Michel Barnier, né le 9 janvier 1951 à La Tronche (Isère), est un homme d'État français. Plusieurs fois ministre et commissaire européen, il joue, à partir de 2016, un rôle de premier plan dans la politique française et européenne en étant le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne (UE), puis le Premier ministre français du 5 septembre au 13 décembre 2024.
Membre des principaux partis gaullistes successifs (UDR, RPR, UMP et LR), il s'engage en politique en 1973 en Savoie. Il est élu député dans ce département pour la première fois en 1978. Localement, il s'implique en particulier dans l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville.
Il est ensuite ministre à plusieurs reprises sous la deuxième cohabitation (dans le gouvernement Balladur) puis sous Chirac et Sarkozy (Environnement de 1993 à 1995, Affaires européennes de 1995 à 1997, Affaires étrangères en 2004-2005, Agriculture et Pêche de 2007 à 2009). Il est également deux fois commissaire européen (Politique régionale de 1999 à 2004 ; Marché intérieur et Services financiers de 2010 à 2014) et vice-président de la Commission européenne de 2010 à 2014. En 2016, l'UE le charge de mener les négociations liées au Brexit, puis de négocier les relations ultérieures avec le Royaume-Uni.
Candidat au congrès des Républicains (LR) de 2021 pour l'élection présidentielle de 2022, il est éliminé de justesse à l'issue du premier tour de cette primaire interne, arrivant en troisième position avec 23,9 % des voix avant de rallier Valérie Pécresse.
En septembre 2024, en pleine crise politique, il est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. Il forme un gouvernement minoritaire soutenu par le « socle commun » (EPR-LR), qui est renversé en décembre suivant à la suite de son recours à l'article 49.3 de la Constitution pour la loi de financement de la Sécurité sociale. Avec trois mois et huit jours passés à Matignon, il est le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République.
À l'occasion d'une élection législative partielle organisée en 2025 dans la deuxième circonscription de Paris, il retrouve les bancs de l'Assemblée nationale après trente-deux ans d'absence.
Michel Jean Barnier naît le 9 janvier 1951 à La Tronche (département de l'Isère), benjamin d'une fratrie de trois garçons.
Son père est Jean Barnier, patron d'une petite entreprise industrielle de gainerie, et sa mère Denise Durand, militante d'associations sociales. Son ascendance agnatique est dauphinoise et fixée, de la quatrième à la onzième génération (début des registres au xviie siècle), à Saint-Étienne-de-Crossey, aujourd’hui dans le département de l’Isère.
Le 14 janvier 1982, il épouse Isabelle Altmayer, avocate, avec qui il a trois enfants : Nicolas, Laetitia et Benjamin.
Après des études secondaires au lycée Jean-Moulin d'Albertville, puis au lycée du Parc à Lyon, Michel Barnier fait ses études supérieures à l’ESCP (École supérieure de commerce de Paris), dont il sort diplômé en 1972 (dans la même promotion que Jean-Pierre Raffarin). Il étudie également à l'Institut d'études politiques de Paris. Durant ses études à Paris, Michel Barnier est membre de la Conférence Olivaint.
Michel Barnier se consacre ensuite à la politique, après avoir adhéré dès l'adolescence à l'Union des démocrates pour la République (UDR), le parti gaulliste. Il est cadre de l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), mouvement officiel des jeunes gaullistes.
Il est successivement chargé de mission au cabinet de Robert Poujade, ministre de l'Environnement (1973-1974), conseiller général de la Savoie pour le canton de Bourg-Saint-Maurice (1973-1999) — « plus jeune conseiller général de France à 22 ans » —, chargé de mission au cabinet de Pierre Mazeaud, secrétaire d'État chargé de la Jeunesse et des Sports (1974-1976), conseiller technique au cabinet d'Antoine Rufenacht, secrétaire d'État auprès du Premier ministre (1976-1977), puis secrétaire d'État au Commerce et à l'Artisanat (1977-1978).
À l’issue des élections législatives de 1978, il est élu député de la Savoie. À 27 ans, il est le plus jeune député de l'Assemblée nationale. Il est réélu aux élections législatives de 1981, marquées par une « vague rose » après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.
Le 18 septembre 1981, il compte parmi les députés de droite qui rompent la discipline de groupe et votent en faveur de l'abolition de la peine de mort. Le 20 décembre suivant, il fait partie des 155 députés (la quasi-totalité de son groupe parlementaire) qui votent contre l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal réprimant toute relation homosexuelle avec un mineur de plus de quinze ans (par exception à la disposition générale qui n'interdit les relations sexuelles qu'avec mineur de moins de 15 ans). Le 10 décembre 1982, il vote d'autre part contre le projet de loi prévoyant le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale.
En 1982, afin de reprendre le conseil général de la Savoie à la gauche, une entente politique prenant le nom d'Union pour la Savoie entre la droite et le centre est passée, sous l'égide, entre autres, de Michel Barnier, et procède à la distribution des investitures aux élections cantonales. Il devient alors le plus jeune président de conseil général de l'histoire de la Savoie. Dès son élection à la présidence de cette collectivité locale, il s'associe au triple champion olympique Jean-Claude Killy pour porter la candidature et organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1992, co-présidant avec lui le comité d'organisation des Jeux d'Albertville.
En 1995, alors qu’il est au gouvernement, il est élu sénateur de la Savoie. Il n'exerce pas son mandat du fait de ses fonctions gouvernementales et est réélu en 1997. Il quitte le Sénat après sa nomination comme commissaire européen en 1999.
Il fait partie des sénateurs qui votent contre le projet de loi instituant le Pacte civil de solidarité (PACS), union civile ouverte aux couples de sexes différents ou de même sexe, lors des séances des 11 mai et 30 juin 1999.
Premières responsabilités ministérielles