Michel Delpech est un auteur-compositeur-interprète français, né le 26 janvier 1946 à Courbevoie (Seine) et mort le 2 janvier 2016 à Puteaux (Hauts-de-Seine).
Certaines de ses chansons ont marqué les années 1960 et 1970, notamment Chez Laurette, Wight Is Wight, Pour un flirt, Que Marianne était jolie, Les Divorcés, Le Chasseur, Quand j'étais chanteur ou encore Le Loir-et-Cher.
Jean Michel Bertrand Delpech naît le 26 janvier 1946 à Courbevoie, ville de la proche banlieue parisienne, alors en département de la Seine. Enfant du baby-boom, il est le fils de Bertrand Charles Delpech, chromeur de métaux à Courbevoie, et de Christiane Cécile Marie Josselin, femme au foyer. Il a deux sœurs cadettes, Catherine et Martine.
Sa famille maternelle (Josselin) est une famille de viticulteurs, propriétaires récoltants de champagne de Gyé-sur-Seine dans l'Aube. Son berceau familial paternel est en Sologne, à Dhuizon, où vit son grand-père coiffeur, et à La Ferté-Saint-Cyr, où résident oncles et cousins épiciers, bûcherons et agriculteurs. Le jeune Michel passe des week-ends et des vacances scolaires dans sa famille en province, travaillant un peu dans l'épicerie de sa tante.
Ses parents ayant déménagé à Cormeilles-en-Parisis en Seine-et-Oise (aujourd'hui Val-d'Oise), Jean-Michel Delpech effectue ses études au collège Chabanne puis au lycée Camille-Pissarro de Pontoise de 1961 à 1964.
Adolescent, il se passionne pour de grands chanteurs classiques comme Luis Mariano puis pour les grands noms des années 1950 comme Gilbert Bécaud et Charles Aznavour. En 1963, au lycée, il monte un petit orchestre avec des camarades.
Il quitte le lycée en janvier 1964 avant de passer son baccalauréat pour se consacrer à la musique, tente sa chance en passant une audition à Paris pour faire partie de la maison des disques Vogue.
Alors qu'il vient, à peine âgé de 18 ans, de sortir son premier disque, Anatole, il rencontre le compositeur Roland Vincent. Se rendant à une réunion de travail chez ce dernier, à Saint-Cloud, il repense à ses années de lycéen et au café où lui et ses camarades se retrouvaient après les cours. Dans le train, entre la Gare Saint-Lazare et la Gare de Saint-Cloud, il écrit les paroles de Chez Laurette, pour lesquelles Roland Vincent, séduit et inspiré, a vite fait de trouver une mélodie. Sortie le 1er mai 1965, en pleine période yéyé, cette « chanson nostalgique d'adolescence » n'est pas un succès à la vente mais, en raison de ses nombreux passages à la radio, fait sortir le chanteur de l'ombre.
En 1965, Michel Delpech participe à la comédie musicale Copains-clopant, qui reste six mois à l'affiche, d'abord au théâtre de la Michodière puis au théâtre du Gymnase, à Paris : l'intégration de la chanson Chez Laurette au spectacle contribue à la faire connaître. À l'occasion de cette comédie musicale, Delpech rencontre Chantal Simon, avec qui il chante en duo la chanson éponyme de la pièce. Il a 20 ans quand il l'épouse en 1966.
La même année, sous le label Festival (label de la maison Barclay qui publiera les disques de Delpech jusqu’au début des années 1980), il enregistre son deuxième 45 tours, Inventaire 1966, nouveau tremplin vers le statut de vedette. À la manière de Jacques Prévert, et en guise d'hommage au poète, il compile, dans les couplets de sa chanson, une liste de faits d'actualité, de tenues à la mode et de succès médiatiques : la guerre du Viêt Nam, la minijupe, les bottes Courrèges, la mode Cacharel, les chemises à fleurs, le drugstore Opéra, etc.. Toujours en 1966, durant trente-huit représentations à l'Olympia, il fait la première partie de Jacques Brel qui fait ses « adieux à la scène ».
En 1967, Johnny Stark, l’imprésario de Mireille Mathieu, le prend en main et l'aide à se forger une image de vedette. C'est en première partie de la « chanteuse d'Avignon » que le jeune Delpech entame une tournée internationale qui le mène en Allemagne de l'Ouest, en URSS et aux États-Unis. La même année, il quitte la maison de disques Festival et passe chez Barclay.
En 1968, il obtient le grand prix du disque de la chanson française pour Il y a des jours où on ferait mieux de rester au lit, coécrit par Jean-Jacques Debout.
C'est l'époque des succès, y compris à l'étranger : Wight Is Wight (novembre 1969) (en hommage au festival de l'île de Wight), Et Paul chantait Yesterday (1970) (hommage aux Beatles qui se séparent), Pour un flirt (mai 1971). Le planant Wight Is Wight, qui surfe sur la vague hippie, se vend à plus d'un million d'exemplaires en Europe. Le romantique Pour un flirt est un tube dans les pays francophones et aux Pays-Bas, sa version en allemand figure dans les palmarès en Allemagne de l'Ouest, en Autriche et en Suisse. En quatre mois, il s'en vend plus d'un million deux cent mille exemplaires. L'auteur lui-même en est surpris. « Je ne croyais absolument pas au potentiel de ces couplets », dira-t-il par la suite.
En 1970, le chanteur quitte Johnny Stark pour bénéficier d'une plus grande liberté artistique, et, deux ans plus tard, cesse sa collaboration exclusive avec Roland Vincent pour faire appel à d'autres compositeurs.
Désormais vedette à part entière, il occupe la scène de l'Olympia trois semaines durant en janvier 1972.
En 1973, sa séparation d'avec Chantal Simon — qui l'a quitté — et la rupture entre son coparolier Jean-Michel Rivat et Christine Haas, lui inspirent la chanson Les Divorcés, où il évoque une rupture paisible, alors qu'elle est en fait très douloureuse. Comme cette chanson tranche, par son titre et son sujet, avec les chansons gaies de Delpech, la maison Barclay, craignant qu'elle ne risque de nuire à l'image du chanteur, hésite avant de consentir à donner son feu vert. Bien lui en prend : plusieurs centaines de milliers de 45 tours sont vendus. Une thèse veut que les paroles de la chanson aient eu un tel impact sur les mentalités que le projet de loi sur le divorce par consentement mutuel s'en trouva adopté trois ans plus tard, en 1975.
À partir de 1973, il enchaîne plusieurs succès considérables avec Que Marianne était jolie, sur une musique signée Pierre Papadiamandis, Le Chasseur (1974), au texte signé par Michel Delpech et Jean-Michel Rivat sur la musique de Michel Pelay, Quand j'étais chanteur (1975), paroles de Rivat et Delpech sur une musique de Roland Vincent.
En 1977, il chante Le Loir-et-Cher, qui parle, avec tendresse et ironie, des habitants de ce département, berceau de sa famille. À travers les reproches de paysans qui se plaignent qu'il ne vient plus les voir et qu'il ne pense plus à eux — « On dirait que ça te gêne de marcher dans la boue, on dirait que ca te gêne de dîner avec nous » —, il évoque les rapports parfois difficiles entre la ville et la campagne.