Michel Hazanavicius [miʃɛl azanavisjys] , né le 29 mars 1967 à Paris 11e, est un réalisateur, scénariste, producteur, monteur et acteur français.
Il est connu du grand public pour la réalisation de deux parodies de film d'espionnage avec Jean Dujardin : OSS 117 : Le Caire, nid d'espions et OSS 117 : Rio ne répond plus, puis pour celle du film romantique muet en noir et blanc The Artist, interprété par Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Ce dernier a remporté plus de cent récompenses en 2012 incluant le British Academy Film Award du meilleur film, du meilleur scénario et de la meilleure réalisation, le César du meilleur film et celui de la meilleure réalisation, ainsi que les Oscars du meilleur film, de la meilleure réalisation et celui du meilleur acteur pour Jean Dujardin.
Le 24 juillet 2019, il est nommé président du conseil d’administration de la Fémis, l'École nationale supérieure des métiers de l'image et du son.
Michel Hazanavicius naît au sein d'une famille d'origine lituanienne et polonaise et d'identité juive ashkénaze. Ses grands-parents s'installent en France dans les années 1920. Son père qui travaille dans l'informatique et sa mère documentaliste lui donnent, jeune, le goût du cinéma.
De 9 à 13 ans, il pratique le football au Paris FC ; son frère Serge Hazanavicius était persuadé qu'il aurait pu faire une carrière professionnelle, mais Michel Hazanavicius déclare qu'il n'avait pas assez « la niaque ».
Il étudie deux ans à l'école nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy (ENSAPC) mais part avant d'obtenir son diplôme pour aller travailler chez Canal+.
Michel Hazanavicius est le frère cadet de l'acteur Serge Hazanavicius. Il partage sa vie avec l'actrice Bérénice Bejo avec qui il a deux enfants nés en juin 2008 et en septembre 2011. Il a également deux filles d'une précédente relation avec la réalisatrice Virginie Lovisone : l'actrice Simone Hazanavicius et Fantine Hazanavicius.
Il commence sa carrière à la télévision en 1988 : son ami d'enfance Dominique Farrugia le fait entrer comme stagiaire à Canal+, où il collabore à divers programmes dont des sketchs des Nuls. Sa contribution y est essentiellement scénaristique. L'auteur passe à la réalisation des sketchs en 1992. Suivent des spots publicitaires pour plusieurs marques dont Reebok, Bouygues Telecom…
En 1993, il coréalise avec Dominique Mezerette La Classe américaine : Le Grand Détournement, montage d'extraits de films cinématographiques avec des acteurs connus dont les dialogues sont détournés, dans la même veine que Lily la tigresse. Il y pose déjà les bases de son style futur : citations visuelles, pastiche cinéphile et références, entre hommage et ironie, à l'histoire du septième art.
Au cinéma, la carrière de Michel Hazanavicius démarre en 1997 par un court-métrage, Échec au capital. Il prend aussi part aux projets solo de ses anciens compagnons des Nuls. Il coécrit ainsi le scénario de Delphine 1, Yvan 0 de Dominique Farrugia et y fait une apparition en tant que Régis, le « con » de la troupe. Il apparaît aussi dans le film d'Alain Chabat Didier. Son nom est d'ailleurs repris pour faire passer Didier pour un footballeur lituanien. Enfin, on l'aperçoit furtivement dans le film La Cité de la peur, écrit par le trio comique composé de Chantal Lauby, Dominique Farrugia et Alain Chabat.
Puis vient la réalisation du long métrage Mes amis dans lequel il dirige son frère Serge Hazanavicius. Il s'agit d'une satire virulente de la production télévisuelle française, notamment des sitcoms AB. Il participe également en 2004 à l'écriture des Dalton, adapté de la bande dessinée Lucky Luke, réalisé par Philippe Haïm. Le film est largement éreinté par la critique, Hazanavicius reconnaît que le film est raté mais indique que son scénario fut déformé par Haïm. Il met ensuite en scène, en 2005, le spectacle humoristique d'Éric et Ramzy intitulé Érickéramzy, tout en lançant un projet de film sur l'histoire des frères Guérini, deux figures du grand banditisme marseillais, avec Jean Dujardin et Albert Dupontel en vedette. Le producteur, Farid Lahouassa, ne rassemble pas les fonds nécessaires et ils préfèrent abandonner le projet.
Michel Hazanavicius crée en 2002 la société de production La Classe américaine dont le nom provient de son premier téléfilm devenu culte. La société a notamment produit des œuvres télévisuelles dont le documentaire Tuez-les tous ! (2004) ou cinématographiques comme Le Redoutable (2016), produit en partenariat avec une nouvelle société, Les Compagnons du cinéma créée en 2016 avec Florence Gastaud et Riad Sattouf.
En 2005, Michel Hazanavicius est contacté par les frères producteurs Altmayer pour la réalisation du diptyque OSS 117. Avec OSS 117 : Le Caire, nid d'espions (2006), le réalisateur obtient un immense succès critique et public (plus de deux millions d'entrées). Le film est librement inspiré du célèbre personnage des romans de Jean Bruce en pastichant notamment les premiers James Bond, avec Sean Connery. Le deuxième long métrage, OSS 117 : Rio ne répond plus (2009), est réalisé dans la même veine. Il totalise deux millions et demi d'entrées.
À l'automne 2010, il réalise un film muet en noir et blanc : The Artist, inspiré du cinéma américain non sonore des années 1920 et 1930 (celui entre autres de William A. Wellman et de Charlie Chaplin) qu'il pastiche autant qu'il le célèbre. Le film narre la déchéance de George Valentin (interprété par Jean Dujardin), acteur phare du muet confronté à l'arrivée du cinéma parlant le rendant désuet et qui voit contrarié son amour naissant pour une étoile montante : Peppy Miller (Bérénice Bejo).
Les débuts sont laborieux : Jean Dujardin, hésitant, refuse le rôle avant de se raviser et peu de chaînes de télévision sont prêtes à s'engager sur un film muet et en noir et blanc. Par ailleurs, l'avance sur recettes n'est pas allouée au projet par le CNC. L'arrivée du producteur Thomas Langmann et de sa société indépendante La Petite Reine débloque la situation : ils mobilisent Studio 37 (Orange), France 3 Cinéma, Canal+ et la Warner France pour la distribution française.
The Artist est sélectionné au festival de Cannes 2011. Il y reçoit un excellent accueil et vaut à son acteur principal Jean Dujardin le prix d'interprétation masculine. Lors du festival, le film est acheté par des distributeurs du monde entier, notamment par la Weinstein Company qui lance sa carrière américaine et son intense campagne de promotion en vue des Oscars du cinéma 2012.
Les critiques de la presse américaine sont enthousiastes pour ce film.
Grâce à cette œuvre qui est dix fois nommée (record historique pour un film français), le réalisateur apparaît rapidement comme un prétendant aux Oscars du cinéma où la majorité des bookmakers le donnent alors gagnant à la suite de l'obtention du Directors Guild of America Award de la meilleure réalisation pour un film et de nombreux prix lors de la cérémonie des Golden Globes à Los Angeles et des BAFTA à Londres.