Ce Jour-là

Maximilien Ier (empereur du Mexique)

Archiduc d'Autriche, empereur du Mexique

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Ferdinand Maximilien de Habsbourg-Lorraine, né le 6 juillet 1832 à Vienne et mort fusillé le 19 juin 1867 au Cerro de las Campanas à Santiago de Querétaro (Mexique), est un archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohême, devenu empereur du Mexique sous le nom de Maximilien Ier en 1864. Frère cadet de l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier, il épouse en 1857 la princesse Charlotte de Belgique.

En 1857, Maximilien est nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche a acquis au congrès de Vienne et qui se montre rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg. Sa politique, trop libérale aux yeux du pouvoir autrichien, son indulgence envers les rebelles italiens et sa prodigalité le contraignent à la démission le 10 avril 1859.

Lors de l'expédition du Mexique qui débute au cours de l'hiver 1861-1862, la France, alliée à l'Espagne et au Royaume-Uni, envahit la République mexicaine. Les Espagnols et les Britanniques se retirent en avril 1862, tandis que l'armée française demeure sur place, cherchant à conquérir le pays. Désireux de légitimer cette domination, Napoléon III soutient un groupe de monarchistes du parti conservateur hostiles à la république, qui établissent la deuxième régence du Mexique. Le 3 octobre 1863, une députation de conservateurs mexicains propose à Maximilien d'Autriche la couronne impériale du Mexique. Maximilien conditionne son acceptation du trône à la tenue d'un référendum populaire assorti de garanties financières et militaires solides. Après plusieurs mois de tergiversations, Maximilien finit par accepter et devient empereur du Mexique le 10 avril 1864.

Le Second Empire mexicain réussit à se faire reconnaître par plusieurs puissances européennes, dont la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, l'Autriche et la Prusse. En vertu de la doctrine de Monroe, les États-Unis continuent toutefois de soutenir les insurgés républicains de Benito Juárez, que l'empereur Maximilien ne parvient pas à vaincre durablement. À la faveur de la fin de la guerre de Sécession en 1865, le soutien plus appuyé des États-Unis aux forces républicaines fragilise davantage la situation de Maximilien Ier, laquelle s'aggrave encore lors de l'amorce du retrait de l'armée française du Mexique en 1866. Son épouse, l'impératrice Charlotte, revient en Europe pour tenter d'obtenir au profit de son mari un ultime soutien de Napoléon III, en vain. Vaincu à Querétaro, Maximilien est capturé, jugé et exécuté le 19 juin 1867 par les insurgés, qui restaurent la République mexicaine.

Maximilien naît au château de Schönbrunn, près de Vienne en Autriche le 6 juillet 1832. Second fils de l'archiduc François-Charles d'Autriche et de l'archiduchesse née Sophie de Bavière, il est lors de sa naissance le petit-fils de l'empereur régnant François Ier d'Autriche. Ses prénoms (Ferdinand Maximilien Joseph) rendent hommage à son parrain et oncle paternel, qui devient en 1835 l'empereur Ferdinand Ier, et à son grand-père maternel, le roi Maximilien Ier de Bavière. Frère cadet du futur empereur François-Joseph Ier, il a deux frères puînés : Charles-Louis (1833–1896) et Louis-Victor (1842–1919), ainsi qu'une sœur, Marie-Anne (1835–1840).

Une rumeur récurrente voit en Maximilien le fils du duc de Reichstadt (Napoléon II), élevé à la cour d'Autriche parmi les Habsbourg. L'archiduchesse Sophie était devenue très proche du duc de Reichstadt après la naissance de François-Joseph en août 1830. Lorsque le duc de Reichstatdt meurt le 22 juillet 1832, Sophie en est tellement bouleversée qu'elle devient incapable d'allaiter Maximilien qui n'a que deux semaines. Comme le veut la tradition, Maximilien est d'abord élevé par une gouvernante, la baronne Louise Sturmfeder von Oppenweiler, avant d'être, à 7 ans, éduqué par des précepteurs à la tête desquels est placé le comte Heinrich de Bombelles, diplomate d'origine française au service de l'Autriche. Maximilien est de santé fragile et s'enrhume constamment dans les chambres mal chauffées de la Hofburg. Il apprécie particulièrement le jardin privé de l'empereur où une volière l'attire beaucoup. Il dispose d'un espace personnel constitué d'un bosquet de palmiers et de plantes tropicales où niche un couple de perroquets ; il y puise son goût pour l'aménagement des jardins qu'il développera dans ses résidences ultérieures.

