Michel Feldschuh dit Michel Field, né le 17 juillet 1954 à Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse), est un journaliste, écrivain, animateur de radio et dirigeant de télévision français.
Formation et engagement politique
Il est le fils d'Erwin Feldschuh, un ouvrier juif autrichien dont la vie bascule quand, en 1938, militant clandestin avec Bruno Kreisky, accusé de haute trahison en 1935, il doit émigrer vers la France le jour de l'Anschluss. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce père de deux autres enfants, Claude et Marianne, entre dans la résistance et adopte comme pseudonyme « Field ». Ouvrier chez Ferodo, il devient ingénieur grâce à une formation du CNAM, puis consultant en organisation.
Michel Feldschuh grandit dans le 16e arrondissement de Paris. Au lycée Claude-Bernard, il est responsable lycéen de la Ligue communiste révolutionnaire. Il y milite de 14 à 20 ans (jusqu'en 1975). Élève brillant, mais frondeur, il est à la fois présenté au concours général et exclu du lycée à l'automne 1971. Il passe sa terminale au lycée Honoré-de-Balzac, puis s'inscrit en hypokhâgne puis en khâgne au lycée Condorcet, période où des mouvements de protestation agitent le milieu lycéen. À la suite de son exclusion, Michel Field fait paraître une tribune dans Le Monde. Il est l'un des leaders du mouvement lycéen contre la loi Debré (1973) : lors d'un débat télévisé, il lance un fameux « rigolo ! » au ministre de l'Éducation, Joseph Fontanet. « J'ai arrêté de militer à 21 ans. Ce qui m'a sauvé, c'est l'investissement dans les études en même temps que la politique. »
En 1978, il obtient son CAPES, en étant major, et se met à enseigner. Il met trois ans pour obtenir l'agrégation de philosophie. Il est professeur à l'École normale d'institutrices de Douai puis à l'École normale d'instituteurs de Versailles. Il enseigne également dans les universités de Nanterre et Vincennes à Saint-Denis.
Parcours dans le monde de l'édition
Il publie son premier roman en 1984, Le passeur de Lesbos, avec les éditeurs Bernard Barrault et Betty Mialet.
Michel Field publie plusieurs romans et collabore aux Nouvelles littéraires. En 1989 est publié son roman érotique Impasse de la nuit, livre-culte dans les milieux libertins[réf. nécessaire], l'universitaire Michel Delon affirme qu'il est héritier des grands ouvrages libertins du XVIIIe siècle.[réf. nécessaire]
Michel Field commence à acquérir une certaine notoriété en tant qu'homme de radio sur la station de radio France Culture, où il est chroniqueur régulier de l'émission Panorama de 1984 à 1990. De 1995 à 2015, il est une des voix d'Europe 1, où il anime longtemps la tranche 18 h-20 h, avec un rendez-vous quotidien de libre antenne des auditeurs. En outre, au cours de ces vingt ans passés sur Europe 1 :
il prend en charge en 2006, un rendez-vous hebdomadaire sur les questions d'environnement, Écolographie ;
de septembre 2007 à 2015, il propose avec Olivier Duhamel Médiapolis, un magazine hebdomadaire d'une heure où ils décortiquent les nouvelles relations dans les médias et le monde politique ;
à la rentrée 2010, il présente une émission quotidienne Café découvertes jusqu'en février 2011 ;
il présente entre le 22 août 2011 et fin juillet 2012, une émission quotidienne de 21 h 00 à 22 h 30 nommée Rendez-vous à l'hôtel en direct de l'hôtel Costes. Du lundi au jeudi, il reçoit à sa table une dizaine d'invités culturels aux côtés de chroniqueurs, Pierre de Vilno, Bruno Cras, Françoise Gaujour, Constance Chaillet, Nourchene Cherif, Julien Cottereau, Wendy Bouchard et Anne Michelet ;
pendant l'été 2015, il présente Médiapolis Fictions avec Olivier Duhamel, le samedi de 10 h à 11 h.
Lors de la sortie de son livre Impasse de la nuit en 1989, Michel Field est invité sur le plateau de Ciel, mon mardi ! animé par Christophe Dechavanne sur TF1. Dès la semaine suivante, l'animateur lui propose de tenir une chronique hebdomadaire, ce qu'il fait pendant trois ans.
En 1992, Michel Field est radié de l'enseignement après avoir laissé passer la date de reconduction de sa mise en disponibilité. Il arrive sur France 2 où il crée et présente Le Cercle de minuit grâce à Laure Adler[évasif]. L'émission lui rapporte un 7 d'or en 1993[réf. nécessaire].
Le 28 mars 1994 sur France 2, il anime l'émission Demain les jeunes organisée sous la forme de deux heures de happening en direct avec 200 lycéens et étudiants, au moment des manifestations contre le contrat d'insertion professionnelle, une "sorte de sous-smic" pour les jeunes voulu par le Premier ministre Édouard Balladur. Le chanteur Tonton David, dont la chanson Sûr et certain est reprise dans les manifestations, participe au débat de l'émission, pour laquelle Jacques Chirac félicite Michel Field le lendemain et qui aurait "participé au retrait du projet", selon Balladur, qui a mis fin à la rallonge budgétaire promise à France 2.
En 1994 aussi, il arrive sur Canal+ où il remplace pendant un an Jean-Luc Delarue dans l'émission La Grande Famille sans succès, puis anime durant trois ans une émission politique, L'hebdo dans laquelle les personnalités politiques doivent affronter un forum de lycéens et d'étudiants. Il anime également Pas si vite, un rendez-vous de cinq minutes sur la philosophie, en alternance avec Jackie Berroyer et Mademoiselle Agnès.