Melvin Gallant est un professeur, critique littéraire, éditeur et écrivain canadien né le 24 mai 1932 à l'Île-du-Prince-Édouard et mort le 20 octobre 2023.
Après des études au collège Saint-Joseph de Memramcook, il enseigne l'économie et la comptabilité de 1957 à 1960 au collège Sacré-Cœur de Bathurst. Il part étudier en Europe, où il obtient un diplôme en science politique de l'université de Paris en 1960 puis une maîtrise ès arts à l'Institut catholique de Paris en 1964. La même année, il commence à enseigner la littérature française et la littérature acadienne à l'Université de Moncton. Sa thèse de doctorat, présentée en 1970 à l'université de Neuchâtel, Le Thème de la mort chez Roger Martin du Gard, est remarquée.
Melvin Gallant est cofondateur des Éditions d'Acadie en 1972. C'est alors la plus importante maison d'édition de langue française en Amérique du Nord à l'extérieur du Québec. Il en est président jusqu'en 1975 puis président du conseil d'administration et du bureau de direction de 1977 à 1984. Il est aussi le fondateur en 1978 de l'Association des écrivains acadiens, qui donne naissance aux Éditions Perce-Neige en 1980. Il fonde la revue d'analyse politique Égalité la même année.
Il publie plusieurs romans, dont une quinzaine pour enfants. Avec sa série Ti-Jean, il est l'auteur jeunesse acadien le plus populaire. Son Ti-Jean est inspiré d'un personnage du folklore acadien, dont on retrouve aussi des versions dans différentes cultures. En 1999, il crée une version féminine du personnage, Tite-Jeanne. Les Éditions d'Acadie ferment leurs portes en 2000 et Melvin Gallant décide de publier de nouvelles versions de Ti-Jean, cette fois aux éditions Bouton d'or Acadie. Parmi ses autres textes figurent le documentaire La Cuisine traditionnelle en Acadie, coécrit en 1975 avec Marielle Boudreau, le recueil de poésie L'Été insulaire (1982) et le roman historique Le Métis de Beaubassin (2009). Ce dernier est le premier livre publié aux Éditions de la Francophonie. Melvin Gallant publie aussi des critiques, des manuels et des articles.
Melvin Gallant naît le 24 mai 1932 — d'autres sources mentionnent 1933 — à Urbainville, dans la région Évangéline, à l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard (Canada). L'un de ses ancêtres est Michel Haché dit Gallant, personnage principal de son roman Le Métis de Beaubassin, paru en 2009. Melvin est d'ailleurs secrétaire de l'Association internationale des familles Haché-Gallant de 2002 à 2005. L'origine du patronyme Gallant, au début un sobriquet acadien de l'ancêtre, n'est pas connue mais Melvin invente une dans son roman. Melvin a été surnommé le « Métis d'Urbainville » car son ancêtre est un métis né d'un père acadien et d'une mère autochtone.
Après avoir terminé son éducation secondaire dans sa province natale, il entre à l'Université Saint-Joseph de Memramcook, dans la province voisine du Nouveau-Brunswick, où il obtient en 1956 un baccalauréat en sciences commerciales. Entre 1957 et 1960, il enseigne l'économie et la comptabilité au Collège Sacré-Cœur de Bathurst. Il se rend ensuite en France, où il obtient un diplôme en sciences politiques de l'université de Paris en 1960 et une maîtrise ès arts de l'Institut catholique de Paris en 1964.
Il prépare aussi une thèse de doctorat, Le Thème de la mort chez Roger Martin du Gard, qu'il soutient à l'Université de Neuchâtel, en Suisse, en 1970. Sa thèse est publiée l'année suivante par la maison d'édition Klincksieck, à Paris. Réjean Robidoux loue la « solidité et la justesse de la thèse » ainsi que son « caractère synthétique » et « exhaustif ». Lors de ses études, Melvin Gallant obtient des bourses des gouvernements français et suisse ainsi que du Conseil des Arts du Canada. Il est membre du jury des bourses de travail libre d'artistes de cet organisme de 1974 à 1976 puis président de 1977 à 1979.
Il séjourne dans dix pays d'Europe et trois d'Afrique.
