Maurice Le Bègue de Germiny, dit Maurice de Germiny, est né le 23 novembre 1939 à Saint-Maurice-du-Désert dans l'Orne. Issu de la famille aristocratique Le Bègue de Germiny, il est évêque de Blois entre 1997 et 2014.
Élève de l’École nationale des chartes, il obtient un diplôme d'archiviste-paléographe en 1967, avant de travailler pendant un an comme directeur des Archives départementales du Jura. Il quitte ses fonctions en 1969 pour entrer en religion. Passé par le séminaire des Carmes à Paris, il est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Paris en 1974, puis occupe diverses fonctions de responsabilités au sein du diocèse, et notamment secrétaire particulier du cardinal Jean-Marie Lustiger, entre 1981 et 1986, puis vicaire général entre 1993 et 1997.
Nommé évêque de Blois le 27 mars 1997, il est consacré le 24 mai 1997. À la tête du diocèse, il engage plusieurs réformes pour répondre à la crise des vocations : dès le début de son épiscopat, il convoque un synode diocésain qui aboutit à une vaste réorganisation du maillage territorial des paroisses et créé des équipes de laïcs pour l'accompagnement des funérailles. Il met également en place le rassemblement annuel de Choue pour les vocations sacerdotales.
Ayant atteint la limite d'âge de 75 ans, il remet sa charge au pape François en novembre 2014, mais conserve une activité pastorale. Ses prises de position publiques, en particulier pendant les élections présidentielles de 2012, puis lors des manifestations contre l'ouverture du mariage civil aux couples de personnes de même sexe, lui ont valu des critiques.
Issu de la famille aristocratique Le Bègue de Germiny, Maurice de Germiny a été élève de l'École nationale des chartes, où il obtient le diplôme d’archiviste paléographe en 1967 avec une thèse intitulée Le clergé séculier du diocèse de Sées de 1478 à 1539.
Directeur des Archives départementales du Jura
Le 13 mai 1968, il est nommé directeur des Archives départementales du Jura. Il codirige avec le musée de Lons-le-Saunier une exposition sur le cinquantenaire de l'armistice de 1918 qui, présentée à Dole et Lons-le-Saunier, reçoit 5236 visiteurs. Néanmoins, son passage à la tête des Archives départementales est bref : il démissionne de ce poste le 30 juin 1969.
En 1969, Maurice de Germiny entre au séminaire des Carmes à Paris et obtient une maîtrise en théologie à l'Institut catholique de Paris.
Il est ordonné prêtre le 29 juin 1974 pour l’archidiocèse de Paris.
Il commence son ministère en tant que vicaire à la paroisse Notre-Dame d'Auteuil en 1974. En 1978, il sert également comme aumônier au Centre médical Édouard-Rist. L'année suivante, il devient vicaire à Saint-Roch. De 1981 à 1986, il assume le rôle de secrétaire particulier du cardinal Jean-Marie Lustiger.
En septembre 1986, il est nommé vicaire épiscopal pour les vocations et les affaires culturelles de l'archidiocèse et curé de Saint-Séverin-Saint-Nicolas, une fonction qu'il occupe jusqu'en 1993. Pendant cette période, il dirige l’œuvre des vocations et la fondation de délégué de l'archevêque pour les vocations sacerdotales et religieuses. En 1993, il prend la responsabilité du Service des prêtres et de leur formation continue. La même année, il est nommé chanoine titulaire de Notre-Dame et vicaire général de l’archidiocèse de Paris. Il occupe le vicariat général jusqu'en 1997.
En 1997, Mario Tagliaferri, nonce apostolique en France, lui propose de prendre la tête du diocèse de Blois, ce qu'il accepte. Il est nommé évêque du diocèse le 27 mars 1997, succédant à Jean Cuminal décédé en 1996. Maurice de Germiny est consacré le 24 mai 1997 par le cardinal Jean-Marie Lustiger.
Convocation du synode diocésain
Peu après sa nomination, Maurice de Germiny annonce à l'occasion du tricentenaire de l'évêché de Blois l'organisation d'un synode diocésain, dont le projet est validé par avis du Conseil presbytéral le 13 octobre 1998. Le dernier synode diocésain avait été convoqué par Louis Robin en 1947 et ne réunissait que les prêtres. Maurice de Germiny donne trois grandes orientations au synode : le maillage diocésain, l'initiation chrétienne et la formation. L'organisation du synode est confiée au père Pierre Masson qui est notamment chargé de recruter l'équipe constituant le secrétariat du synode. L'assemblée synodale, composée de 192 personnes, dont 44 clercs, 10 religieuses et 138 laïcs, se réunit à sept reprises entre le 29 novembre 1998 et le 9 janvier 2000.
Le synode aboutit en 2000 à une vaste réforme territoriale : si les 292 paroisses sont conservées, elles sont regroupées en secteurs pastoraux, tandis que le maillage territorial est réorganisé autour de quinze points d'appui animés par des équipes pastorales constituées de trois prêtres, l'équipe presbytérale, et de laïcs, ceci, afin d'éviter l'isolement des prêtres en paroisse. Maurice de Germiny s'inspire du fonctionnement de la Communauté Saint-Martin, dont les prêtres vivent en communauté d'au moins trois dans les diocèses dans lesquels ils sont envoyés.
Pour faire face au manque de prêtres, Maurice de Germiny créé également des équipes de laïcs pour l'accompagnement des funérailles. En 2015, le diocèse compte 60 prêtres en activité, dont les trois-quart des moins de 50 ans sont des prêtres de la Communauté Saint-Martin.
Nouvelle évangélisation et crise des vocations
Sous son impulsion, le diocèse de Blois fonde en 2007 une radio associative, RCF 41 ou RCF Loir-et-Cher, affiliée au réseau Radio chrétienne francophone. Elle commence ses activités en octobre 2008. Maurice de Germiny y tient une émission hebdomadaire, « Parole d'évêque sur les ondes », dans laquelle il aborde des sujets de société, la vie de l’Église locale et internationale et l'actualité.