Michael Rogers (né le 20 décembre 1979 à Barham), est un coureur cycliste australien, professionnel entre septembre 2000 et 2016. Remarquable rouleur à ses débuts, il a remporté trois fois consécutivement le titre de champion du monde du contre-la-montre entre 2003 et 2005. Se consacrant progressivement aux courses par étapes, il a notamment remporté le Tour d'Allemagne en 2003 et le Tour de Californie en 2010, et a terminé deuxième du Tour de Suisse en 2005 et du Tour de Catalogne en 2007. Il compte également une victoire d'étape sur le Tour de France 2014 et deux étapes du Tour d'Italie 2014. Sa carrière a été marquée par plusieurs blessures et maladies. Il met un terme à sa carrière en avril 2016, en raison de problèmes cardiaques.
1999-2005 : le début de carrière et la révélation chez Mapei-Quick Step
Formé sur la piste, Michael Rogers remporte son premier succès lors de la 2e étape du Tour Down Under 2000. Il rejoint l'équipe Mapei-Quick Step en tant que stagiaire, avant d'y passer professionnel en 2001. Il s'impose rapidement comme un rouleur hors pair. Dès sa première saison, il termine notamment deuxième du Grand Prix Eddy Merckx, avec son coéquipier Fabian Cancellara, 20 ans et lui aussi néo-professionnel.
En janvier 2002, il termine deuxième du championnat d'Australie du contre-la-montre derrière Nathan O'Neill. La semaine suivante, il montre également des aptitudes remarquables pour les courses par étapes dans le Tour Down Under. Vainqueur de la 2e étape, il bénéficie d'une véritable démonstration de force de son équipe, qui réalise un triplé dans la 5e étape, avec Cadel Evans et Daniele Nardello. Ainsi, Rogers préserve son maillot jaune face à Alexandre Botcharov et remporte la course. Il confirme ces qualités en terminant troisième d'un Tour de Rhodes remporté par Fabian Cancellara, et lui aussi nettement dominé par la Mapei. La même année, Rogers confirme dans les épreuves contre-la-montre, terminant notamment cinquième du Chrono des Herbiers et 8e du championnat du monde du contre-la-montre.
En 2003, Rogers rejoint l'équipe Quick Step-Davitamon, qui prend la suite de Mapei-Quick Step. Il est à nouveau battu au championnat d'Australie du contre-la-montre, par Ben Day cette fois. Mais à partir du mois d'avril, Rogers se révèle comme un remarquable coureur par étapes. Il termine d'abord quatrième du Circuit de la Sarthe, grâce à un bon contre-la-montre, mais aussi à sa troisième place d'étape à Angers. Fin mai, il prend la cinquième place du Tour de Picardie, puis remporte haut la main le Tour de Belgique. La semaine suivante, il participe au Tour d'Allemagne. À l'issue de la difficile 5e étape, il occupe la cinquième place du classement général, devancé par 4 coureurs de la ONCE-Eroski. Mais le lendemain, il remporte la 6e étape, un contre-la-montre de 40 km, avec plus d'une minute d'avance sur ses concurrents, aux premiers rangs desquels les spécialistes Jan Ullrich et Alexandre Vinokourov. Rogers remporte ainsi avec la manière le Tour d'Allemagne, sa plus belle course par étapes, devant plusieurs des protagonistes du Tour de France. Mieux, il enchaîne sur une troisième course par étapes consécutive, remportant fin juin la Route du Sud grâce à son écrasante victoire dans le contre-la-montre. En juillet, il participe à son premier Tour de France. Alors qu'il occupe la 15e place du classement général, il se fait remarquer en accompagnant le maillot jaune, son coéquipier Richard Virenque, dans la grande étape de l'Alpe d'Huez. Usé par ses performances des derniers mois, il rétrograde cependant dans les Pyrénées, et termine le Tour à la 42e place.
En fin de saison, Rogers réussit à nouveau de très belles performances contre-la-montre. Il termine à nouveau deuxième du Grand Prix Eddy Merckx avec László Bodrogi, puis prend la médaille d'argent lors des championnats du monde du contre-la-montre derrière l'écossais David Millar. Ce dernier ayant avoué s'être dopé, Rogers remportera finalement le titre de champion du monde du contre-la-montre 2003.