En 1964, Melvin Gallant part enseigner la littérature française et la littérature acadienne à la nouvelle Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Il y publie un manuel : L'Initiation à la dissertation en 1966 ainsi que plusieurs études et articles. Il est membre fondateur en 1964 et secrétaire jusqu'en 1969 de l'association des professeurs de l'université. Il dirige aussi le département d'études françaises de 1969 à 1973. Il préside de plus le Comité d'équivalence entre les universités francophones de 1971 à 1975.
À la suite d'un concours de poésie lancé en 1971 par des étudiants en maîtrise de l'Université de Moncton, Melvin Gallant regroupe quelques auteurs pour fonder les Éditions d'Acadie l'année suivante. Il en est président jusqu'en 1975 puis président du conseil d'administration et du bureau de direction de 1977 à 1984. Jusqu'à sa disparition en 2000, cette maison d'édition est la plus importante de langue française sur le continent américain à l'extérieur du Québec. Il est aussi le fondateur en 1978 de l'Association des écrivains acadiens, qui donne naissance aux Éditions Perce-Neige en 1980. Il fonde la revue d'analyse politique Égalité la même année.
Il préside des présentations et des séances sur les littératures française et acadienne lors de divers colloques tenus en Belgique, au Canada et en France. En 1988, il est coprésident d'un comité de citoyens souhaitant la survie du journal quotidien Le Matin. Il est aussi président du comité organisateur du Colloque international sur le thème de la mer en 1991.
Melvin Gallant prend sa retraite de l'Université de Moncton en 1993. Il est fait professeur émérite de lettres peu de temps après. Depuis ce temps, il habite six mois par année à Grand-Barachois, dans Beaubassin-Est, au Nouveau-Brunswick, et six mois en République dominicaine. Il a aussi habité en Martinique.
Il continue tout de même d'écrire et il est aussi animateur culturel. Il est président d'honneur du Salon du livre de Dieppe en 2001 et membre du conseil d'administration jusqu'en 2005.
Melvin Gallant meurt le 20 octobre 2023.
Selon David Lonergan, l'œuvre de Melvin Gallant est indissociable de l'émergence de la littérature acadienne. Ses contes et romans de jeunesse sont les plus populaires de la littérature acadienne, avec en tout 18 450 exemplaires vendus avant 1995.
Selon le Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Melvin Gallant, dans son œuvre, s'attache à l'âme et à la vie de son pays, l'Acadie. Son intérêt pour l'histoire provient de sa recherche de ses origines et du désir de mieux comprendre l'Acadie contemporaine.
Ses œuvres sont souvent le fruit d'une volonté de renouveau dans la littérature acadienne. Ti-Jean (1973) est ainsi le premier recueil de contes n'étant pas purement ethnologique, L'Été insulaire (1982) est le premier recueil de poésie ne se bornant pas à l'identité, et Le Chant des grenouilles (1982) est l'un des premiers romans psychologiques. En 1999, en publiant Tite-Jeanne, il renouvelle sa propre œuvre car ce personnage féminin fait contrepoids au personnage masculin de Ti-Jean. La publication des contes de Melvin Gallant contribue pourtant à rendre plus accessibles les contes traditionnels.
En 1973, Melvin Gallant publie Ti-Jean : contes acadiens aux Éditions d'Acadie. Ce recueil de contes, tout en étant inspiré du folklore acadien, possède une portée universelle. C'est en effet une version acadienne d'un conte très commun, qui se retrouve sous ce nom au Québec, en Louisiane et aux Antilles, ainsi que sous le nom Till l'Espiègle en Allemagne et de Ian Beg en Écosse. Destiné aux jeunes de dix à quatorze ans, c'est le premier d'une série de publications centrées sur le personnage éponyme, un garçon honnête et courageux partant à l'aventure pour sauver des princesses en danger et combattre des êtres maléfiques. Dans le folklore acadien, plusieurs contes mettent en effet en scène un personnage ordinairement appelé Ti-Jean engagé par un roi pour accomplir diverses tâches, en faisant un conte-type AT 1000 à 1029 dans la classification Aarne-Thompson. Dans la version acadienne, le roi remplace le personnage de l'ogre stupide que l'on retrouve dans d'autres cultures. Ti-Jean est aussi le personnage principal du conte « le Fin-Voleur » (conte-type AT 1525), l'un des plus populaires du folklore acadien, dans lequel il accomplit des vols audacieux.