Ce Jour-là

Michel Jazy

Athlète français

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Michel Jazy, né le 13 juin 1936 à Oignies (Pas-de-Calais) et mort le 1er février 2024 à Dax (Landes), est un athlète français 1,77 m pour 65 kg, spécialiste de la course de demi-fond, licencié tout d'abord au Club olympique de Billancourt (CO Billancourt) puis au Club athlétique de Montreuil 93 (CA Montreuil) de 1956 à 1968.

Il a amélioré 9 records du monde, 17 d'Europe et 43 de France, sur des distances variant du 800 mètres au 5 000 mètres, mais il est aussi célèbre pour sa longue rivalité avec Michel Bernard, bien que ce dernier l'ait aidé à battre certains records du monde et soit à l'origine de la médaille d'argent de Jazy lors des Jeux olympiques de Rome en 1960. Outre cette médaille, il remporte deux titres européens, à Belgrade en 1962 sur 1 500 mètres puis à Budapest en 1966 sur 5 000 mètres.

Michel Jazy a marqué le sport français des années 1960 et ses tentatives de record du monde ont même eu droit à des retransmissions télévisées. Sa rivalité avec Michel Bernard éteinte, Jazy se trouve un nouveau rival, après une déception aux Jeux de Tokyo, en la personne de Ron Clarke : l'émulation qui naquit de cette rivalité lui a permis de battre quatre records du monde, cinq d'Europe et neuf de France durant le seul mois de juin 1965.

Michel Jazy nait le 13 juin 1936 à Oignies, de parents polonais, dans la rue où viendra au monde Guy Drut. Son grand-père, ouvrier agricole, fuit la Pologne dévastée après la Première Guerre mondiale et suivant les rumeurs d'embauche dans les mines du Nord de la France, s'installe à Oignies avec sa femme et sa fille, près de la fosse no 1 des mines d'Ostricourt dans laquelle il travaille par la suite. Peu après la naissance de Michel, sa mère doit aller travailler dans une brasserie lilloise, à 30 kilomètres ; son père, mineur, n'est pas disponible non plus pour l'élever, la tâche incombe alors à sa grand-mère, Baboucha. Il s'oppose souvent à son instituteur qui le frappe en réponse et les marques laissées par les coups forment des zébrures — il est ainsi surnommé le « zèbre des corons » par ses amis — ; par ailleurs, Michel Jazy joue beaucoup au football et est toujours dans les derniers à quitter le terrain.

Pendant toute son enfance, Michel Jazy a une très bonne santé, courant même pieds nus ; comme il n'use pas ses souliers, sa grand-mère lui permet de jouer tant qu'il le veut. Il rate même parfois le déjeuner ou le dîner pour jouer au football mais, en 1946, peu après la Seconde Guerre mondiale, il découvre la course à pied à travers une course organisée pour la ducasse. Comme il n'a que dix ans, on lui interdit d'y participer mais il parvient néanmoins à prendre le départ avec la petite centaine de concurrents adultes tout en gardant ses sabots de bois, qu'il enlève 800 m plus loin. Il termine 28e de la course et remporte les 5 francs donnés en guise de récompense pour la participation. Il vomit plusieurs fois ensuite, puis utilise son argent pour faire un tour aux auto-tamponneuses. À cette époque, il trouve que la « course c'est idiot » et préfère le football, considérant comme des « dieux les joueurs professionnels de Lille, Lens ou Roubaix », bien qu'il n'envisage pas une carrière footballistique.

À douze ans, Michel Jazy perd son père emporté par la silicose ; c'est à cette époque qu'il prend la résolution de ne pas devenir mineur, malgré ses résultats scolaires décevants. Entre-temps, sa mère est partie travailler à Paris et Michel n'entretient plus qu'une relation épistolaire avec elle. Il continue la pratique du football auquel il consacre la quasi-totalité de son temps libre mais reste mauvais à l'école, toujours battu par son instituteur. Ses relations avec ce dernier sont telles qu'il lui refuse de lui permettre de se présenter au certificat d'études primaires. Vexé mais toutefois inscrit, Michel Jazy décide à trois semaines de l'épreuve de travailler à l'insu des autres, sacrifiant ainsi quelques matchs ; faute de temps, il ne révise qu'un gros tiers du programme. La chance lui sourit cependant et il est reçu dans les premiers, ravissant ses grands-parents qui, en retour, le laissent faire ce qu'il veut, quitte à jouer six heures au football par jour. À Paris, sa mère, remariée depuis peu et ayant trouvé un logement, lui demande de venir habiter avec elle car elle aimerait bien le faire travailler.

