Maurice Schumann, né Jacques Schumann le 10 avril 1911 à Paris et mort le 9 février 1998 dans la même ville, est un homme d'État, journaliste et écrivain français.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le général de Gaulle à Londres dès son appel du 18 juin 1940, s'employant dès lors comme voix de Radio Londres jusqu'à la fin du conflit, apparaissant ainsi le porte-parole de la France libre.
À la fois gaulliste, démocrate chrétien et européen convaincu, c'est un des fondateurs du Mouvement républicain populaire, dont il est le premier président. Député du Nord pendant trente ans puis sénateur pendant quinze ans, il est plusieurs fois nommé ministre d’État dans les gouvernements de Georges Pompidou et termine son parcours politique comme ministre des Affaires étrangères de 1969 à 1973.
Il est élu à l'Académie française en 1974.
Maurice Schumann est le fils d'un industriel du textile d'origine juive alsacienne et de Thérèse Michel, fille du docteur Maurice Michel, de Namur.
Maurice Schumann étudie aux lycées Janson-de-Sailly et Henri-IV, puis à la Sorbonne (faculté des lettres de Paris). Il obtient une licence de philosophie et étudie à l'École libre des sciences politiques.
Il entre dans le journalisme à l'Agence Havas dès la fin de ses études (1935-1939), ses articles étant publiés dans Grand Reportage, où il exerce la fonction de chef-adjoint, et dans Sept (sous la signature d'André Sidobre ou de Maurice Jacques), Temps présent, La Vie intellectuelle, l’Aube, Réalités et entreprise où il est éditorialiste de politique étrangère.
Il épouse Lucie Daniel (1920-2014), avec qui il a trois filles :
Christine, née le 12 septembre 1945 et décédée le 14 juillet 2025,
Laurence, née en février 1948,
Avant la guerre, il est membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO).
Engagé volontaire en 1939 en tant qu'interprète militaire auprès du Corps expéditionnaire britannique, il s'embarque à Saint-Jean-de-Luz pour l'Angleterre le 21 juin 1940 à bord du navire polonais MS Batory et, muni d’une lettre de recommandation de Daniel-Rops, l’éditeur de La France et son armée, rejoint le général de Gaulle. Il devient le porte-parole de la France libre. Sa voix est régulièrement entendue dans l'émission Honneur et Patrie sur les ondes de Radio Londres. Il y intervient plus de 1 000 fois entre le 17 juillet 1940 et le 30 mai 1944.
Il quitte Londres en 1944 pour prendre part à la bataille de France, d’abord avec l’armée britannique, puis avec la 2e D.B., sous les ordres du général Pierre Billotte. Il débarque le 6 juin à Asnelles, en Normandie, avec la mission d'assurer la liaison avec les Forces françaises de l'intérieur. Il est accueilli par André Berthaud, dont le jardin jouxte la plage d'Asnelles. André Berthaud est ainsi le premier Français sur le sol de France que Schumann rencontre. Il tombe sous le charme de ce petit village et décide que c'est l'endroit où il sera enterré.
Le 11 juin, il profite d'une conférence de presse sur la pelouse du château de Creullet, quartier général des forces du débarquement, pour faire passer un message de De Gaulle au général Montgomery : il lui demande d'épargner les civils français lors des tirs imprécis depuis les navires.
Le 14 juin 1944, il organise la visite du général de Gaulle à Bayeux. Il participe ensuite activement à la libération de Paris.
En 1946, le colonel Passy ternit cette image en accusant Schumann de ne pas avoir osé sauter en parachute. Ce dernier, ulcéré, demanda au général de Gaulle de lui donner « un signe de sympathie ». De Gaulle lui répondit dans une lettre dont Le Canard enchaîné connut le texte et qu'il publia le 6 novembre 1946 :
« Vous attribuez trop d'importance à l'affaire. On a vu des gens très braves au feu qui reculaient au moment de sauter en parachute. Vous avez eu tort de vous mettre en avant pour cette mission de Bretagne, car, pendant quatre ans, vous n'avez pas bougé. »
« Quant à la lettre de Passy, voici ma façon de penser : Il vous a outragé, mais il faut reconnaître que sa fureur est explicable. Il a répondu par l'outrage à l'infamie. L'infamie c'est le fait de lui avoir refusé un jugement. Infamie à laquelle votre parti a contribué activement ou passivement car le président du Conseil, le ministre des Armées et le ministre de la Justice sont tous les trois MRP jusqu'à preuve du contraire. Voilà ce qui arrive dans un régime où la justice elle-même est politique. Je souhaite qu'on mette fin à cette affaire pour l'honneur de tous ceux de la Résistance. »