Ce Jour-là

Maxime Weygand

Général français

Anúncio

Maxime Weygand, né le 21 janvier 1867 à Bruxelles (Belgique) et mort le 28 janvier 1965 à Paris (Seine), est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur, médaillé militaire et membre de l'Académie française. Il joue un rôle important lors des deux guerres mondiales.

Bras droit du maréchal Foch au début de la Première Guerre mondiale, il est notamment chargé, le 11 novembre 1918, de lire les conditions de l'Armistice dans la clairière de Rethondes à la délégation allemande.

Nommé le 17 mai 1940, par le président du Conseil Paul Reynaud, commandant en chef de l'armée française en remplacement du général Gamelin, il ne peut pas empêcher la défaite lors de la bataille de France. Il est alors le premier à se déclarer partisan d'un armistice (comme lors de la Première Guerre mondiale) avec l'Allemagne alors que le président du Conseil et d'autres membres du gouvernement sont partisans d'abandonner le territoire métropolitain et de poursuivre la lutte depuis l'Afrique du Nord avec les Britanniques.

Le 17 juin 1940, il devient ministre de la Guerre du gouvernement Pétain, prépare l'armistice, signé le 22 juin, puis participe durant deux mois au gouvernement de Vichy, avant d'être nommé, le 4 septembre 1940, délégué général pour l'Afrique du Nord. Il réorganise l'armée d'Afrique en vue de la reprise des combats. Rappelé et relevé par Pétain de son commandement en novembre 1941 sous la pression allemande, il est assigné à résidence dans une villa en Provence.

Arrêté par la Gestapo la veille de l'invasion de la zone libre par les Allemands le 11 novembre 1942, il est incarcéré en Allemagne et interné jusqu'à la fin de la guerre. Arrêté à son retour d'Allemagne, accusé de haute trahison et emprisonné par le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par le général de Gaulle, il bénéficie d'un non-lieu en 1948. Il se fait le défenseur de la mémoire du maréchal Pétain et soutient les partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Weygand est né le 21 janvier 1867 à Bruxelles, de parents inconnus. C'est le médecin accoucheur, le docteur Louis Laussedat, qui, deux jours plus tard, déclara à l'état civil la naissance de l'enfant, répondant au prénom de Maxime.

Selon certaines sources et rumeurs diverses, nées après la Grande Guerre, il serait le fils illégitime de l'impératrice Charlotte du Mexique, fille du roi des Belges Léopold Ier, et du colonel (et futur général) Alfred van der Smissen (1823-1895), commandant du corps d'armée belge qui avait accompagné les troupes françaises du maréchal Bazaine lors de l'expédition au Mexique sous le Second Empire. Cette thèse est étudiée parmi d'autres par Dominique Paoli. Pour conforter cette hypothétique filiation, d'aucuns font remarquer la ressemblance entre Van der Smissen et Weygand adulte, comme cela apparaît lorsque l'on confronte leurs deux photographies, ainsi qu'elles furent présentées dans une émission de télévision du journaliste d'histoire Alain Decaux. C'est aussi l'opinion du journaliste spécialisé en histoire André Castelot à qui le roi des Belges Léopold III a déclaré « Weygand est le fils de Van der Smissen ». Cependant l'impératrice Charlotte n'est revenue en Belgique qu'en juillet 1867, soit bien après la déclaration de naissance de Maxime en janvier 1867, ce qui rend cette hypothèse d'une maternité de l'impératrice Charlotte quasi impossible.

Le général de Gaulle, quant à lui, ne se privait pas de relier la naissance de Weygand à l'expédition du Mexique. Ainsi, en 1964, lors d'un conseil des ministres où était préparée la visite officielle de Charles de Gaulle au Mexique, le ministre des Armées Pierre Messmer annonça que la France allait restituer les fanions de l'armée mexicaine pris lors de l' Expédition du Mexique sous Napoléon III, et déclara que cette guerre n'avait rien rapporté à la France. Le général l'interrompit et lui dit : « Si, cette guerre nous a rapporté Weygand ! ». Ceci montre que le général de Gaulle avait entendu les rumeurs sur la naissance de Weygand, mais non que ces rumeurs étaient prouvées.

Selon une autre thèse, celle de Charles Fouvez, qui a publié en 1967 Le Mystère Weygand, il serait le fils illégitime du roi des Belges Léopold II. Bien qu'aucune preuve formelle ne soit apportée, il existerait un faisceau d'indices formant, d'après cet auteur, des quasi-preuves. Dans le périodique Histoire pour tous no 100 d'août 1968, l'auteur confirme sa conviction sur la base du courrier reçu par lui après la publication de son livre. De plus, d'après Fouvez, la mère de Weygand serait la comtesse Kosakowska, épouse d'un aristocrate russe d'origine lituanienne.

