Ce Jour-là

Meir Kahane

Rabbin et politicien (1932-1990)

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Meir David HaKohen Kahane, (en hébreu : מאיר דוד כהנא), né Martin David Kahane, né à Brooklyn, New York le 1er août 1932 et mort assassiné à Manhattan, New York le 5 novembre 1990, est un rabbin, homme politique et terroriste israélo-américain. Fondateur de l'organisation Jewish Defense League (JDL) aux États-Unis puis de Kach, un parti politique israélien d'extrême droite, il devint député à la Knesset lors des élections de 1984.

Prônant une ligne ultra-nationaliste voire fasciste, Meir Kahane est favorable à une ségrégation totale entre juifs et non-juifs, à la mise en esclavage des non-juifs vivant en Israël, au retrait du droit de vote aux Arabes israéliens, et à l'expulsion de tous les Palestiniens des territoires palestiniens occupés, incluant les Arabes vivant en Israël, hors de ce pays.

En 1988, à la suite d'une décision de la Cour suprême, qui juge le parti Kach « raciste et antidémocratique », Meir Kahane est interdit de se présenter aux élections. En 1994, le parti est interdit en Israël pour terrorisme et racisme.

Kahane est assassiné à Manhattan en 1990 par un groupe lié à Ayman al-Zaouahiri, à Omar Abdel Rahman et à d'autres participants à l'assassinat du président égyptien Sadate en octobre 1981.

Premières années aux États-Unis

Meir Kahane, de son nom de naissance Martin David Kahane est né en 1932 à New York, aux États-Unis dans une famille juive orthodoxe. Son père, Yechezkel (Charles) Kahane, l'auteur de la Torah Yesharah, a étudié dans des yeshivas polonaises et tchèques, était impliqué dans le mouvement sioniste révisionniste et était un ami proche de Vladimir Jabotinsky. Il fait partie, pendant sa jeunesse, du Mouvement sioniste-révisionniste uni d’Amérique (United Zionist-Revisionist Movement of America). Adepte et admirateur des thèses de Jabotinsky et d'Hillel Cook (qui étaient invités fréquemment chez les parents de Kahane), il est également membre du Betar. Il étudie à la yeshiva (collège talmudique) Mir de Brooklyn, de laquelle il reçoit son titre de rabbin, et entreprend des études d’histoire et science politique (licence), relations internationales (master) et droit.

Mythomane, il menait une double vie à New York durant les années 1960, se faisant passer, en-dehors des yeshivas, pour un gentil sous le faux nom de Michael King. Il poussa au suicide une femme américaine non-juive, après l'avoir abandonnée deux jours avant leur supposé mariage. Il a également eu des contacts réguliers avec la mafia italienne, ou encore avec l'organisation d'extrême-droite John Birch Society, qu'il a infiltrée et dénoncée au FBI.

Création de la Jewish Defense League

Au mois de juin 1968, il s'associe à Bertam Zweibon et Morton Dolinsky pour former la Jewish Defense League ou JDL. Le but premier de l’organisation est de lutter contre l’antisémitisme en général, et de manière plus spécifique de défendre les Juifs new-yorkais en proie à des attaques de la communauté noire. Pour ce faire, le mouvement met l’accent sur un retour aux racines juives, combiné à un entraînement physique et quasi-militaire incluant l’usage d’armes.

À la fin de l’année 1969, Kahane – qui s’est progressivement imposé comme l’unique leader et idéologue du groupe – annonce un changement d’orientation de la LDJ : c’est désormais la « cause » des Juifs soviétiques, interdits d’émigrer en Israël, qui sera le premier motif d’action. Dans cette optique, la LDJ commence une campagne contre l’Union soviétique, allant du boycott des sociétés américaines faisant du commerce avec l’URSS au harcèlement (physique ou téléphonique) des diplomates soviétiques, et même d’artistes russes. Le recours à la violence, à la fois symbolique et réel attire l’attention des médias, et la reconnaissance de la LDJ s’accroît, facilitant le recrutement et les levées de fonds. À l’apogée de son succès, en 1970, la LDJ compte 19 000 membres aux États-Unis, des branches en Europe et en Afrique du Sud.

Sa participation en tant que rédacteur-adjoint et contributeur du Jewish Press, le journal anglo-juif le plus vendu aux États-Unis, lui sert de tribune pour exposer son idéologie.

Aujourd'hui la LDJ est classée organisation terroriste aux États-Unis.

C’est en septembre 1971 que Kahane émigre en Israël, moment à partir duquel l’aliyah (émigration en Israël) devient une préoccupation centrale de la LDJ. Si son départ des États-Unis est alors officiellement justifié par l’idéologie sioniste qu’il promeut, les détracteurs de Kahane ont, eux, mis en avant que celui-ci n’avait en réalité pas d’autre choix. D’une part parce qu’il affrontait des critiques internes à la LDJ, déjà en perte de vitesse, mais aussi parce que le gouvernement américain, craignant que l'engagement violent de la Ligue contre l'URSS ne mette en péril la période de détente engagée entre les deux super-puissances, le menaçait de sanctions de plus en plus ouvertement[réf. nécessaire].

Le rabbin se montre actif dès son arrivée en Israël, renonçant ainsi à son désir initial de poursuivre une carrière dans l’éducation juive. Déterminé à poursuivre son militantisme anti-soviétique, il développe également des revendications davantage centrées sur des questions proprement israéliennes, s’élevant contre les activités des missionnaires chrétiens mais surtout en réclamant le départ de tous les Arabes d’Eretz Israël à travers des provocations violentes. Bien qu’attirant l’attention des médias et du public israéliens de temps à autre, Kahane est à cette époque une figure marginale, peinant à rassembler des fonds et des nouvelles recrues, suivi par un petit cortège de supporters, composé de jeunes militants américains de la LDJ et d’une poignée d’immigrants russes.

En marge de son militantisme extra-parlementaire, il tente également d’investir le système politique institutionnel : en 1973, la Jewish Defense League devient Kach (Ainsi), organisation sous la bannière de laquelle il se présente aux élections législatives la même année. Il n’obtient cependant que 0,8 % de voix (un peu moins de 13 000), alors que le seuil électoral requiert 1 %.

Lors de la période qui suit la guerre du Kippour, Kahane systématise et intensifie l’usage de la violence physique et verbale à l’encontre des Arabes en Cisjordanie. Cette stratégie s’avère cependant peu payante sur le plan politique, puisque sa deuxième tentative d’élection à la Knesset, en 1977, est un net échec : il n’obtient que 4 400 votes, soit seulement 0,25 % des suffrages.

Les accords de Camp David de 1979, instituant la paix entre Israël et l’Égypte, sont une étape importante dans la radicalisation de Kahane et de ses supporteurs, dans la mesure où la « trahison » de Begin au camp nationaliste leur fait perdre toute confiance dans le système politique démocratique et institutionnel. Le début des années 1980 est en Israël une période propice au développement de la droite radicale, ce qui favorise l’idéologie du rabbin à être de plus en plus acceptable, et acceptée. Mais il échoue une fois encore à élargir sa base électorale : Kach obtient, en 1981, sensiblement les mêmes résultats que lors des précédentes élections législatives.

Entre 1981 et 1984, un mouvement de soutien populaire pour le rabbin et son parti se construit enfin, et il cesse alors d’être perçu comme un simple marginal, fou, désirant simplement attirer l’attention. Ce soutien progressif repose cependant sur des facteurs extérieurs à la personnalité de Kahane, et notamment sur la perte d’autorité du Premier ministre Menahem Begin, qui s’accentue jusqu’à sa démission.

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