Ce Jour-là

Mercure de France

Revue française (1672-1965)

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Le Mercure galant, devenu le Mercure de France, est une revue française fondée en 1672 et qui, après plusieurs formules et équipes éditoriales, disparaît en 1965.

Dans l'esprit, le Mercure galant faisait suite au Mercure françois fondé par Jean et Estienne Richer au début du XVIIe siècle, qui, publié de 1611 à 1648, fut la première revue française à voir le jour.

Le Mercure dont il est question est le dieu romain du commerce et des voleurs, le messager des dieux, que la tradition classique a fini par confondre avec le dieu grec Hermès, dieu protecteur.

Le Mercure galant est fondé par Jean Donneau de Visé, qui le dirige jusqu'à sa mort, en 1710. La première livraison date de 1672. Il est d’abord publié sous la forme d’un trimestriel (puis d’un mensuel à partir de mars 1677). Le Mercure galant a pour but d’informer le public des sujets les plus divers et de publier des poèmes ou des historiettes. Cette publication bénéficie d'un privilège royal. Les premiers numéros du Mercure galant contenant plusieurs histoires véritables sont édités par Claude Barbin entre 1672 et 1674 et forment six volumes au format in-12.

La publication reprend en mars 1677 sous le titre de Nouveau Mercure galant, puis redevient le Mercure galant entre janvier 1678 et avril 1714. De 1679 à mai 1710 il porte la mention « Dédié à Monseigneur le Dauphin ». De 1678 à 1685, un supplément trimestriel, l’Extraordinaire du Mercure galant s'est ajouté aux périodiques mensuels. Conçus pour les contributions des lecteurs, ils publient leurs productions galantes et relatent les évènements particuliers. Entre 1680 et 1709, Jean Donneau de Visé s'associe officiellement à Thomas Corneille qui devient codirecteur à parts égales du Mercure galant. Dans les faits, Thomas Corneille est surtout actif de 1677 à 1698. En juin 1710, la rédaction est reprise par Charles du Fresny. Le 5 mars 1683, Edme Boursault donna au théâtre la pièce Le Mercure galant ou la Comédie sans titre. Donneau de Visé s’étant plaint, pendant longtemps, cette comédie, imprimée sous le nom de Poisson, est intitulée la Comédie sans titre.

Le succès du titre est dû, en grande partie, à ses nombreuses lectrices qui y trouvent des rubriques dédiées à la mode vestimentaire. Les nouveautés portées à Paris ou à la Cour, les personnalités qui les portent, les tendances dans les salons de coiffure, etc, sont l’objet d’articles. Ce faisant, la publication a participé à la diffusion de la mode française à travers l’Europe.

Au total 488 volumes ont été publiés entre 1672 et 1710 sous la direction de son fondateur. Après la mort de Donneau de Visé, la revue continue à paraître d'abord avec Charles Dufresny jusqu’en avril 1714, soit 44 volumes.

Elle est reprise en octobre 1714, sous le titre Nouveau Mercure galant, avec à sa direction Lefebvre de Fontenay, qui l'abandonne en octobre 1716, publiant entretemps un supplément fort remarqué en octobre 1715 intitulé Journal historique de tout ce qui s'est passé depuis les premiers jours de la maladie de Louis XIV…, communiqué par le marquis de Dangeau.

En janvier 1717, l'abbé Pierre-François Buchet relance le titre jusqu’en mai 1721 sous le nom de Le Nouveau Mercure, introduisant une nouvelle typographie.

Premier Mercure de France (1724-1823)

Avec la reprise par Antoine de La Roque, la revue change de titre au mois de juin 1724 et devient le Mercure de France, dédié au roi. La revue s'ouvre aux meilleurs morceaux choisis de la littérature.

Louis Fuzelier l'anime de 1745 à septembre 1752, puis c'est l'académicien Louis de Boissy jusqu’en 1758 et enfin dès l'août de cette année, Jean-François Marmontel en prend la direction, qui lui fut retirée aux commencement de l'année 1760, ce dernier ayant tendance à exagérer certains faits. Il fut remplacé par le traducteur angliciste Pierre-Antoine de La Place.

De 1768 à 1778, Le Mercure est la propriété de Jacques Lacombe, qui faisait partie de la rédaction depuis 1761, et le revend à l'éditeur Charles-Joseph Panckoucke. Jean-François de La Harpe en est le rédacteur pendant vingt ans, associé avec Jacques Mallet du Pan, ce dernier développant les aspects politiques, en remplacement de Jean-Gaspard Dubois-Fontanelle. Panckoucke garda la direction jusqu'en 1798 et réunit jusqu'à 15 000 abonnés en l'intégrant dans son groupe éditorial, l'un des plus importants d'Europe. Durant les premières années de la République, sous la direction de Jean-Jacques Lenoir-Laroche, on y croise Marmontel, Julien Louis Geoffroy, Cabanis, Antoine-Alexandre Barbier parmi d'autres.

Héritier de Panckoucke, Henri Agasse revend le titre en 1799 au fils du libraire Cailleau qui publie 40 numéros. En 1800, la maquette est transformée, la direction passe à Jean-Baptiste Esménard et l'impression est confiée à Pierre Didot : Fontanes, La Harpe, Morellet, Bourlet de Vauxcelles essayent de faire revivre la revue sur une ligne conservatrice et catholique qui se veut proche de l'Empire. Chateaubriand en est un moment propriétaire, jusqu'à 1807.

En septembre 1807, la revue fusionne sur ordre de l'Empereur avec La Décade philosophique, journal pourtant idéologiquement opposé au Mercure. Les années 1814 et 1815 sont chaotiques et un lancement de formule hebdomadaire échoue puis le titre s'interrompt jusqu’en juillet 1819. La reprise est assurée par Roquefort qui emploie notamment Pierre-Joseph Briot qui signe « Bourg Saint-Edme ».

L'entreprise connaît des difficultés de parution. Une association d'écrivains libéraux d'opposition se forment et s'en va fonder Mercure du XIXe siècle, tandis que le Mercure de France cesse de paraître en 1825.

Deuxième Mercure de France (1835-1882)

En 1835 le Mercure de France ressuscite. Dirigé par M. Piquée, placé sous l'égide éditoriale de Samuel-Henry Berthoud et imprimé par Auguste Desrez, ce nouveau journal n'est à l'évidence qu'une annexe du Musée des familles, et l'histoire des deux revues reste finalement, durant la période 1835-1882, concomitante.

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