Dès le début 2004, Rogers termine 8e de Paris-Nice, confirmant ses belles performances de l'année précédente. Mais il déçoit sur le Critérium du Dauphiné libéré, où il ne termine que 41e, distancé dès avant la montagne. Le Tour de France commence tout aussi mal. Au pied des Pyrénées, il est 56e à 16 minutes de Thomas Voeckler, le maillot jaune, et à plus de 6 de Lance Armstrong. Il fait cependant preuve d'une grande régularité en montagne, et termine notamment 12e du contre-la-montre en côte de l'Alpe d'Huez, ce qui lui permet de s'adjuger une 22e place finale.
Peu après le Tour, il échoue au pied du podium du contre-la-montre des Jeux olympiques d'Athènes à 3 s seulement de la médaille de bronze de Bobby Julich. Il prend sa revanche quelques mois plus tard en remportant son deuxième titre consécutif de champion du monde du contre-la-montre, avec plus d'une minute d'avance sur tous ses concurrents. Ce jour-là, Rogers reçoit successivement sa médaille d'or de l'année précédente, à la suite du déclassement de Millar, et sa médaille d'or 2004. Il devient ainsi le premier à remporter deux titres consécutifs de champion du monde du contre-la-montre depuis la création de l'épreuve. Il réussit aussi plusieurs autres performances dans les épreuves contre-la-montre de fin de saison, terminant notamment deuxième de Florence-Pistoia derrière Sergiy Matveyev.
En 2005, Rogers confirme ses remarquables aptitudes pour les terrains montagneux. Dès le début de la saison, il termine troisième du Grand Prix de Lugano. Puis, début avril, il termine huitième du relevé Tour du Pays basque. En mai, il prend part au Tour de Catalogne. Malgré un contre-la-montre par équipes médiocre, il termine quatrième de la grand étape de montagne menant à Andorre et prend la dixième place du classement général. Le lendemain, lors du contre-la-montre en côte couru sur la même ascension, il termine sixième. Il prend ainsi la quatrième place finale de ce Tour de Catalogne. Il confirme quelques semaines plus tard sur le Tour de Suisse. Dès la 2e étape contre-la-montre, il s'empare de la troisième place, derrière Jan Ullrich et Bradley McGee. Lors de la difficile 6e étape qui mène à Arosa, Rogers distance d'une poignée de secondes ses adversaires pour terminer troisième de l'étape. Il s'empare du maillot jaune. Dans la 8e étape, Rogers voit s'affirmer un troisième concurrent majeur. L'Espagnol Aitor González l'attaque et lui reprend une minute au classement général, se rapprochant à la quatrième place à 36 s avant la dernière étape. Dans cette 9e étape, Rogers est attaqué toute la journée par ses concurrents au classement général, et la force collective de son équipe est trop limitée. Rogers tente de devancer ses concurrents en attaquant le premier, mais il est rapidement distancé par le même Aitor González, qui lui reprend à Ulrichen 48 secondes et la victoire finale. Rogers, quatrième de l'étape, termine deuxième de ce Tour de Suisse.
Rogers fait ainsi partie des outsiders du Tour de France. Décevant lors du contre-la-montre initial (45e), régulier en montagne dans les Alpes, il occupe la 21e place au pied des Pyrénées. Mais il y subit le contrecoup de ses performances des derniers mois, et recule finalement à la 41e place. Le 22 septembre 2005, Rogers remporte à Madrid son troisième titre de champion du monde du contre-la-montre, établissant alors le record de l'épreuve. Il termine également deuxième du Chrono des Herbiers quelques jours plus tard, derrière Ondřej Sosenka.
2006-2008 : la confirmation chez T-Mobile
En 2006, Rogers rejoint l'équipe T-Mobile. Après une bonne préparation sur la Semaine internationale Coppi et Bartali et le Circuit de la Sarthe, il participe pour la première fois au Tour d'Italie. Il termine 8e de la 1re étape contre-la-montre, puis profite de la deuxième place de son équipe dans le contre-la-montre par équipes pour prendre la quatrième place du classement général. 29e de la première étape de moyenne montagne à Saltara, il préserve sa quatrième place derrière son coéquipier Serhiy Honchar, mais s'effondre le lendemain dans l'ascension du Passo Lanciano, terminant 62e à 8 min 49 s. Il recule alors progressivement au classement, et abandonne après la 12e étape, qu'il termine à la 170e place. Après ce Tour d'Italie tronqué, il participe au Tour de Suisse, mais avec beaucoup moins de succès que l'année précédente, et termine 64e.