Ce Jour-là

Michel Ciment

Écrivain et critique de cinéma français

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Michel Ciment, né Michel Cziment le 26 mai 1938 à Paris 1er et mort le 13 novembre 2023 à Paris 14e, est un écrivain, universitaire, critique de cinéma, journaliste et producteur de radio français.

Maître de conférences en civilisation américaine à l'université Paris VII-Denis-Diderot, directeur de publication de la revue Positif et chroniqueur dans l’émission de France Inter Le Masque et la Plume pendant plus de cinquante ans ainsi que producteur de l'émission Projection privée à France Culture de 1990 à 2016, il est l'auteur de nombreux livres sur le cinéma.

Né dans le 1er arrondissement de Paris le 26 mai 1938, Michel Ciment est le fils d'Alexander Cziment, un juif hongrois ayant rejoint la France dans les années 1920 pour fuir le fascisme de son pays natal. Sa mère, Hélène, ne révèle à son fils sa judéité qu’à l’âge de 95 ans.

La famille doit se cacher pendant la guerre et échappe de peu à la rafle du Vel d'Hiv grâce à un policier qui les prévient la veille. Alexander Cziment se réfugie en Normandie, où il est caché par des paysans jusqu'à la fin de la guerre. Michel Cziment rejoint son père en Normandie, et sa mère fait des allers-retours à Paris.

Après la guerre, leur patronyme est francisé de Cziment en Ciment, à son grand regret car il lui vaudra de nombreux quolibets et jeux de mots.

Son père, un artisan couturier spécialiste du plissé, travaillant pour des grandes maisons de la mode parisienne, est un homme aimé, mais un joueur invétéré, taciturne et inaccessible. Sa mère, petite main dans l’entreprise familiale, est une femme rayonnante qui lui fait découvrir la littérature, la peinture et le théâtre et l'emmène régulièrement au cinéma.

Dès l'âge de huit ans, il découvre les films américains dans des cinémas populaires de Paris comme le Buffault, le Roxy ou le Helder et prend des notes dans des cahiers. Vers l'âge de quinze ans, il découvre d'autres styles de cinéma comme celui de Ford ou de Walsh, de Tati, Fellini, Bergman, Bresson, Antonioni.

Il étudie au lycée Condorcet où il a comme professeur Paul Bénichou, puis en hypokhâgne à Louis-Le-Grand où Gilles Deleuze est son professeur de philosophie. Il fréquente la Cinémathèque française et commence à lire les Cahiers du cinéma en 1955 et Positif en 1956.

Il poursuit des études à la Sorbonne, puis obtient en 1958 une bourse Fulbright, qui lui permet d'aller étudier aux États-Unis où une partie de sa famille paternelle s'est installée après avoir quitté la Hongrie. Il intègre là-bas le Amherst College, dans le Massachusetts. Il découvre et apprécie l’ouverture d’esprit et la proximité avec les enseignants qui règnent dans les établissements d'enseignement américain. Sa pratique de l'anglais et sa connaissance de l'histoire américaine apporteront une dimension internationale à sa carrière.

Révolté et « très politisé », engagé contre la guerre d'Algérie, il se décrit comme étant plutôt de « gauche libertaire plus proche des surréalistes » que du parti communiste.

Michel Ciment s'intéresse très tôt au cinéma. Initié également par sa mère, il découvre des films plus exigeants et la cinémathèque de la rue d’Ulm. Une passion pour le cinéma émerge qui, conjuguée à celle de la littérature, le pousse à écrire sur le cinéma, à l'image des critiques de l’époque tels Roger Tailleur ou Robert Benayoun, chez qui il retrouve cet intérêt pour le surréalisme. Il écrit ses premiers textes dans une petite revue étudiante nommée CinémaTexte.

En 1963, alors qu'il est enseignant d'anglais dans un lycée de Suresnes, il fait parvenir un texte consacré au film d'Orson Welles Le Procès au comité de rédaction de la revue Positif qui publie son article. Trois ans plus tard, il rejoint l'équipe et devient, de fait, le directeur de publication, bien que la revue de gauche, créée en 1952 et d'influence surréaliste, n'ait jamais vraiment eu de hiérarchie.

En 1970, sur invitation de François-Régis Bastide, il rejoint les critiques Georges Charensol et Jean-Louis Bory dans l'émission radiophonique Le Masque et la Plume, dont il reste membre jusqu'à son décès (il y est intervenu pour la dernière fois fin septembre 2023 pour défendre Le Grand Chariot de Philippe Garrel et Acide de Just Philippot).

En 1973, il publie son premier livre, Kazan par Kazan, dans lequel il s'entretient avec le cinéaste. Sur le même modèle suivront des livres consacrés à Francesco Rosi, Joseph Losey, Jane Campion et, en particulier, Stanley Kubrick dont Michel Ciment est l'un des principaux exégètes. Son livre Kubrick, publié en français en 1980 avec une nouvelle édition en 2011, est traduit et publié dans plusieurs langues.

En 1968, il devient enseignant en cinéma et civilisation américaine à l’Université de Vincennes, puis à Paris VII où il exerce comme maître de conférences pendant une trentaine d'années.

Au début des années 1990, tout en continuant son travail à Positif, il lance une nouvelle émission radiophonique, Projection privée, à France Culture, dans laquelle, de 1990 à 2016, il reçoit un ou plusieurs invités venus discuter autour d'un thème inspiré par l'actualité cinématographique.

En 1994, il reçoit à Cannes le premier prix Maurice Bessy, qui récompense « une personnalité exerçant son activité ou son talent dans les domaines de l’écriture cinématographique. »

Adhérent du Syndicat français de la critique de cinéma (SFCC), il en est membre du conseil d’administration, président, puis président d’honneur, sélectionneur de la Semaine de la critique et membre de son jury littéraire.

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