Maximilien Dubois-Descours de la Maisonfort est un général de division français, né à Bonn le 11 juin 1792 et mort à Paris le 25 mars 1848.
Il est fils d'Antoine François Philippe Dubois-Descours de la Maisonfort (1763-1827), général et écrivain, et de Pierre Louise Adélaïde Gascoing de Berthun (1761-1849). Ses parents ont émigré au début de la Révolution.
Il effectue toute sa carrière dans l'armée de terre.
Entré au service de l'empereur de Russie le 2 octobre 1808 comme guide de colonne, il effectue des campagnes en Moldavie en 1809 puis 1811, en Turquie en 1810. Il est nommé successivement sous-lieutenant le 29 décembre 1809, lieutenant le 10 septembre 1810, aide de camp en février 1812 et capitaine le 14 janvier 1814.
Peu après, il est employé au cabinet topographique de l'empereur Alexandre Ier de Russie puis attaché à l'ambassade de Stockholm. Il suit le maréchal Bernadotte en Allemagne et au Danemark. Il quitte le service de Russie comme major le 18 mai 1814. Le 1er juin 1814, il est nommé sous-lieutenant aux gardes du corps de la compagnie de Gramont.
En 1823, il est attaché au maréchal de Bellune à l'état major général de l'armée des Pyrénées, qui le charge de plusieurs missions délicates en Espagne. Nommé lieutenant des gardes du corps et colonel le 6 août 1823, il est fait officier de la Légion d'honneur le 30 août 1827. Il est élevé au grade d'aide-major de tout le corps le 17 juin 1829, avec rang de maréchal de camp, et il est confirmé dans son grade de général le 11 août 1830. Le 15 septembre 1830, il prête serment à la monarchie de Juillet devant le maire de La Charité-sur-Loire, et par ordonnance du 7 mai 1831, il intègre le cadre de réserve de l'état-major général. Dès cette époque, sa santé se dégrade. Il obtient un congé pour « aller faire usage des eaux thermales » au Mont-Dore à partir du 1er juillet 1832, « pendant la durée de la seconde saison des eaux ».
Le 2 avril 1834, il fixe sa résidence au château de Beffes (Cher), chez sa mère, mais cherche à obtenir des congés pour régler des affaires familiales à Paris.
Le 14 avril 1836, il demande à passer dans le cadre d'activité. Il réitère sa requête le 7 juillet 1837.
Il est maire de Beffes d'avril 1836 à avril 1837.
Le 29 décembre 1837, le préfet de la Nièvre écrit au ministre de la Guerre :
« M. le Maréchal de camp de la Maisonfort habite le département du Cher, mais par la situation de sa demeure qui est fort voisine de la Loire, à hauteur de La Charité, il a autant de relations dans la Nièvre que dans le Cher, et aux époques où il regnait de l'agitation dans différentes parties du Royaume, j'ai toujours eu l'œil ouvert sur cet officier Général, qui passe pour être très attaché à la branche ainée.
Je n'ai jamais eu rien de défavorable à dire sur le compte de M. de la Maisonfort. Comme Particulier, c'est un homme honorable, probe, estimé, et comme homme politique, l'affection qu'on lui attribue pour la famille déchue est reelle, on n'a jamais eu à lui reprocher ni actes, ni manifestation contraires au gouvernement actuel, et la droiture, la loyauté de son caractère, sont si connues que je ne doute pas que, s'il était employé et qu'il prêtat un serment au Roi, il l'observerait avec fidélité. »
Par décision royale du 30 mars 1838, une suite favorable est donnée à sa demande. Admis au cadre d'activité, il commande successivement le département des Hautes-Alpes (7e division militaire) le 31 mars 1838 (entrée en fonctions le 20 mai) puis la 2e brigade d'infanterie de la division active des Pyrénées-Orientales le 30 juin 1838. Par lettre adressée au ministre de la Guerre le 13 juillet 1838, il fait observer que depuis 25 ans, il n'a jamais commandé que des troupes à cheval mais espère que son « zèle suppléra au manque d'habitude pratique ».
Il sait soigner ses relations. Le 15 mai 1839, il s' « empresse » d'adresser ses félicitations au général Schneider, tout juste nommé ministre de la Guerre. « Au nom de l'Amitié que lui porte le général comte du Coëtlosquet », il lui demande la continuation de sa bienveillance.
Un certificat de visite, délivré le 7 février 1840, par l'hôpital militaire de Perpignan, précise que « le général marquis de la Maisonfort est atteint de duodéno-entérite compliquée de cystite dont les prodromes remontent à plus de deux mois, et dont les fréquentes rechutes ont déterminé un grand affaiblissement des forces physiques ». À partir de cette date, il sollicite régulièrement des postes plus rapprochés de Paris, à cause de sa santé (le climat du midi lui nuisant) comme de ses intérêts familiaux. Ses demandes de congés se poursuivent ; il en réclame même le prolongement.
À Perpignan, le général comte de Castellane, connu pour sa sévérité, appuie auprès du ministre de la Guerre le désir de son subordonné. Le 14 mars 1840, il écrit que « cet officier général est capable, ferme et militaire » et qu'il se séparera « avec peine de lui ». Le 7 décembre 1840, il affirme au maréchal Soult, président du conseil : « Cet officier général a éprouvé, il y a 15 mois, une forte maladie par suite des chaleurs de ce climat. (...) Je n'ai qu'à me louer de la manière de servir du Général La Maisonfort depuis plus de deux ans qu'il sert sous mes ordres. Il s'est mis à cette division bien au fait de son métier, il est ferme, actif, zélé ; malgré la peine que l'éprouverais de me séparer de lui, je ne puis que prier Monsieur le Maréchal d'accueillir favorablement sa demande ».
Par décision du 9 janvier 1841, il commande le département de la Manche. Une affectation au département de Seine-et-Oise, le 2 janvier 1841, lui arrache dès le 10 des mots vibrants de remerciement au ministre de la Guerre (« J'ose prier Votre Excellence de vouloir bien mettre aux pieds du Roi, l'expression de ma reconnoissance. Si cette grâce, qui remplit mes désirs, ne peut augmenter mon dévouement, qui est absolu, elle ajoute encore, s'il est possible, à la vive gratitude que j' éprouve pour les bontés de Votre excellence ») ; mais elle est aussitôt révoquée.
Depuis Rouen, le général Teste écrit le 20 avril 1841 au ministre de la Guerre : « Depuis que cet officier général se trouve sous mes ordres, je n'ai qu'à me louer de son zèle et de son exactitude dans l'accomplissement de ses services ».