Ce Jour-là

Michel Foucault

Philosophe français

Anúncio

Paul-Michel Foucault, dit Michel Foucault, né le 15 octobre 1926 à Poitiers (Vienne) et mort le 25 juin 1984 dans le 13e arrondissement de Paris, est un philosophe français.

Il est connu pour ses critiques des institutions sociales, principalement la psychiatrie, la médecine, le système carcéral, et pour ses idées et développements sur l'histoire de la sexualité, ses théories générales sur le pouvoir et les relations complexes entre pouvoir et connaissance.

Associé aux débuts du Centre universitaire expérimental de Vincennes, il est ensuite, de 1970 à 1984, titulaire d'une chaire au Collège de France qu'il intitule « Histoire des systèmes de pensée ». Militant politique dans les années 1970, il participe aux premiers mouvements de soutien aux travailleurs immigrés et fonde le Groupe d'information sur les prisons qui donne la parole aux détenus sur leurs conditions de vie.

D'abord associé au structuralisme, Foucault a produit une œuvre aujourd'hui rattachée au post-structuralisme et à la philosophie postmoderne. Il est une figure phare de la French Theory. Son travail reste très fécond dans le monde académique notamment anglo-saxon par-delà les spécialisations disciplinaires. The Times Higher Education Guide le décrit en 2009 comme l'auteur en sciences humaines le plus cité au monde.

Il est l'une des premières personnalités à mourir du sida en France.

Son compagnon, Daniel Defert, a fondé l'association AIDES en son honneur.

Paul-Michel Foucault naît le 15 octobre 1926 à Poitiers, au sein d'une famille bourgeoise.

Son père, Paul-André (de), né en 1893 à Fontainebleau, mort en 1959 à Poitiers, est chirurgien et professeur d'anatomie. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé comme infirmier puis médecin auxiliaire. En 1934, il est élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur. Sa mère, Anne Malapert, née en 1900 à Poitiers, morte en 1987 à Vendeuvre-du-Poitou, est la fille d'un médecin et possède des biens immobiliers à Vendeuvre-du-Poitou. De leur union en 1924 naissent trois enfants :

Francine Foucault, née en 1925 ;

Denys Foucault, né en 1933, qui devient chirurgien, comme son père.

Paul-Michel est très tôt attiré par l'histoire. Contre l'avis de son père qui voulait le destiner à la carrière médicale, il entre en classes préparatoires littéraires, avec le soutien de sa mère. Il abandonne plus tard le « Paul » de son prénom. Didier Eribon, dans sa biographie, avance deux hypothèses : la première, que Foucault donna à sa mère, étant que ses initiales étaient les mêmes que celles de Pierre Mendès France ; la seconde, qu'il avait donnée à ses amis, étant qu'« il ne voulait plus porter le prénom de son père, qu'adolescent il haïssait ».

Ses études sont un mélange de succès et de résultats médiocres : il est très mauvais en mathématiques, mais rafle régulièrement des prix d'excellence en français, histoire, grec et latin. Mais ses résultats chutent brusquement en classe de troisième, en 1940 : il ne supporte pas de n'être plus premier depuis l'arrivée des Parisiens repliés à Poitiers. Devançant son éventuel redoublement, sa mère l'inscrit alors au Collège Saint-Stanislas de Poitiers, où bientôt il excelle. Sa mère fait aussi jouer à plein son réseau privé et confie son fils à un jeune étudiant, Louis Girard, qui lui « ressort » « une sorte de kantisme assez vague, arrangé à la mode du XIXe siècle ». De sorte qu'à la fin de l'année, Foucault obtient le deuxième prix de philosophie.

En classe de terminale, son professeur de philosophie (le Père Supérieur Dom Pierrot) le classe dans la catégorie des élèves « pour qui la philosophie serait toujours un objet de curiosité », plutôt tournés vers Descartes, par opposition à ceux pour qui elle relèverait plutôt d'une inquiétude existentielle, vitale, davantage tournés vers Pascal. Au baccalauréat, il obtient la mention « assez bien », avec 10/20 en philosophie. De cette époque, Foucault retiendra surtout des souvenirs liés à l'Histoire, c'est-à-dire aux événements politiques (plus qu'à la vie familiale) ; quant à ses souvenirs de lycée du Collège Saint-Stanislas, ils sont détestables : il en haïssait l'atmosphère religieuse et méprisait les cours qu'il y avait reçus.

Soutenu par sa mère, qui veut lui laisser le choix de ses études, il tient tête à son père (car « l'idée de faire des études de médecine lui fait horreur »). En septembre 1943, il entre en classes préparatoires littéraires au lycée Henri-IV de Poitiers. Manifestant de plus en plus d'intérêt pour la philosophie (sans délaisser l'histoire), le jeune élève devient, en classe, le principal interlocuteur de son professeur de philosophie : « Les autres [élèves] étaient un peu perdus… » Foucault, à cette époque, est assez solitaire, « il travaillait tout le temps et se liait assez peu aux autres » : il s'accorde, selon ses propres dires, une première récréation (d'un quart d'heure) quelques semaines avant le concours. « Le concours, la compétition, en faire plus que l'autre, être le premier, quelqu'un comme moi a toujours vécu là-dedans », expliquera-t-il plus tard. Malgré cela, il échoue (de peu) en 1945 aux épreuves écrites du concours d'entrée à l'École normale supérieure : il est cent unième, alors que seuls les cent premiers peuvent se présenter à l'oral.

Après de nouvelles démarches de sa mère, Michel Foucault quitte enfin Poitiers, ville qu'il juge étouffante, pour Paris où il est admis à la rentrée 1945-1946 au lycée Henri-IV. Sa mère ayant les moyens de lui payer une chambre en ville (l'adolescent, fragile et instable, répugne absolument à la vie en communauté de l'internat du lycée), il est perçu par les internes comme un « provincial mal fagoté », « un garçon sauvage, énigmatique, fermé sur lui-même ». Il travaille énormément, « comme un fou ». Jean Hyppolite, alors son professeur au lycée Henri-IV, qu'il trouve fulgurant et génial, l'éblouit. Il ne cessera de proclamer sa dette à ce grand connaisseur de Hegel, à qui il succédera au Collège de France ; en 1975, il affirme même qu'il lui « doit tout ». Le professeur qui succède à Jean Hyppolite dit du jeune Foucault qu'il « vaut beaucoup mieux que sa note — devra s'affranchir d'une tendance à l'hermétisme —, c'est un esprit rigoureux ». Il lit et aime Balzac, Stendhal et Gide mais surtout se passionne de plus en plus pour la philosophie. Devenu « élève d'élite » selon ce professeur, il passe du vingt-deuxième rang, à la rentrée, au premier rang avant la fin de l'année et, en histoire, du septième au premier rang.

Il est reçu quatrième, en 1946, au concours d'entrée à l'École normale supérieure de Paris, rue d'Ulm.

À l'École normale supérieure de Paris (1946 à 1951)

« C'est une nouvelle vie qui commence pour lui. Une vie qu'il aura bien du mal à supporter. Foucault est un garçon solitaire, sauvage, dont les rapports avec les autres sont très compliqués, souvent conflictuels ». Didier Eribon dans sa biographie résume l'ambiance de ces années « parfois intolérables » pour Foucault : « Il se dispute avec tout le monde, il se fâche, il déploie tous azimuts une formidable agressivité qui s'ajoute à une tendance assez marquée pour la mégalomanie. Foucault aime à mettre en scène le génie dont il se sait porteur. Si bien que, très vite, il est presque unanimement détesté. Il passe pour être à moitié fou ».

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Michel Foucault | World in Stories