Selon Bernard Destremau, auteur d'une biographie de Weygand en 1989, trois hypothèses seraient principalement à retenir :

La plus probante pour l'auteur s'appuie sur la confidence, déjà faite à André Castelot, par le roi des Belges Léopold III, suivant laquelle Maxime Weygand serait bien le fils du colonel van der Smissen et de Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique. Cette possibilité est rendue plausible par la ressemblance entre Weygand et van der Smissen et a été soutenue par Dominique Paoli dans son livre Maxime ou le secret Weygand. Depuis lors, Dominique Paoli a reconnu que cette thèse était erronée. Pour mieux approcher le problème, il faut savoir que le colonel van der Smissen commandait le corps militaire belge au Mexique. Cette unité avait été jointe aux forces françaises envoyées par l'empereur des Français Napoléon III. Celui-ci voulait profiter de l'installation d'un nouveau régime au Mexique pour y étendre l'influence française en soutenant le nouvel empereur du Mexique, l'Autrichien Maximilien. L'épouse de celui-ci étant la fille de Léopold Ier , roi des Belges, ce dernier joignit des forces belges à l'expédition française, peut-être dans le cadre d'ambitions coloniales qu'il avait déjà tenté d'orienter vers la Colombie. Après avoir exercé un commandement dans plusieurs batailles, dont la victoire de Loma, van der Smissen devint l'aide de camp de l'impératrice Charlotte. Cette thèse ne peut cependant pas être soutenue si l'on sait que l'enfant est né à Bruxelles plus de six mois avant le retour de l'impératrice Charlotte en Belgique ;

une autre hypothèse, évoquée par Dominique Paoli, maintient la paternité de van der Smissen, mais pense que la mère serait peut-être Mélanie Zichy-Metternich (1832-1919), fille du prince de Metternich ;

une autre rumeur impliquerait toujours l'impératrice Charlotte, mais cette fois-ci avec un médecin mexicain d'origine indienne, ce qui pourrait être illustré par un certain type physique aux yeux légèrement bridés qui s'accentua avec l'âge chez Weygand. Mais van der Smissen présentait également cette caractéristique.

L'amiral Philippe de Gaulle reprend l'hypothèse de son père Charles de Gaulle qui présume que Weygand est le fils de l'empereur du Mexique Maximilien et d'une Mexicaine, recueilli au premier âge par Léopold II de Belgique puis confié au docteur Weygand. Thèse erronée puisqu'il n'existe pas de docteur Weygand.

Enfin, la thèse de l'historien Albert Duchesne fort bien étayée en fait et en droit - et la moins romanesque puisqu'elle n'implique aucune ascendance royale ou princière - fait de Maxime Weygand le fils de David de Léon Cohen, important négociant juif résidant à Marseille, et de sa maîtresse Thérèse Denimal. Le père de Maxime était déjà marié lors de la conception de Maxime et avait eu une fille de sa première épouse. Maxime n'aurait donc pas pu être reconnu ou légitimé par ses parents lors de leur mariage en 1885 car la législation française de l'époque ne permettait la révélation légale d'une filiation adultérine que dans des cas extrêmement limités. La législation belge, car Maxime avait alors la nationalité belge, était encore plus stricte sur ce point. Notons aussi que la loi française du 15 décembre 1904, loi bien postérieure au mariage de ses parents, supprima le concept d'interdiction de mariage entre les personnes ayant pratiqué l'adultère. La révélation de la naissance de l'enfant adultérin qu'était Maxime, même bien après le mariage de David de Léon Cohen et de Thérèse Denimal, aurait pu avoir pour effet d'invalider juridiquement leur union. Des considérations d'ordre juridique empêchaient ainsi Maxime de bénéficier d'une reconnaissance légale par ses parents biologiques. Par ailleurs, un certain antisémitisme latent à l'époque aurait pu aussi entraver la carrière du brillant jeune militaire qu'était Maxime s'il apparaissait que son père était juif. L'affaire Dreyfus illustra tristement quelques années plus tard cet état d'esprit qui pouvait avoir de lourdes conséquences pour le jeune officier. Enfin, pour ne pas gêner son avancement dans sa carrière militaire, et afin qu'il puisse prendre son avancement dans un régiment français dès sa sortie de Saumur, la naturalisation du jeune Maxime ne suffisait pas. C'est pourquoi lorsque François Joseph Weygand, comptable, employé de la firme Cohen à Marseille, reconnut le 18 octobre 1888 Maxime pour son fils naturel, ce dernier fut alors considéré comme Français de naissance.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Maxime Weygand | World in Stories