Ce Jour-là

Michel Guérin (écrivain)

Écrivain et philosophe français

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Michel Guérin, né le 12 mars 1946, est un écrivain et philosophe français.

Michel Guérin est un écrivain, universitaire et philosophe français, né à Nantes le 12 mars 1946. Agrégé, il enseigne la philosophie dans l’enseignement secondaire de 1970 à 1982. Ses premiers livres paraissent chez Grasset : Nietzsche, Socrate héroïque (1975) et Lettres à Wolf ou la Répétition (1976). En désaccord avec la tournure de « pub-philosophie » des « nouveaux philosophes », auxquels il se trouve malgré lui assimilé, Guérin publie dans Le Monde une mise au point, qu’il répète en 1979 en faisant paraître aux éditions du Seuil un essai, Le génie du philosophe, au sous-titre ouvertement polémique : Défense et illustration de la métaphysique en réponse à quelques anti – et nanti – « philosophes », dits « nouveaux ».

Carrières diplomatique et universitaire

Sur proposition de Régis Debray, conseiller culturel du président Mitterrand Michel Guérin est nommé attaché culturel à Bonn, alors capitale de la RFA. Suivront, dans le cadre de ce détachement, deux missions de conseiller culturel/directeur de l'Institut français à Vienne (Autriche), puis Athènes.

Sa pièce sur Socrate, Le Chien, écrite en Grèce, y est jouée à l'été 1993 dans la traduction de l'écrivain Tákis Theodorópoulos ; elle sera mise en théâtre trois ans plus tard par les Comédiens Français au théâtre du Vieux-Colombier (Roland Bertin étant Socrate) et diffusée sur France Culture et RFI.

En 1986, Michel Guérin publie chez Actes Sud Qu'est-ce qu'une œuvre ?, premier ouvrage de la collection « Le génie du philosophe », fondée avec Hubert Nyssen. Il y publie en particulier La Terreur (1990) et La Pitié (2000). D'autres auteurs participent à la collection, dont Hans-Georg Gadamer, Manfred Frank, Nicolas Grimaldi, Guy Lardreau, Jean-Pierre Faye, Karl Popper, etc.. La série est interrompue en 2000.

Michel Guérin est nommé professeur des universités dans le département des Arts plastiques et Sciences de l'art de l'Université de Provence. Il y dirige le LESA, Laboratoire d’études en Sciences des Arts et est élu en 2005 à la chaire Théorie de l'art et de la culture de l'Institut universitaire de France.

Michel Guérin est admis à la retraite le 1er septembre 2013 et accède à l'éméritat de l'Université d'Aix-Marseille par arrêté de son président.

Michel Guérin préside l’Association Des Sud : celle-ci a coédité avec Actes Sud de 2000 à 2010, avec le soutien de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône, une revue littéraire et de débats, La Pensée de midi, dirigée par l’essayiste Thierry Fabre, et placée sous le « parrainage » moral et intellectuel d’Albert Camus et de René Char.

Parmi les trente-et-unes livraisons en dix ans de la revue (de forme livre, avec un dossier thématique, des rubriques et une iconographie), un numéro double (24/25) sur le Mépris, coordonné par Renaud Ego et Michel Guérin, avec des textes de Marcel Cohen, Hubert Nyssen, David Le Breton, Axel Honneth, Pierre-Damien Huyghe, Bernard Stiegler, Bernard Noël, Renaud Ego, etc.

Les archives de La Pensée de midi ont été déposées à la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille.

Sa réflexion développe quatre principaux axes de recherche : une pragmatique de la croyance, une théorie culturelle de la sensibilité moderne appuyée sur des études sur le XIXe siècle, une théorie de l'œuvre, de ses dimensions et de ses limites, une méditation sur la transparence comme mode post-métaphysique de la véracité après « la fin des phénomènes » et l'exténuation de la phénoménologie.

Le concept-clef, transversal à ses travaux, est celui, largement revisité, de « Figure ».

Cette notion de Figure (cf. Gérard Genette) est associée à l’Idée régulatrice d’une figurologie. Pour l'auteur, la majuscule initiale codifie un usage qui, d’une part fait référence à la Figur chez le poète autrichien Rainer Maria Rilke, d’autre part entend se distinguer de la signification banale du mot. Les Figures ne sont ni des concepts, ni des métaphores, ni des images, mais des instruments de pensée, qui contiennent tout ensemble la chose à dire et la façon de la dire. C'est en comparaison avec la peinture qu'on la peut saisir, comme on peut dire de Bacon qu'il a peint la Figure de la chair, ou Rembrandt, celle de l'individu.

La Figure de X transparaîtra donc dans l'essai qui, en l'écrivant, la rend réelle. La Figure est rythme premier, dans l’acception grecque de forme émergente.

La figurologie peut se concevoir comme une post-phénoménologie usant de Figures comme instruments de pensée. De plus en plus nettement, la figurologie se réfléchit comme écriture, où se mêlent de façon indiscernable le fond et la forme.

Car la pensée (à la différence des sciences, productrices de connaissances et procédant par détermination) est toujours modale : sa forme, son mouvement, son geste est co-extensif de la chose qu'elle cherche à saisir, créer et rendre. Guérin appelle cela : l’affectivité de la pensée. La philosophie, écrit souvent l’auteur, est « ce qui s’enseigne ».

En juillet 2024, un colloque de six jours au château de Cerisy a réuni des universitaires et artistes internationaux pour réfléchir à cette notion et au reste du travail philosophique de l'auteur.

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