Ce Jour-là

Maurice d'Elbée

Général français

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Maurice Joseph Louis Gigost d'Elbée, né le 21 mars 1752 à Dresde et mort entre le 6 et le 9 janvier 1794 à Noirmoutier, est un militaire français.

Chef royaliste pendant la guerre de Vendée, il est généralissime de l'Armée catholique et royale, succédant à Cathelineau, de juillet à octobre 1793. Grièvement blessé à la bataille de Cholet, il est capturé puis fusillé après la troisième bataille de Noirmoutier.

Maurice d'Elbée naît à Dresde le 21 mars 1752. Fils de Maurice Gigost d'Elbée, seigneur de la Gobinière et de La Loge-Vaugirault (1695-1763), alors conseiller privé du Roi de Pologne établi à Dresde, en Saxe, et de Marie Thérèse de Mussant (décédée en 1790), Maurice d'Elbée naquit dans une famille de tradition militaire. Il est naturalisé français en 1757.

Le 1er juin 1772, il est sous-lieutenant au régiment du Dauphin cavalerie et le 6 mai 1781, il est lieutenant au 5e régiment de chevau-légers. Il démissionne de l'armée le 17 septembre 1783. Il se retire alors à Beaupréau, en Anjou.

Il se marie le 17 novembre 1788 en l’église de La Gaubretière, avec Marguerite-Charlotte du Houx d’Hauterive, pupille de son ami le marquis de Boisy. Dès lors il vécut retiré dans un bien de campagne près de Beaupréau en Anjou (aujourd'hui Maine-et-Loire). Son fils Louis-Joseph Maurice d’Elbée, né le 12 mars 1793, lui survivra.

En 1789, d'Elbée se montre d'abord favorable à la Révolution française. Le 14 juillet 1790, il participe à la Fête de la Fédération à Paris, où il représente le Maine-et-Loire.

Général de l'Armée catholique et royale

En mars 1793, l'insurrection contre la levée en masse provoque le début de la guerre de Vendée. Les paysans insurgés viennent trouver d'Elbée en raison de son expérience militaire et le contraignent à prendre la tête de leur rassemblement.

Le 11 avril, les forces de d'Elbée parviennent à repousser la contre-attaque républicaine à la bataille de Chemillé. Après ce combat, des combattants vendéens se rassemblent devant l'église du bourg de Chemillé en réclamant la mise à mort des prisonniers républicains qui y sont enfermés. Le général d'Elbée arrive alors au milieu de la foule pour tenter de ramener le calme. À sa demande, les hommes se mettent à genou pour réciter le Pater Noster. Cependant lorsque les insurgés arrivent aux paroles « pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », d'Elbée les interrompt : « Arrêtez ! Ne mentez pas à Dieu ! Vous osez lui demander de vous pardonner comme vous pardonnez aux autres alors que vous êtes prêts à vous venger de vos ennemis ! ». Ces déclarations ne provoquent aucune contestation et les prisonniers sont ainsi sauvés. L'épisode est alors appelé le « Pater de d'Elbée ».

D'Elbée participe ensuite à plusieurs combats victorieux contre les républicains avec la bataille de Vezins le 19 avril, la bataille de Beaupréau le 22 et la prise de Thouars le 5 mai, où d'Elbée reçoit la capitulation de la garnison républicaine par le juge de paix Redon de Puy Jourdain.

Les Vendéens se tournent ensuite vers Fontenay-le-Comte, dans le sud de la Vendée. Une première attaque échoue le 16 mai et d'Elbée est blessé, mais les insurgés prennent leur revanche le 24 mai, où ils mettent en déroute les forces républicaines et font 3 000 prisonniers.

Le 21 juin, d'Elbée participe à la bataille de Nantes, qui s'achève par la victoire des forces républicaines. Le généralissime Jacques Cathelineau est mortellement blessé et succombe le 14 juillet.

Le 19 juillet, d'Elbée est élu par un conseil de guerre généralissime de Armée catholique et royale pour succéder à Jacques Cathelineau. Il décide d'attaquer la ville de Luçon mais il subit deux lourdes défaites devant cette ville le 30 juillet et le 14 août.

Le 17 octobre 1793, l'armée vendéenne est complètement défaite à la bataille de Cholet et d'Elbée est grièvement blessé lors des combats. Il ne prend pas part à la virée de Galerne et est transporté à Beaupréau, sous la protection de 1 500 hommes commandés par Pierre Cathelineau, le frère de Jacques Cathelineau. Il est bientôt rejoint par son épouse, Marguerite-Charlotte Duhoux d'Hauterive ; son beau-frère, Pierre Duhoux d'Hauterive ; et de son ami Pierre Prosper Gouffier de Boisy.

Vers fin octobre ou début novembre 1793, d'Elbée, escorté par la troupe de Cathelineau, rejoint Charette à Touvois. Sur les conseils de ce dernier, il part trouver refuge à l'île de Noirmoutier, qu'il atteint le 2 ou le 3 novembre. D'après son petit-neveu, Charles-Maurice d'Elbée, et la marquise de Bonchamps, il aurait été hébergé à l'hôtel Jacobsen, avant d'être transporté dans la maison de madame Mourain à l'approche des troupes de Haxo. Selon François Piet, il résidait dans une maison appelée La Maduère.

Le 3 janvier 1794, les troupes républicaines débarquent sur l'île de Noirmoutier et la garnison vendéenne capitule. D'Elbée est rapidement découvert et fait prisonnier. L'ancien généralissime est interrogé par les représentants en mission et par le général Turreau à une date incertaine. Le procès-verbal de son interrogatoire est rédigé par le capitaine François Piet.

Malgré les promesses du général Haxo, tous les prisonniers vendéens sont fusillés sur ordre des représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau et Bourbotte. D'Elbée est exécuté entre le 6 et le 9 janvier. Incapable de marcher, il est porté sur un fauteuil jusqu'à la place d'Armes. Il est fusillé en compagnie de Pierre Duhoux d'Hauterive, de Pierre Prosper Gouffier de Boisy et de Jean-Conrad Wieland, l'ancien commandant républicain de Noirmoutier, accusé de trahison, que les officiers royalistes tentent en vain d'innocenter au dernier moment.

Le corps de d'Elbée est enterré dans les douves du château de Noirmoutier. Malgré des recherches en 1822, ses ossements ne peuvent être identifiés.

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