Michel Durafour, né le 11 avril 1920 à Saint-Étienne (Loire) et mort le 27 juillet 2017 dans la même ville, est un homme politique centriste et écrivain français.
D'abord membre du Parti républicain, radical et radical-socialiste puis du Parti radical valoisien, il est membre des gouvernements de Jacques Chirac puis de Raymond Barre, entre 1974 et 1977. Il se rapproche en 1988 de la gauche en entrant au gouvernement de Michel Rocard et devenant ainsi une personnalité symbolique de l'ouverture.
Il est maire de Saint-Étienne de 1964 à 1977, sénateur de la Loire de 1965 à 1967, puis député de la 1re circonscription de la Loire de 1967 à 1981, de nouveau sénateur de la Loire de 1983 à 1988 et brièvement président du conseil régional de Rhône-Alpes de 1980 à 1981.
Michel Durafour est également écrivain sous son patronyme et sous les pseudonymes de Pierre Jardin, Cécil Viborg et Rémi Sibel.
Michel Durafour est le fils d'Antoine Durafour (1876-1932), avocat, homme politique et d'Olga Gaillard (1899-1992), d'origine suisse. Il est le filleul laïc d'Aristide Briand (1862-1932), homme politique et prix Nobel de la paix en 1926.
Michel Durafour est élève au lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne puis diplômé de la faculté de droit de Paris et de l'École libre des sciences politiques. En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée et effectue son service militaire à Poitiers.
Michel Durafour est démobilisé en 1940 après la défaite et en 1941, il achève ses études à l'École libre des sciences politiques (section Diplomatie, promotion 1941) alors installée à Lyon.
Carrières professionnelle et politique
En septembre 1944, Michel Durafour entre comme chargé de mission au cabinet du ministre de l'Information. Il exerce cette responsabilité jusqu'en janvier 1946, successivement auprès de Pierre-Henri Teitgen, Jacques Soustelle et André Malraux. Il est ensuite journaliste dans différents organes de presse.
Il rejoint tout d'abord l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) avant d'en être exclu en 1948 par Eugène Claudius-Petit. Il devient alors membre du Parti radical-socialiste.
Adjoint au maire de Saint-Étienne de 1947 à 1964, il devient maire de cette ville de 1964 à 1977 : son père, Antoine Durafour, en avait également été maire, trente-quatre ans plus tôt, de 1930 à 1932. Comme les électeurs lui reprochent un manque de présence locale, il est battu aux élections municipales de 1977 par le communiste Joseph Sanguedolce. Très attaché au développement de la culture à l'échelle locale, alors adjoint à la mairie de Saint-Étienne, il avait décidé de créer systématiquement un adjoint délégué à la culture. Cette initiative pionnière dans les années 1960 a été suivie ensuite par d'autres villes.
Sénateur de la Loire (Centre républicain) de 1965 à 1967, il est député de ce département de 1967 à 1974.
Président du groupe des réformateurs démocrates sociaux de l'Assemblée nationale de 1973 à 1974, il remplit les fonctions de ministre du Travail de 1974 à 1976 pendant la présidence Giscard d’Estaing, puis de ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Économie, des Finances et du Budget de 1976 à 1977. Il laisse alors son siège de député à son suppléant, Pierre-Roger Gaussin. Le 29 avril 1976 il signe avec le Premier ministre Jacques Chirac le décret sur le regroupement familial.
Lors des élections législatives de 1978, il est réélu député de la Loire sous l'étiquette de l'UDF et préside la commission de la production et des échanges de l'Assemblée nationale en 1978. Il est battu en 1981 par le candidat communiste Paul Chomat.
De 1980 à 1981, il préside le conseil régional de Rhône-Alpes et poursuit une carrière universitaire en tant que professeur associé de gestion à l'université Paris-Dauphine, professeur d’université à l'université Jean-Moulin-Lyon-III et conférencier à l'université Panthéon-Sorbonne.
Sénateur de la Loire de 1983 à 1988, il est inscrit au groupe de la Gauche démocratique.
Dans les gouvernements Rocard, ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives de 1988 à 1991 (dont ministre d'État à partir de 1989), il constitue, aux côtés d'autres personnalités d'ouverture, le Mouvement des réformateurs. Après une longue négociation avec les fédérations de fonctionnaires, il conclut avec cinq d'entre elles (FEN, CFDT, FGAF, CFTC et CGC) un accord sur la réforme de la grille de la fonction publique le 9 février 1990.
Il est conseiller d'État en service extraordinaire de 1992 à 1996.