Ce Jour-là

Michel-Ange

Peintre, sculpteur, poète et architecte italien du XVIe siècle

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Michel-Ange [mikɛlɑ̃ʒ] (simplement Michelangelo Buonarroti, en italien), né le 6 mars 1475 à Caprese (république de Florence) et mort le 18 février 1564 à Rome (États pontificaux), est un sculpteur, peintre, architecte, poète et urbaniste florentin de la Haute Renaissance.

Né dans la république de Florence, son œuvre s'inspire des modèles de l'Antiquité classique et influence durablement l'art occidental. Les capacités créatives et la maîtrise de Michel-Ange dans différents domaines artistiques le définissent comme un archétype de l'homme de la Renaissance, aux côtés de son rival et contemporain, Léonard de Vinci. Compte tenu du volume considérable de correspondance, de croquis et d'ouvrages qui subsistent, Michel-Ange est l'un des artistes les mieux documentés du XVIe siècle. Preuves de l'admiration que lui vouent les intellectuels et d'autres artistes de son temps, plusieurs biographies sont publiées de son vivant ; la première est incluse dans Le Vite, recueil des biographies des artistes de la Renaissance de Giorgio Vasari (1550), la seconde émane de son élève, Ascanio Condivi en 1553. Une courte biographie par Paolo Giovio, Michaelis Angeli Vita paraît en 1527. Il a été salué par les biographes contemporains comme l'artiste le plus accompli de son époque.

Protagoniste de la Renaissance italienne, déjà de son vivant, il est reconnu par ses contemporains comme l’un des plus grands artistes de tous les temps. Son œuvre a une influence considérable sur ceux-ci, si bien que sa « manière » de peindre et de sculpter est abondamment reprise par les représentants de ce qu'on appellera le maniérisme qui prospère dans la Renaissance tardive.

Certaines de ses œuvres sont considérées comme des chefs-d’œuvre de la Renaissance : David (1504), lequel a longtemps orné la façade du Palazzo Vecchio de Florence avant d'être transféré dans l'Académie des beaux-arts de la ville ; la Pietà (1499), exposée dans une chapelle latérale de la basilique Saint-Pierre de Rome ; Moïse (1515) du tombeau de Jules II dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome ; le plafond de la chapelle Sixtine, peint entre 1508 et 1512 ; Le Jugement dernier, exécuté entre 1536 et 1541 sur le mur de l’autel de cette chapelle.

En tant qu'architecte, il conçoit le dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome en 1508.

Le vrai nom de Michel-Ange est Michelagnolo Buonarroti comme écrit dans la biographie de 1553, La vie de Michelagnolo Buonarroti, par Ascanio Condivi, son disciple et collaborateur. Vasari lui-même l'appelle Michelagnolo ; le nom est demeuré jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Le changement en « Michelangiolo » d'abord et l'italianisation ultérieure en « Michelangelo », ont lieu entre les années 1800 et 1900.

Bien que la version moderne se soit imposée parmi les nouvelles générations, à Florence la variante du XIXe siècle de « Michelangiolo » persiste dans le discours des anciens et dans la dénomination des lieux symboliques de la ville (Viale Michelangiolo, Piazzale Michelangiolo, Liceo Classico Michelangiolo, etc.).

Michel-Ange nait le 6 mars 1475 au château de Caprese à Caprese (Toscane), dans la Valtiberina, près d'Arezzo, dans la république de Florence. Il est baptisé le 8 mars 1475 dans l'église San Giovanni de Caprese. Il est le deuxième fils de Ludovico di Leonardo Buonarroti Simoni et de Francesca di Neri del Miniato del Sera. Michel-Ange a quatre frères : Lionardo (1473-1510), Buonarroto (1477-1528), Giovansimone (1479-1548) et Sigismondo (1481-1555). La famille est florentine : le père est alors dans la ville pour occuper le poste politique de magistrat et podestat de Caprese et Chiusi.

Les Buonarrotis de Florence appartiennent au patriciat florentin. Jusque-là, personne dans la famille n'a entrepris une carrière artistique ou dans l'art « mécanique » (c'est-à-dire un métier qui demande un effort physique) peu adapté à son statut, occupant plutôt des postes dans des fonctions publiques : deux siècles plus tôt, un ancêtre, Simone di Buonarrota, siège au Conseil des Cent Sages et occupe les fonctions publiques les plus importantes. Depuis plusieurs générations, les Buonarroti forment une famille de petits banquiers à Florence, mais la banque a fait faillite lorsque Michel-Ange nait. Ils possèdent un blason et patronnent une chapelle dans la basilique Santa Croce de Florence. Les Buonarroti prétendaient descendre de la comtesse Matilde di Canossa, une affirmation qui reste à prouver, mais à laquelle Michel-Ange croyait.

