Ce Jour-là

Maurice Gamelin

Général français

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Maurice Gustave Gamelin, né le 20 septembre 1872 à Paris et mort le 18 avril 1958 dans la même ville, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire.

Il commande l'Armée française pendant la drôle de guerre de 1939-1940. Sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan, il est remplacé par le général Weygand le 17 mai 1940. Pendant le régime de Vichy, Gamelin est arrêté puis, en 1942, interné en Allemagne.

Maurice Gamelin est né le 20 septembre 1872 à Paris 7e où il vécut son enfance au no 262 du boulevard Saint-Germain, en face du ministère de la Guerre. Son père Zéphyrin, contrôleur général des armées, s'était distingué au service de Napoléon III et fut blessé à la bataille de Solférino en 1859. Sa famille maternelle – les Uhrich – est de souche alsacienne. Très jeune, il manifeste un intérêt pour les questions militaires mais, comme on lui reconnaît également un certain talent pour les arts, ses parents préfèrent d'abord l'encourager dans cette voie. Il fréquente le collège Stanislas de la rue du Montparnasse, puis, brillant élève désormais déterminé à s'engager dans une carrière militaire, il intègre Saint-Cyr le 31 octobre 1891 et en sort major de promotion en 1893.

C'est en Afrique du Nord qu'il commence sa carrière d'officier, d'abord au 3e régiment de tirailleurs algériens, puis à la brigade topographique de Tunisie, où il peut mettre à profit ses dons pour le dessin et l’observation. Revenu en métropole en 1897, il prépare le concours d’entrée à l’École supérieure de guerre. Huitième au concours d'entrée, il en sort deuxième. Esprit fin, cultivé, travailleur et doué pour les études de tactique militaire, il se fait remarquer par le futur général Lanrezac, alors commandant en second de l’école et par le futur maréchal Foch qui sera son professeur préféré.

Il poursuit ensuite comme stagiaire à l’état-major du 15e corps une carrière qui s’annonce d’ores et déjà brillante. Passé en 1904 du service d’état-major à la troupe (en tant que commandant de compagnie au 15e bataillon de chasseurs alpins), il se montre toujours aussi efficace et fait l’admiration de ses supérieurs. En 1906, il publie son Étude philosophique sur l’art de la Guerre, qui le place d’emblée parmi les meilleurs penseurs militaires de son temps.

L’année 1906 marque le tournant de la vie de Gamelin. Cette année-là, en effet, il est nommé officier d’ordonnance du général Joffre qui commande alors la 6e division d’infanterie. Cette nomination doit beaucoup à l’entremise du lieutenant-colonel Foch, qui était alors professeur à l’École de guerre et qui avait eu l’occasion d’apprécier les hautes qualités de son ancien élève. Dès lors, la carrière du jeune capitaine breveté se confond avec celle de Joffre. En 1908, il le suit à l’état-major du 2e corps d’armée, puis en 1910 au Conseil supérieur de la guerre. Fin 1908, Joffre note à nouveau Gamelin:Il a le sentiment très vif de ses devoirs auxquels il se dévoue avec passion. Les questions qu'on lui confie, même les plus ardues, sont toujours traitées sans qu'il n'y ait rien à retoucher après lui. Ces qualités de conscience absolue, jointes à sa vive et nette intelligence et à sa grande hauteur de vues, à sa connaissance approfondie de toutes les questions militaires, lui assurent le plus brillant avenirIl est nommé chef de bataillon en 1911 et doit se séparer provisoirement de son chef pour prendre le commandement du 11e bataillon de chasseurs, à Annecy. Mais cette séparation est de courte durée puisque, le 23 mars 1914, Joffre le rappelle à son service à l’État-Major général.

Gamelin est toujours le collaborateur dévoué de Joffre lorsque commence la Première Guerre mondiale. À ce poste, il fait preuve d’un zèle et d’une efficacité de premier ordre, surtout lors de la bataille de la Marne où il rédigea les instructions qui allaient conduire à la victoire. C’est également à cette époque qu’il se rend compte de l’imbrication étroite du politique et du militaire pour la conduite des opérations. Le 1er novembre 1914, il est nommé lieutenant-colonel et quitte le Grand Quartier général (G.Q.G.) pour prendre le commandement de la 2e demi-brigade de chasseurs à pied. Avec elle, il combat en Alsace (sur le Linge notamment) puis dans la Somme.