Une fois à Paris, Michel Jazy, qui vit rue Rodier, découvre la vie de la ville qu'il « trouve moche » et de ses habitants « pas sympas du tout » ; moqué pour son accent du Nord alors qu'il considère l'accent parisien comme étant lui aussi particulier, Michel Jazy regrette rapidement Oignies. Il achète très vite un ballon et rejoint un groupe de jeunes Parisiens eux aussi footballeurs dans un patronage de la Fédération sportive de France, l'Association sportive du centre de Paris, fondé en 1942 par l'abbé Dumail et Robert Pringarbe. Deux mois après son arrivée, Michel Jazy commence à travailler dans une imprimerie, après des recherches de sa mère, notamment auprès de L'Équipe ; un an plus tard il est embauché comme groom-liftier. Il ressent à cette époque un besoin très fort de se dépenser, il monte par exemple la butte du Sacré-Cœur à pied, alors que ses amis prennent le funiculaire. C'est alors qu'un de ses amis, Gérard Marzin, décide de faire pratiquer au groupe de la course à pied un dimanche matin pour le « Challenge de la première foulée » à Meudon ; finalement, les désistements sont nombreux et seul Michel Jazy vient à la course. Le terrain étant boueux, Marzin lui donne des pointes. Jazy remporte finalement cette course de qualification et la finale le dimanche suivant. Le journal Paris-Presse consacre un article à cette victoire, ce qui décide Michel Jazy à s'inscrire au club de Marzin, le Club olympique de Billancourt.

Michel Jazy change de travail et retourne dans une imprimerie comme typographe. Au CO Billancourt, il rencontre René Frassinelli qui devient son entraîneur. En 1953, alors qu'il a dix-sept ans, il remporte le titre de champion d'Île-de-France cadet de cross-country, ce qui le qualifie pour le championnat de France. Sa passion pour l'athlétisme est alors si forte que sa seconde place derrière le Marocain Lahcen Benaissa le déçoit. Cette défaite écorne la fierté de Jazy qui veut tout arrêter mais grâce à Frassinelli, qui convainc sa mère que l'athlétisme est un bon sport, il continue tout de même. Il s'entraîne alors deux fois par semaine et conclut son année par un titre de champion de France cadet du 1 000 mètres en 2 min 39 s. Ce titre est néanmoins considéré comme « illégal » parce que Jazy n'est toujours pas naturalisé français, sa mère attend d'avoir un peu d'argent et craint par la même occasion la conscription, bien que tentée par le bataillon de Joinville.

1955 - 1956 : un junior au sommet

En 1955, Michel Jazy remporte son premier titre de champion de France junior sur 1 500 mètres. Malgré son âge, il participe aux championnats de France seniors sur 1 500 mètres mais est éliminé par Michel Bernard, qu'il rencontre pour la première fois, dès les séries.

Lors des championnats de France de 1956, Michel Jazy accroche son premier titre, à seulement vingt ans, sur 1 500 mètres avec un temps de 3 min 49 s 8, devançant Michel Bernard pour la première fois de sa carrière. Au moment de sa retraite, il déclare que cette course était la dixième plus belle qu'il ait jamais courue. Cependant, il considère que sa sélection qui en résulte est imméritée et que Bernard aurait été un meilleur choix. Les Jeux olympiques de 1956 se déroulent à Melbourne fin novembre et début décembre. Durant le voyage Alain Mimoun le « prend sous son aile » et lui donne des conseils de toute sorte, de la manière de choisir ses pointes à celle d'entretenir sa dentition. Mimoun s'entraîne également avec Jazy, ce qui permet à ce dernier de rencontrer Volodymyr Kuts, Emil Zátopek, Gordon Pirie ou encore Stanislav Jungwirth. Le 28 novembre à 16 h 30 a lieu la première série du 1 500 mètres hommes à laquelle participe Jazy, ainsi que Jungwirth, István Rózsavölgyi et le champion olympique en titre, Joseph Barthel ; alors que seuls les quatre premiers sont qualifiés pour la finale, Jazy termine septième en 3 min 49 s 8 ou 3 min 50 s, selon les sources. Il voit ensuite Mimoun remporter le marathon des Jeux malgré ses trente-six ans. Jazy participe aussi à un canular fait à la presse française, canular prétendant que Maurice Sillon aurait sauté 2,15 m à l'entraînement, soit autant que le record du monde du saut en hauteur.

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