Ce Jour-là

Mel Bonis

Compositrice française

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Mel Bonis (ou parfois Mélanie Bonis, née Mélanie-Hélène Bonis le 21 janvier 1858 à Paris et morte le 18 mars 1937 à Sarcelles) est une compositrice post-romantique française.

Élève notamment de César Franck et de Charles Koechlin, elle fait partie, à partir du début du xxe siècle, des artistes les plus avant-gardistes en France. Même si elle ne côtoie pas beaucoup de compositeurs contemporains, son style s'apparente à celui de l'un de ses maîtres, Gabriel Fauré, ainsi qu'à d'autres compositeurs comme Franck et Debussy. Elle a aussi un rôle de pédagogue, notamment auprès des enfants.

Compositrice prolifique, elle compose environ deux cents œuvres tout au long de sa vie, favorisant le piano, mais composant aussi pour de petits ensembles instrumentaux et quelques œuvres pour orchestre. Faisant partie de la vie mondaine parisienne, elle est coutumière des salons et pioche dans les œuvres littéraires de ses proches la matière de ses mélodies.

Dans les années 1990, elle est redécouverte par les musicologues allemands Eberhard et Ingrid Mayer. Son arrière-petite-fille, Christine Géliot, tâche de faire revivre, avec l'aide de l'Ensemble Mel Bonis, l'œuvre de son aïeule.

Pierre-François Bonis, le père de Mel Bonis, est le fils de deux travailleurs : son père est tisserand tandis que sa mère est blanchisseuse. Il est né à Gentilly le 7 juillet 1826. Il est employé comme contremaître en horlogerie. Il connaît cependant une évolution professionnelle puisqu'en 1878, il est alors présenté comme horloger électricien, puis négociant en 1883 et enfin rentier lors de son décès à Sarcelles, le 13 août 1900.

Marie-Anne-Clémence Mangin, la mère de Mel Bonis, est elle aussi issue du milieu ouvrier. Pierre Mangin, son père, est une figure de la Révolution de 1848 et a été le fondateur de l'Association des ouvriers en limes. Elle travaille comme passementière. Elle s'occupe aussi du foyer situé dans un petit appartement du numéro 24 de la rue Rambuteau, dans le 4e arrondissement de Paris en 1857, puis au 18 de la rue Montmartre à partir de 1860.

Mélanie Bonis a deux sœurs, Eugénie-Caroline Bonis, née le 4 février 1860, et Clémence-Louise Bonis, née le 19 juin 1862, toutes deux dans le 1er arrondissement de Paris. Clémence-Louise meurt le 6 mai 1864 à l'âge de deux ans, tandis qu'Eugénie-Caroline Bonis grandit et épouse Georges Aboilard, ingénieur civil qui a fait fortune dans le domaine des télécommunications.

Née le 21 janvier 1858 à Paris, Mel Bonis reçoit une éducation religieuse stricte. Sa mère lit notamment à ses deux filles, Mélanie et sa sœur, L'Imitation pour les tout petits, leur inculquant dès l'enfance les principes de la religion catholique. De plus, à l'école, Mel Bonis a de la facilité et du goût pour l'étude bien qu'elle ne tienne pas en place. Elle ressent, très vite, une grande piété et une grande foi qu'elle conserve toute sa vie.

Elle étudie en autodidacte et reçoit des leçons de piano et de solfège à partir de ses douze ans. Jusqu'en 1876, elle travaille sa technique pianistique et déchiffre et joue sans problème. Elle possède sensibilité et finesse, et réussit même à improviser avec une imagination débordante. C'est Hippolyte Maury, professeur de cornet à pistons, qui l'introduit auprès de César Franck. Ce dernier lui enseigne alors le piano en cours particulier puis l'encourage à se présenter aux examens d'entrée du Conservatoire.

