nazis, il va la chercher à Thionville en 1945. Avec la même énergie et la même combativité, Hélène reviendra ensuite en Roumanie pour arracher l'amour de sa vie, Victor, des geôles communistes, et le ramener en France.

Vétérinaire praticien, homme des médias, apôtre de la protection animale et du lien homme-animal

À la Libération, il reprend et achève ses études à l'École nationale vétérinaire d'Alfort, puis entame sa carrière tout en parcourant le monde, s'occupant des « personnes déplacées » dans le cadre des Nations unies. C'est au cours de ces voyages qu'il découvre les animaux sauvages.

Vétérinaire praticien, à la ville et dans les parcs zoologiques

Michel Klein exerce en clientèle « canine » dans sa clinique parisienne, boulevard des Batignolles. Il a été appelé au zoo d'Ermenonville pour soigner les animaux de Jean Richard, dont il a été l'ami jusqu'à la fin de sa vie. C'est ainsi qu'il s'est spécialisé dans les opérations d'animaux de zoo et de cirque. Il a été le premier en France à utiliser différents outils chirurgicaux : bulle chirurgicale pour opérer en milieu stérile, anesthésie générale d'éléphant et de bien d'autres espèces, imagerie médicale, échographie, radiologie enregistrée sous scopie et scanner. Première échocardiographie en temps réel d'un tigron à Thoiry, lors de la 500e émission Les Animaux du Monde, en direct à la télévision.

Avec les docteurs Bernard de Parade et Henri Arion, chirurgiens, ils ont réalisé des valvules cardiaques en matière synthétique ainsi que le système équivalant aux paramètres identiques à ceux d'un cœur. En 1968, ces valvules sont greffées à trois chiens à l'hôpital Broussais, service du professeur Dubost. Pour l'être humain, il faudrait un milliard de battements, 10 ans de vie, pour le chien 300 millions suffisent.

Avec le docteur Jean de Grouchy, généticien à hôpital Necker, il participe à l'étude des chromosomes de l'Homme et des Pongidés, les grands singes, gorilles, chimpanzés, bonobos, gibbons, orangs-outans. Ils ont montré que ces caryotypes, tableaux chromosomiques, ont d'importantes similitudes, publiées dans les Annales de Génétique en 1970.

En 1984, lors d'un colloque au Val-de-Grâce, Michel Klein affirme que « Un chien qui renifle le bas d'un pantalon sait ce qu'il y a dans votre caboche ! », contesté par les médecins présents. Il leur explique que l'équipement sensitif de l'animal permet la captation de nos intentions grâce à la télépathie. « Tous les animaux sont télépathes », dit-il.

Dès 1957, il fut approché par Aubry et Pezières, confrères à Paris, afin de participer à la création d'un groupe de vétérinaires canins, qui n'existait pas encore. Peu après, il proposa la création d'un service de garde le dimanche et jours fériés, ce qui fut mis en place dès 1960.

Le SAMU fut créé 8 ans plus tard...

Il a participé avec le comte Paul de La Panouse à la création du parc animalier du château de Thoiry, première « réserve africaine » d'Europe, inaugurée en mai 1968.

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