Michel Deguy, né le 23 mai 1930 à Draveil et mort le 16 février 2022 à Paris 5e, est un poète, traducteur et essayiste français, fondateur et rédacteur en chef de la revue Po&sie. Il est à la fois poète et philosophe, ne séparant pas la poésie d'une pensée critique sur le monde. Il est aussi enseignant, et traverse en tant qu'enseignant la période particulièrement animée et riche en remise en cause, en milieu étudiant, de Mai 68.
Né en 1930, il effectue ses études au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, puis au lycée Louis-le-Grand. Il devient Agrégé de philosophie en 1953.
Il enseigne une dizaine d’années dans plusieurs lycées parisiens. Il a été ainsi professeur au lycée Buffon, en même temps que Maurice Clavel dans les années 1960, au lycée Claude-Bernard, au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, où il avait été élève, en classe de Lettres supérieures. Pendant une trentaine d'années, il intervient ensuite au Centre universitaire de Vincennes, peu de temps après mai 1968, puis à l'université Paris VIII. En 1969, il participe au séminaire du Thor, organisés en Provence par René Char, avec, en invité, Martin Heidegger. Il devient professeur émérite de lettres de cette université. Michel Deguy participe par ailleurs aux revues Critique (« Conseil de rédaction ») et Les Temps modernes. Proche de Jacques Derrida, il préside de 1989 à 1992 le Collège international de philosophie et, de 1992 à 1998, la Maison des écrivains.
Traducteur, il participe (avec François Fédier) à la traduction de l'essai du penseur allemand Martin Heidegger Approche de Hölderlin (Gallimard, 1962).
Invité par Claude Gallimard, Michel Deguy fait partie du comité de lecture des éditions Gallimard de 1962 à 1987.
Rédacteur en chef de la revue Po&sie, qu'il crée en 1977 avec Jacques Roubaud, il dirige le cipM de 1997 à 1999.
En 1962, il reçoit le prix Max-Jacob, en 1998, le grand prix national de la poésie, en 2000, le grand prix de poésie de la SGDL (Société des gens de lettres), en 2004, le grand prix de poésie de l'Académie française et en 2021 le prix Guez de Balzac de l'Académie française.
Il était le mari de Monique Deguy (née Brossollet), décédée en 1994. Il a consacré un ouvrage à ce deuil : À ce qui n'en finit pas publié en 1995. Il est le père de la comédienne Marie-Armelle Deguy.
En 2012, avec plusieurs autres intellectuels, il signe une tribune dans Le Monde en faveur du candidat à la présidentielle François Hollande, intitulée « Pourquoi il faut voter François Hollande » et dans laquelle il développe les « raisons impératives d'élire François Hollande président de la République ».
Il meurt le 16 février 2022 à Paris 5e, à l'âge de 91 ans. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 4).
Les Meurtrières, Paris, Pierre-Jean Oswald, 1959, 63 p.
Fragment du cadastre, Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1960, 156 p.
Poèmes de la presqu’île, Paris, Hermann, coll. « Le Chemin », 1961, 149 p.
Le Monde de Thomas Mann, Paris, Plon, 1962, 168 p.
Biefs : poèmes, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1964, 164 p.
Actes, Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1966. 301 p.
Ouï dire, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1966, 109 p. Réédité avec une préface d’Alain Bonfand, Paris, La Différence, coll. « Orphée », (136), 1992, 127 p.
Histoire des rechutes, Paris, Éditions Promesse, coll. « Diptyque », 1968, 33 p. Gravures de Enrique Zañartu.