Ce Jour-là

Maurice Couve de Murville

Diplomate et homme d'État français

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Maurice Couve de Murville, né le 24 janvier 1907 à Reims et mort le 24 décembre 1999 à Paris, est un haut fonctionnaire, diplomate et homme d'État français. Il est Premier ministre du 10 juillet 1968 au 20 juin 1969.

Collaborateur puis résistant et gaulliste durant la Seconde Guerre mondiale, il devient ministre des Affaires étrangères en 1958, une fonction qu'il occupe pendant dix ans. Il est ensuite ministre de l’Économie et des Finances pendant un mois.

Après la démission de Georges Pompidou, il est nommé chef du gouvernement par le président de la République, Charles de Gaulle. Il reste Premier ministre pendant l'intérim d'Alain Poher. Il détient le record de brièveté pour un chef de gouvernement sous la Ve République pendant 22 ans, Édith Cresson battant ensuite ce record.

Élu député de la 6e circonscription de Paris pour la première fois en 1968, il exerce à nouveau ce mandat de 1973 à 1986. À la même époque, il est conseiller régional d'Île-de-France et conseiller du 8e arrondissement de Paris. Il est sénateur de Paris de 1986 à 1995, année où il se retire de la vie politique.

La famille Couve de Murville est une ancienne famille bourgeoise protestante du Languedoc établie ensuite en Provence. Son fondateur, Jean-Baptiste Couve (né vers 1720) est tailleur d'habits à Montpellier (Hérault). Son fils, Philippe Couve (1757-1815), est commerçant à Marseille. Parmi leurs descendants se succèdent des négociants, des courtiers d'assurance maritime et des hommes de loi.

Maurice Couve de Murville, né Jacques-Maurice Couve, est le fils du magistrat Édouard Couve (1863-1939) et d'Hermine Caesar (1876-1963).

Lauréat du Concours général de géographie en 1922, il suit ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand. Ayant obtenu le baccalauréat, il s'inscrit en faculté de droit à l'université de Paris. En 1926, il s'inscrit à l'École libre des sciences politiques. Il étudie sous la houlette de Clément Colson en économie politique, et Wilfrid Baumgartner en finances publiques, qui écrit de lui dans son bulletin : « M. Couve de Murville est un candidat hors de pair ». Il sort diplômé de l'école en 1928, avec la mention « très bien » et le rang de major de la section Finances publiques.

Sa licence de droit et son diplôme de Sciences-Po en poche, il prépare le concours de l'Inspection des finances, où il est admis en 1930.

À cette même époque, le 9 septembre 1932, il épouse Jacqueline Schweisguth (1912-2002), artiste-peintre sous le pseudonyme de Véra Fabre, qui lui donne trois filles, prénommées Juliette, Dorothée et Béatrice.

Maurice Couve de Murville devient, après ses études et sa réussite au concours, Inspecteur des finances, servant les institutions de la IIIe République de 1930 à 1940. Après le vote des parlementaires réunis à Vichy le 10 juillet 1940 et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, il sert, comme ses collègues membres de l'Inspection des Finances, le nouveau régime politique qu'est le gouvernement de Vichy (sauf ceux frappés par le « statut des Juifs » du 3 octobre 1940, Hervé Alphand (IGF) démissionne en 1941 et rejoint Londres ; Pierre Mendès France (IGF) arrêté par Vichy, s’évade en 1942 ...). Il s'en éloigne en mars 1943, alors qu'il se trouve en mission, envoyé par le gouvernement de Vichy à Alger. Il est proche, dans un premier temps, du général Giraud et il rejoint ensuite les rangs de la France libre en juin 1943. Après la Libération, à compter de février 1945, il entame une carrière diplomatique, notamment en tant qu'ambassadeur auprès de l'Italie, puis dans d'autres pays, notamment aux États-Unis et enfin en République fédérale d'Allemagne.

Sa fidélité au Général lui vaut d'être nommé ministre des Affaires étrangères à l'occasion du retour de celui-ci au pouvoir, en 1958. Il conserve ce poste après l'instauration de la Ve République, dont il est le premier ministre des Affaires étrangères, une fonction qu'il exerce durant dix ans, ce qui constitue un record pour un hôte du quai d'Orsay. Il lui appartient, à ce poste régalien, de mettre en œuvre la politique étrangère d'obédience gaullienne.

Après les événements de Mai 68, il devient brièvement ministre de l'Économie et des Finances, avant d'être, quelques semaines plus tard, nommé Premier ministre. La démission du président de Gaulle, consécutive à la victoire des opposants au gaullisme à l'occasion du référendum du 27 avril 1969, précipite la fin de son gouvernement, l'un des plus éphémères de la Ve République.

De la IIIe République au régime de Vichy puis au service de la France Libre

Entre 1936 et 1937, Maurice Couve de Murville exerce la fonction d'attaché financier auprès de l'ambassade de France à Bruxelles, puis il entre au sein du « mouvement général des fonds », structure précédant la direction du Trésor, au ministère des Finances. Cadre, puis directeur adjoint de cette administration, il doit gérer les fonds lors de l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne, jusqu'au mois de septembre 1940, lorsqu'il est nommé directeur des Finances extérieures et des Changes (DFEC).

À ce poste, ses attributions lui confèrent une importance capitale puisqu'il est chargé d'avaliser tous les mouvements financiers franco-allemands tout en devant « réduire l'influence juive dans l'économie française ». Il quitte ces fonctions au mois de mars 1943 après avoir siégé au sein de la délégation française à la Commission d’armistice de Wiesbaden qui siège sous l'autorité du haut commandement allemand.

En mars 1943, quatre mois après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il part pour Alger, via l’Espagne, où l’avait envoyé Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval, pour avoir un homme à lui dans l'autre camp. L'inspecteur des finances ayant reçu un passeport officiel du gouvernement de Vichy, Charles de Gaulle aurait déclaré : « Couve a passé les Pyrénées en sleeping ». Le 20 mars 1943, il devient secrétaire général du Commandement civil et militaire d'Alger du général Giraud.

Le 7 juin 1943, il est nommé commissaire aux finances du Comité français de libération nationale (CFLN), c'est à ce moment que le CFLN est élargi à 14 membres ( le 7 juin, 7 nouveaux membres sont ajoutés : 3 Giraudistes dont Maurice Couve de Murville et 4 Gaullistes). Lors de la fin officielle de la France Libre, dissoute le 31 juillet 1943, il est un des ralliés au général de Gaulle.

En février 1945, il devient membre du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) avec le rang d'ambassadeur auprès du gouvernement italien.

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