Cependant, au moment de la naissance de Michel-Ange, la famille connait des difficultés économiques : le père est tellement démuni qu'il est même sur le point de perdre ses privilèges de citoyen florentin. Il accepte le podestat de Caprese, une position politique dans l'une des possessions florentines les moins importantes, pour tenter d'assurer une survie décente à sa famille en arrondissant les maigres revenus de quelques fermes autour de Florence. Cette situation influence fortement les choix familiaux, ainsi que le sort du jeune Michel-Ange et sa personnalité : le souci de son bien-être économique et de celui de sa famille seront une constante tout au long de sa vie.

Dès fin mars 1475, une fois le mandat de six mois de Ludovico Buonarroti terminé, la famille revient dans sa maison de Settignano près de Florence, où le nouveau-né est confié à une nourrice locale. Settignano est une ville de tailleurs de pierre où la pietra serena utilisée depuis des siècles à Florence dans des constructions prestigieuses est extraite. Son père y possède une carrière de marbre et une petite ferme. La nourrice de Michel-Ange est la fille et la femme de tailleurs de pierre. l'enfant apprend à dégager des blocs de pierre de la carrière voisine, expérience qu'il jugera à l'origine de son art : devenu un artiste célèbre, Michel-Ange, expliquant pourquoi il préférait la sculpture aux autres arts, se souvient précisément de cette période, se disant venir d'un pays de « sculpteurs et tailleurs de pierre », où il avait bu « le lait mélangé à de la poussière de marbre » de sa nourrice. Il ne retournera chez son père qu'à l'âge de dix ans.

En 1481, l'épouse de Lodovico meurt, le laissant seul avec ses cinq enfants ; son père se remariera en 1485 avec Lucrezia Ubaldini (décédée en 1497). Allant contre les vœux de son père et de ses oncles, réfractaires à l'art, Michel-Ange, après avoir étudié auprès du grammairien Francesco da Urbino, choisit, poussé par son ami Francesco Granacci qui l'encourage dans le dessin, d’être apprenti auprès de Domenico Ghirlandaio pour trois ans à partir du 1er avril 1488. Une carrière ecclésiastique ou militaire est généralement réservée aux fils cadets des familles patriciennes, mais Michel-Ange, selon la tradition, manifeste dès son plus jeune âge un fort penchant artistique qui est entravé par son père, mais qui ne prévaut cependant pas face à la résistance héroïque de son fils, comme rappelé dont la biographie d'Ascanio Condivi rédigée avec la collaboration de l'artiste lui-même : il n'a montré aucun intérêt pour ses études, préférant copier des peintures d'églises et rechercher la compagnie d'autres peintres.

Formation auprès de Ghirlandaio (1487-1488)

En 1487, Michel-Ange rejoint l'atelier de Domenico Ghirlandaio, l'un des artistes florentins les plus populaires de l'époque. Pendant l'enfance de Michel-Ange, une équipe de peintres avait été appelée de Florence au Vatican pour décorer les murs de la chapelle Sixtine. Domenico Ghirlandaio, un maître de la peinture à fresque, de la perspective, du dessin de figures et du portrait, qui possédait le plus grand atelier de Florence, en faisait partie.

La ville de Florence est à cette époque le plus grand centre d'art et d'apprentissage d'Italie. L'art était parrainé par la Signoria (le conseil municipal), les guildes de marchands et de riches mécènes tels que les Médicis et leurs associés. La Renaissance, renouveau de l'érudition classique et des arts, est apparue à Florence. Au début du XVe siècle, l'architecte Filippo Brunelleschi, après avoir étudié les vestiges d'édifices classiques à Rome, a construit deux églises, la basilique San Lorenzo de Florence et la basilique Santo Spirito, qui incarnent les préceptes classiques. Le sculpteur Lorenzo Ghiberti a travaillé pendant cinquante ans pour créer les portes de bronze nord et est du baptistère Saint-Jean de Florence, que Michel-Ange décrira comme « Les portes du paradis ». Les niches extérieures de l'église d'Orsanmichele abritent des œuvres des sculpteurs les plus appréciés de Florence : Donatello, Ghiberti, Andrea del Verrocchio et Nanni di Banco. Les intérieurs des églises les plus anciennes sont couverts de fresques (principalement de style médiéval tardif, mais aussi de style début de la Renaissance), commencées par Giotto et poursuivies par Masaccio dans la chapelle Brancacci, dont Michel-Ange étudie et copie les dessins.

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