Études au Conservatoire de Paris

C'est le 30 décembre 1876 que Mel Bonis entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, sans se présenter au jury et par décision du directeur Ambroise Thomas. Elle intègre la classe d'écriture musicale, qui regroupe les cours d'harmonie, d'accompagnement au piano, d'orgue, de contrepoint et de fugue. Elle suit les cours d'harmonie et d'accompagnement au piano d'Ernest Guiraud, la classe d'orgue de César Franck ; elle croise aussi comme professeur Napoléon Alkan, Albert Lavignac, Antoine Marmontel ainsi qu'Adolphe Danhauser et Jules Massenet. Puis la séparation des classes d'harmonie et d'accompagnement au piano la place sous la baguette d'Auguste Bazille. Elle reçoit dès 1880 un premier prix d'harmonie. Bonis suit à nouveau les cours d'Ernest Guiraud, promu professeur des classes de contrepoint et de fugue. Cependant, elle quitte cette classe en 1881, probablement sous la pression de ses parents qui refusent sa relation avec le chanteur Amédée-Louis Hettich.

Dans les classes de composition, Mel Bonis est d'abord soumise au règlement en vigueur depuis 1850 avant de se conformer au règlement de 1878. Elle est l'une des premières femmes à entrer dans les classes de composition, succédant à Athalie Legrain, première femme à entrer en classe d'orgue. C'est dans les années 1860 que les premières femmes entrent en classe de composition, avec Charlotte Jacques, qui entre dans la classe d'Aimé Leborne. En 1878, sous le directorat d'Ambroise Thomas, s'ouvrent pour la première fois de l'histoire du Conservatoire de Paris deux classes d'harmonie pour les femmes. Mel Bonis est lauréate de cette classe et obtient en 1879 le Second prix, puis l'année suivante, le Premier prix d'harmonie.

Mel Bonis est donc l'une des premières élèves d'Ernest Guiraud, en compagnie d'Eugène Piffaretti, Paul-Marie Jeannin et Claude Debussy. Elle est très appréciée, ainsi qu'en témoignent les vœux envoyés par Ernest Guiraud pour l'année 1880 : « Comme je serais embarrassé d’avoir un jour à vous gronder comme professeur si vous n’étiez pas de celles auxquelles on n’a que des éloges à faire. Ayez vos deux premiers prix aussi beaux que tout le monde y compte ». Dans la classe d'accompagnement piano, les élèves sont plus nombreux et Mel Bonis n'y est plus la seule femme : l'accompagnent Blanche Sorbier, Françoise Vacher et Marie Archainbaud. En démissionnant, la compositrice interrompt prématurément son cursus de composition. Elle reçoit un second prix d'accompagnement dans cette classe en 1879.

En janvier 1881, son maître Auguste Bazille dit d'elle qu'elle est « la plus forte de la classe mais la peur la paralyse ».

Le premier morceau de Mel Bonis est une pièce pour piano intitulée Impromptu qu'elle signe Mel Bonis : c'est le pseudonyme qu'elle choisit pour ne pas être reconnue comme femme en tant que « compositeur ». Ensuite, elle écrit deux mélodies en collaboration avec Amédée-Louis Hettich sur deux poèmes de sa main, Villanelle et Sur la plage. Hettich est journaliste à L'Art musical.

Au cours des années 1890, Mel Bonis retrouve Hettich et collabore à sa célèbre collection Les airs classiques. Ils travaillent ensemble : elle compose des mélodies et des chœurs sur les textes du poète et il l'aide à faire valoir sa musique tout en lui ouvrant les portes des grands éditeurs parisiens.

Mel Bonis compose plus que jamais dans les années 1900. La compositrice se concentre maintenant sur la musique religieuse où elle essaie de rencontrer « l'amour divin » qui s'exprime, par exemple, dans son Cantique de Jean Racine écrit à la mémoire de son fils disparu.

Sa Sonate pour violoncelle et piano est créée lors d'un concert de la Société des compositeurs de musique (SCM) le 14 février 1906.

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