Nommé colonel en avril 1916, il poursuit son ascension et fait sans cesse l’admiration de ses supérieurs : au feu, comme dans un bureau d’état-major, Gamelin semble décidément un officier de très grande envergure. Le 8 décembre 1916, il est nommé général de brigade à titre temporaire : il ne sera resté colonel que huit mois. Après un bref retour au G.Q.G., il devient chef d’état-major du groupe d’armées de réserve du général Joseph Alfred Micheler. Le 11 mai 1917, il reçoit son dernier commandement de la guerre, celui de la 9e division d’infanterie, dont il garde la tête jusqu'à l’armistice. Soucieux d’économiser la vie de ses hommes, il témoigne d’une grande habileté tactique, comme l'attestent ses combats dans la région de Noyon, durant le printemps 1918.

De 1919 à 1924, le général Gamelin dirige la mission militaire française au Brésil. Puis il est nommé commandant des troupes françaises au Levant (1924-1929). Il doit faire face à une révolte dans le djebel el-Druze et dégage la ville de Soueïda qui était assiégée depuis des semaines. À ce poste, il achève la conquête du territoire. Rentré en France, il prend le commandement de la 20e région militaire à Nancy, un des plus beaux commandements métropolitains. Quand le général Weygand, qui fait peur aux parlementaires de gauche, est nommé vice-président du Conseil supérieur de la guerre, Gamelin, dont la réputation de « républicain » est bien établie, est nommé à ses côtés.

Soutenu tout au long de sa carrière par Édouard Daladier, il succède en 1931 au général Weygand au poste de chef d'État-Major général. C'est à cette époque, selon Max Schiavon, que ses défauts, dissimulés jusque là, commencent à apparaître : bien qu'il dispose de grandes capacités intellectuelles, il manque de fermeté et d'esprit de décision. Il est chargé de la direction du Grand Quartier général des forces terrestres françaises. À partir de 1935, il cumule cette fonction avec celle d'inspecteur général de l'Armée. Avant lui, seul Joffre avait eu autant de pouvoir.Quand Hitler fait pénétrer la Wehrmacht en Rhénanie le 7 mars 1936, le gouvernement français donne des instructions pour une mobilisation partielle en vue d'une action militaire. Gamelin le dissuade d'intervenir.

Alors que ses services de renseignement surévaluent les moyens de la Luftwaffe, il a lui-même depuis des semaines délibérément exagéré la puissance des forces terrestres allemandes pour tenter d'obtenir des crédits supplémentaires. Il annonce devoir faire face à des dizaines de divisions, qui pourraient devenir 120 dans la guerre d'usure qu'il prévoit. Il n'envisage donc pas d'action sans mobilisation générale, ce que le gouvernement ne peut ordonner, l'opinion publique étant encore pacifiste. On apprendra plus tard qu'Hitler ne disposait que de sept divisions opérationnelles dans un pays qui n'avait rétabli la conscription qu'un an plus tôt.

Il devient ensuite le premier titulaire du poste de chef d'État-Major de la Défense nationale, avec une mission de coordination entre les trois armées (terre, air, mer), à la suite du décret du 21 janvier 1938.

Gamelin joue ainsi un rôle déterminant dans la préparation de la France au conflit à venir. Il imprègne de ses conceptions — aussi floues ou obsolètes soient-elles — l'armement, l'organisation et l’entraînement de l'Armée.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1913, il est nommé grand-croix de l’ordre le 8 juillet 1932.

Fin avril 1940, Gamelin réputé conservateur convoque néanmoins le colonel de Gaulle (qui prônait une armée apte à la guerre blindée et la guerre de mouvement, idée révolutionnaire pour les généraux de l'époque), lui confie le commandement de la nouvelle 4e division cuirassée et le propose au ministre pour être promu au grade de général à titre temporaire, et de Gaulle écrit dans ses Mémoires de guerre : « C'est avec respect, mais aussi quelque malaise, que je quittai ce grand chef, s'apprêtant, dans son cloître, à assumer tout à coup une responsabilité immense, en jouant le tout sur un tableau que j'estimais mauvais ». De Gaulle aura un ton nettement plus sévère pour Weygand.

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