De ses enfants, sa mère affirme qu'il est le plus aimant. Tandis que son frère François-Joseph se montre précocement économe, Maximilien révèle une nature plus rêveuse et dépensière. Toutefois, les quatre frères sont élevés de la même manière spartiate et doivent se plier dès leur plus jeune âge aux rigueurs de l'étiquette de la cour de Vienne. Enfants, Maximilien et François-Joseph sont très complices. Ils partagent un programme scolaire dense : jusqu'à 55 heures d'études hebdomadaires lorsqu'il a 17 ans. Outre l'allemand, l'anglais et le français, les archiducs apprennent les langues usitées dans le vaste empire des Habsbourg : italien, hongrois, polonais, roumain et quelques rudiments de tchèque. Maximilien étudie aussi le piano, le modelage et l'équitation. Lorsque Maximilien atteint ses 13 ans, son frère et lui effectuent un tour des provinces italiennes appartenant à l'Autriche en compagnie du maréchal Radetzky. Depuis 1835, c'est leur oncle Ferdinand qui règne en Autriche. Les deux adolescents se plaisent à se gausser de ce souverain considéré comme intellectuellement déficient.

Dans l'ombre de François-Joseph

En février 1848, la révolution des patriotes italiens gagne rapidement tout l'empire. Le renvoi de Metternich signe la fin d'une ère. L'empereur Ferdinand Ier est reconnu inapte à gouverner. Son frère et successeur légitime, l'archiduc François-Charles, incité par son épouse l'archiduchesse Sophie, renonce à ses droits au trône au profit de son fils aîné François-Joseph, qui commence son règne le 2 décembre 1848.

Dès le début, François-Joseph prend sérieusement et efficacement le pouvoir en main. Les Hongrois résistant jusqu'à l'été 1849, François-Joseph emmène Maximilien sur le théâtre des opérations militaires. Tandis que François-Joseph demeure impassible, Maximilien rapporte que « les balles sifflent au-dessus de leurs têtes et que les rebelles leur tirent dessus depuis des maisons en feu ». Après la victoire sur les Hongrois, une répression implacable est exercée à l'encontre des opposants dont certains sont pendus et fusillés en présence des archiducs. Contrairement à son frère, Maximilien est heurté par la brutalité des exécutions. Maximilien admire le naturel avec lequel François-Joseph reçoit les hommages des ministres et des généraux. Désormais, lui aussi doit demander audience avant de rencontrer son frère.

Les analyses de sa personnalité sont contrastées : O. Defrance le présente comme moins doué et de caractère plus complexe que son frère aîné, tandis que L. Sondhaus indique au contraire qu'il avait souvent éclipsé son frère dès l'enfance et que ce dernier paraissait plus terne et moins talentueux en comparaison. Maximilien à 18 ans est décrit comme séduisant, rêveur, romantique et dilettante. Émotif et nerveux, il est plutôt faible de caractère tout en manifestant des élans d'énergie. Souvent indécis, il passe aisément de la colère à l'entêtement et à la dépression. Moralement moins stable que François-Joseph, il s'entoure d'amis libertins. Toutefois, il est pleinement conscient de son rang et du sens de la grandeur de sa maison. Alors qu'il voudrait seconder son frère, ce dernier lui répond par une fin de non recevoir.

En 1850, Maximilien est amoureux de la comtesse Paula von Linden, la fille de l'ambassadeur de Wurtemberg à Vienne. Leurs sentiments sont réciproques, mais en raison du rang inférieur de la comtesse, François-Joseph met fin à cette idylle en expédiant Maximilien à Trieste afin de le familiariser avec la marine autrichienne, dans laquelle il est appelé à faire carrière.

Maximilien s'embarque sur la corvette Vulcain pour une courte croisière en Grèce. En octobre 1850, il est nommé lieutenant de vaisseau avant d'effectuer, en été 1851, un voyage à bord de la Novara. Ce premier long voyage l'enchante : « Je vais accomplir mon rêve le plus cher : un voyage en mer. Nanti de quelques connaissances, je quitte la chère et aimée terre autrichienne. Ce moment est source de grande excitation pour moi. » Ce voyage le mène notamment à Lisbonne. Il y fait la connaissance de la princesse Marie-Amélie du Brésil, âgée de 19 ans, fille unique du défunt empereur du Brésil Pierre Ier. Décrite comme ravissante, pieuse et vive d'esprit, elle a reçu une éducation raffinée. Elle joue du piano et se montre douée pour le dessin et la peinture. Tous deux sont amoureux. François-Joseph et sa mère autorisent leur mariage. En février 1852, Marie-Amélie contracte la scarlatine. Les mois passant, son état de santé empire avant que ne se déclare la tuberculose. Ses médecins lui conseillent de quitter Lisbonne pour Madère, où elle arrive en août 1852. À la fin novembre, tout espoir qu'elle recouvre la santé est perdu. La jeune fille meurt le 4 février 1853. Le chagrin de Maximilien est immense.

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