Ce Jour-là

Maurice Garçon

Écrivain et avocat français (1889-1967)

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Maurice Garçon, né le 25 novembre 1889 à Lille et mort le 28 décembre 1967 à Paris, est un avocat, conseiller juridique, essayiste, romancier, polygraphe et historien français.

Il est surtout connu pour avoir défendu un grand nombre de causes, tant littéraires que criminelles, notamment celles de René Hardy, de Georges Arnaud, de Jean Genet et de Jean-Jacques Pauvert.

Fils d'Émile Garçon (1851-1922), célèbre juriste professeur de droit pénal à la faculté de droit de Lille puis de Paris, et de Constance Châales des Étangs, il devient avocat au barreau de Paris en 1911 après avoir rêvé de devenir poète. Maurice Garçon, tout en utilisant cette éloquence dès le début de sa carrière, fait plus appel à la raison du jury en s'inspirant de la technique de « plaidoirie express » de son mentor Henri-Robert.

Les anciens combattants lui reprochent de ne pas avoir fait la Première Guerre mondiale, pour laquelle il a été réformé en raison de sa « faiblesse de constitution et d'une imminence de tuberculose », le considérant de fait comme un planqué.

Toutefois, il recevra homologations, titres et services pour faits de résistance comme agent au sein des Forces Françaises Combattantes durant la période de l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

En juin 1967, il cosigne l'appel du Comité de solidarité française avec Israël, aux côtés personnalités comme Raymond Aron, Robert Badinter, Pierre Bénouville, Gaston Defferre, Valéry Giscard d'Estaing, Robert Merle et François Mitterrand.

Dans les années 1920, il établit des contacts avec le milieu métapsychiste parisien. Il donne trois conférences à l’Institut métapsychique international (IMI) qui les publiera dans la Revue métapsychique : « Les guérisseurs et leurs pratiques » (juillet-août 1928), « La magie noire de nos jours » (juillet-août 1929), « Thomas Martin de Gallardon » (juillet-août 1935).

En 1924, il défend le journal L’Œuvre, ainsi que le journaliste Georges de La Fouchardière, qui avait évoqué en date du 25 octobre 1924 les loyers encaissés « au prix du stupre » sur l'exploitation de maisons de prostitution dans la rue des Pans-de-Gorron voisine de la cathédrale, par Mgr Georges Grente, archevêque du Mans.

En 1928, il cofonde, avec les frères Joseph et Georges Kessel, l'hebdomadaire Détective, le grand hebdomadaire des faits-divers.

En janvier 1929, il défend Louise Landy accusée du meurtre de son mari Paul Grappe, ancien déserteur travesti pendant dix années en femme pour échapper aux poursuites. Elle est acquittée. Cette affaire inspirera André Téchiné pour son film Nos années folles (2017).

En 1931, dans L'affaire Favre-Bulle, François Mauriac dénonce la cruauté de Maurice Garçon, avocat de la partie civile, envers Mme Favre-Bulle accusée d’avoir tué son mari pour fuir avec son amant.

En 1932, Maurice Garçon a défendu avec succès le roman de Georges Simenon Le Coup de lune contre le reproche de la diffamation (calomnie), sinon l’accusatrice aurait dû affirmer qu’elle était autrefois une prostituée.

En 1939, il représente avec Maurice Loncle la partie civile allemande dans l’Affaire Grynszpan.

Il plaide pour Francis Carco dans le procès Camoin. En 1941, il est également de défenseur de l'escroc Charles Joseph Fossez, un voyant plus connu sous le nom du « fakir Birman » devant la 16e chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de la Seine (Paris).

Il devient l'avocat de l’Académie Goncourt. En 1943, il fait acquitter sous les acclamations du public Henri Girard, plus connu sous le nom de Georges Arnaud, le futur auteur du Salaire de la peur, accusé d'avoir assassiné son père, sa tante et leur bonne à coups de serpe. La même année, il sauve de l'échafaud Jean Gautier, jugé par le Tribunal d'État pour avoir assassiné à Poitiers le 13 mai 1943, en compagnie de quatre étudiants, le docteur Michel Guérin, alias Pierre Chavigny, l'éditorialiste du journal collaborationniste L'Avenir de la Vienne.

À la Libération, il défend victorieusement deux fois de suite René Hardy soupçonné d'avoir livré Jean Moulin aux Allemands lors de la réunion de Caluire. En 1953 il assure victorieusement en tant que partie civile, les intérêts de la famille Finaly contre Mlle Brun, cette dernière ayant refusé de rendre à leur famille deux enfants juifs qu'on leur avait confiés. Garçon permet ainsi aux deux jeunes frères de rejoindre leur famille. En 1954, dans un procès en appel devenu célèbre, citant comme témoins Georges Bataille, Jean Cocteau et Jean Paulhan, il assure la défense du jeune éditeur Jean-Jacques Pauvert qui, bravant la censure, a publié l’Histoire de Juliette, Les Cent Vingt Journées de Sodome et La Philosophie dans le boudoir du marquis de Sade. Il continue de le défendre dans l'affaire d'Histoire d'O, qui se solde en octobre 1959 par une annulation grâce à l'intervention habile de Dominique Aury, dont on apprit plus tard que c'était elle qui se cachait derrière le pseudonyme de Pauline Réage, l'auteur alors non identifié du roman sulfureux.

En 1962, la pugnacité de Maurice Garçon permet aux éditeurs d’œuvres érotiques (Jean-Jacques Pauvert, Régine Desforges…) de pouvoir imprimer des textes jusque-là interdits et susceptibles de condamnation pour outrage.

Pendant la guerre d'Algérie, il doit mener une enquête diligentée par le gouvernement français sur les exactions de l'Armée française en Algérie, en tant que secrétaire général de la commission de sauvegarde des droits et libertés individuels créée par le décret du 7 mai 1957, dont Pierre Béteille est le président. Le général Massu confirme dans une conversation de l'été 1958 avec Béteille les difficultés rencontrées concernant "le statut civil de 3000 femmes musulmanes dont les maris ont disparu au cours des événements de février 1957", période au cours de laquelle l'armée a tenté de briser les participants à la grève lancée pour le 28 janvier 1957. La répression est ensuite ralentie par l'arrêté du 11 avril 1957 qui fait obligation aux militaires de déclarer sous 24 heures les personnes qu'ils arrêtaient[réf. nécessaire] mais aussi par la démission du secrétaire général de la police d'Alger Paul Teitgen a pris effet en septembre 1957. Son travail est empêché par Pierre Bolotte, qui parvient à lui refuser d'accéder aux documents qu'il demande.

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