Ce Jour-là

Michel Galabru

Acteur français

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Michel Galabru, né le 27 octobre 1922 à Safi (protectorat français au Maroc) et mort le 4 janvier 2016 à Paris 18e, est un acteur français.

Il a également été metteur en scène et directeur du théâtre Montmartre-Galabru ainsi que du théâtre de Dix Heures.

Premier prix du Conservatoire national d'art dramatique, Michel Galabru est pensionnaire de la Comédie-Française durant sept ans, de 1950 à 1957. Il acquiert un début de notoriété au cinéma avec le film La Guerre des boutons d'Yves Robert, succès de l'année 1962. Le Gendarme de Saint-Tropez, en 1964, le révèle auprès du grand public. Auprès de Louis de Funès, il interprète l'adjudant Gerber de la gendarmerie de Saint-Tropez.

Dès lors, il devient un acteur omniprésent dans le cinéma comique français, tournant régulièrement sous la direction de Jean Girault, Jean-Pierre Mocky, Georges Lautner, Bertrand Blier et Claude Zidi. Très populaire, il joue dans de nombreuses comédies à succès telles que Le Viager, Le Grand Bazar, Flic ou Voyou, Papy fait de la résistance, La Cage aux folles ou Les Sous-doués, tout en retrouvant Louis de Funès dans les cinq suites du Gendarme ou encore dans L'Avare. En parallèle, pour des raisons alimentaires, il participe à d'innombrables films comiques qualifiés de « nanars ».

Il livre aussi des prestations dramatiques remarquées dans L'Ibis rouge, Monsieur Balboss, Le Juge et l'Assassin, Le Choix des armes, Subway, Kamikaze ou encore Uranus. En 1977, son interprétation d'un tueur en série du XIXe siècle dans Le Juge et l'Assassin lui vaut le César du meilleur acteur. Il est nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle, en 1986 pour Subway et en 1991 pour Uranus.

Figure du cinéma français avec près de soixante-dix ans de carrière et son nom aux génériques de plus de deux cent cinquante films, Michel Galabru reste également fidèle à la scène, étant souvent à l'affiche des théâtres de boulevard mais aussi de pièces d'auteurs comme Molière, Jean Anouilh et surtout Marcel Pagnol, qu'il affectionne particulièrement. En 2008, le Molière du comédien lui est décerné pour son rôle dans Les Chaussettes-Opus 124. Il poursuit sa carrière quasiment jusqu'à sa mort, notamment avec Le Cancre, spectacle seul en scène qui revient avec humour sur sa carrière.

Fils de Paul Galabru (1892-1988), ingénieur et professeur à l'École nationale des ponts et chaussées, et d'Yvonne Payré (1895-1979), Michel Galabru naît le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc. Il passe les sept premières années de sa vie à Safi, où son père participe à la construction du port de la ville, puis une grande partie de son enfance dans la maison familiale au Bousquet-d'Orb, dans l'Hérault. Il passe quelques années au Havre.

Il a deux frères, Marc Galabru (1929-2014), médecin, et un autre Jean, l'aîné, jeune homme lettré qui écrivait des poèmes, mort à l'âge de 18 ans de la tuberculose.

Se destinant d'abord à devenir joueur de football professionnel (il est d'ailleurs depuis son enfance un grand supporter du Stade olympique montpelliérain), c'est finalement le métier de comédien qui l'attire. Le parcours de Sacha Guitry, piètre élève à l'école, tout comme lui, mais avec la carrière de comédien que l'on connaît, a une grande influence sur son désir de devenir artiste. « J'ai été mis dehors de sept écoles différentes. Remarquez, Guitry a été viré douze fois. Ça prouve bien qu'il avait plus de talent que moi. » Il écrit d'ailleurs un livre sur lui, en 2001 : Galabru raconte Sacha Guitry. Un autre artiste qui a une influence sur lui, durant sa jeunesse, fut Tino Rossi, qu'il admire au point de se coiffer comme lui.

Après des études au collège Saint-François-Régis et au lycée Pierre Rouge (enclos saint François de la Pierre Rouge) de Montpellier (fondé par Charles Prévost) puis au lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague à Paris 16e, il suit, après le bac, une année de droit pour obéir à l'injonction de son père : « Fais ton droit, je te ferai entrer chez Schneider au contentieux. Ce mot m'a effrayé. »

Requis par le Service du travail obligatoire (STO), à 20 ans dans la classe 42, il est envoyé en 1942 comme ouvrier dans un camp de travail à Klagenfurt en Autriche, puis comme forgeron en Yougoslavie. N'ayant pas les qualifications qu'il a déclarées, il est accusé de sabotage et envoyé dans un camp disciplinaire duquel il est libéré par les Partisans yougoslaves. Il est nommé « commissaire politique de Tito » par ses camarades. Il épargne alors un soldat allemand, qui, selon ses dires avait à peine une vingtaine d'années, et évite le lynchage à un autre, qui était selon lui, chef des Jeunesses hitlériennes.

Après la guerre, Michel Galabru gagne Paris afin d’y préparer le Conservatoire national d'art dramatique (promotion 1950). Il y rencontre sa première épouse Annette Jacquot, apprentie comédienne, avec qui il aura deux fils, Jean et Philippe. Après trois ans d’études dans la classe de Denis d'Inès, couronné par un premier prix du Conservatoire, il est engagé à la Comédie-Française le 1er septembre 1950. Il débute dans George Dandin ou le Mari confondu, et interprète les différents auteurs classiques et modernes du répertoire du Français : Shakespeare, Molière, Marivaux, Feydeau, Courteline, Jules Romains. Il sera pensionnaire de la Comédie pendant sept ans.

En 1972, durant l'émission Monsieur Cinéma, il parle de cette expérience : « J'aurais voulu jouer les Valets, Scapin, tous ces types très malins et on ne me les a jamais fait jouer à cause de mon physique. On m'a tout de suite mis dans les petits rondouillards, ce qui est très humiliant, et on vous dit toujours « vous êtes content, vous avez un bel emploi ». Tout ce qui est beau et glorieux, c'est fini. Vraiment, c'est pénible. »

Il se lie notamment d'amitié avec Jean Paul Belmondo, Jean Rochefort ou encore Jean-Pierre Marielle.

Il y reste jusqu'au 1er septembre 1957 et décide alors de prendre des risques et quitte ce prestigieux cénacle pour voler de ses propres ailes.

Il travaille également pour le cinéma, il y débute en 1951 avec Ma femme, ma vache et moi de Jean Devaivre.

Acteur de la comédie populaire française, Michel Galabru a tourné dans plus de 250 films et téléfilms ; si certains de ces films ont connu un grand succès, d'autres très nombreux ont été, de son propre aveu, des films purement alimentaires. À propos de ces films, il confia, dans une interview, avoir entendu le producteur de la saga du Gendarme de Saint-Tropez déclarer au réalisateur : « Tu me prends Louis de Funès, et je ne veux que des ringards autour ». Exacte ou non, cette anecdote révèle en tout cas la modestie de l'acteur. Cependant, il a su aussi briller dans le registre dramatique, notamment dans Le Juge et l'Assassin, rôle pour lequel il a reçu le César du meilleur acteur en 1977.

À l'affiche des théâtres de boulevard, Michel Galabru tourne en 1961 dans La Guerre des boutons d'Yves Robert, jouant alors le rôle du père de Bacaillé.

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